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French Quarter

septembre 30th, 2012

XIII.2: « L’enfer c’est lui même »

La série XIII revient pour une seconde saison et devient XIII.2, toujours mené par Stuart Townsend et scénarisé par Roger Avary, grand complice de Quentin Tanrentino (Killing Zoe)

Devenu vagabond après avoir échappé à la mort un an plus tôt, XIII (Stuart Townsend) rencontre Betty (Roxane Mesquida), une belle activiste qui combat le projet HAERPE, un centre de recherches climatique dirigé par le groupe SYNEQUANON, dont le directeur n’est autre que Sam Amos (Greg Bryk), ex-directeur de la NSA et ancien patron de XIII…  Tentant de déjouer un complot qui menace l’équilibre écologique mondial, XIII est bientôt confronté à un passé lointain, mais aussi et surtout à lui-même…

Que celles et ceux qui n’avaient pas aimé la première saison ne s’inquiète pas et ne passe pas tout de suite leur chemin, cette nouvelle saison est totalement différente de la précédente: « Roger m’a dit: Roxane ne regarde pas la saison 1, c’est totalement différent » (Roxane Mesquida).
Le fait est qu’au bout du second épisode, on comprend que le changement de showrunner à la série a aussi eu pour effet une refonte totale de la série.
 » La première saison était une quête d’identité, la seconde est plus une quête d’individualité« . Tels sont les mots de Roger Avary pour décrire ce qui nous attend dans cette saison. Il avoue même que la raison d’être de sa participation à la série est la possibilité de pouvoir faire une version à lui du Prisonnier, la série culte de Patrick McGoohan dont il avoue être un grand fan: « Le Prisonnier a été une de mes motivations secrètes quand j’ai accepté de réaliser XIII. Je pouvais trouver des correspondances entre les deux personnages principaux. L’un comme l’autre sont des mecs qui se battent contre un système déréglé. »
Avec David Martinez, l’un des scénaristes principaux de la série, il revendique un amour pour les séries surréalistes à la Chapeau melon et bottes de cuir ou encore Doctor Who parce qu’elles font le pari de déstabiliser le spectateur (David Martinez).
Et destabilisé, le spectateur qui va se mettre devant la série risque bien de l’être. En effet, chaque épisode est différent de part son ton et son genre. Ainsi on passe clairement d’un hommage au Prisonnier dans l’épisode 5 à une ambiance délirante dans le 6 pour aller ensuite vers une ambiance à la Rosemary’s Baby ou encore Fu Man Chu. Des ambiances différentes mais un propos politique que Avary n’oublie pas de distiller ici et là dans cette saison: « Il voulait qu’on incorpore à la fiction des éléments qui viennent de l’actualité: les mouvements à la Occupy Wall Street, les révolutions arabes, les préoccupations écologiques. L’idée était de faire de XIII une série hybride« . (David Martinez)
La série aborde des thématiques politiques qui en font tout le sel sans jamais oublié qu’on reste dans du divertissement et ça c’est très agréable: Roger Avary, entouré de David Martinez et Gala Avary, donne à la dimension politique de la série une acuité et une actualité qu’elle n’avait jamais atteinte, en dressant un portrait incisif de la démocratie américaine aux prises avec la puissance du monde des affaires » (Fabrice de la Patellière, Directeur de la Fiction de Canal+).

Et pour être sûr que tout cela fonctionne bien, Avary a totalement rassuré ses équipes de scénaristes en leur disant « Vous allez vous appuyer sur les fondamentaux de XIII, mais ne pensez pas que vous êtes mariés à cette histoire. Aimez là mais ne la respectez pas trop quand même« . Les choses sont claires: cette seconde saison est en quelque sorte une réinvention de la série par rapport à une saison 1 qui ne fonctionnait pas bien (même si personne ne veut, et c’est bien normal, le reconnaître): « C’est la sensation que c’était une série très réussie dans son genre mais qui n’appartenait pas complètement à la Création Originale, qui manquait d’aspérité, qui manquait d’humour, qui manquait de décalage, de complexité aussi. Elle était extrêmement bien faite à tout point de vue et en même temps on sentait bien que c’était une série addictive sur l’action mais pas sur d’autres plans. » (Dominique Jubin, Directrice adjointe de la Fiction de Canal+). Malgré tous les défauts de cette saison 1, on peut saluer le décision de Canal+ de donner une chance à la série pour s’installer dans le temps. Une décision qui avait été un peu mal compris à l’époque, car elle était survenue casiment en même temps que celle d’annuler Pigalle la nuit. Je ne souhaitais pas à l’époque que la série connaisse une saison 2. Mais aujourd’hui au vu de ces épisodes, je souhaite qu’il y ait une saison 3.
C’est vrai que cette saison est extrêment addictive, construite sur le modèle des serials ou des feuilletons des journaux aux XIXème siècle dont Avary reconnait aussi s’être inspiré. « 

Trop tôt pour dire si tous ces ressorts dramatiques fonctionnent jusqu’au bout de la saison, nous n’avons pu voir que 6 des 13 épisodes de cette saison. Mais force est de constater que cette équipe s’est amusée à faire cette saison et que ça se voit à l’écran. On a un vrai divertissement décomplexé, jamais vu dans notre fiction. Certains épisodes sont à proprement parlé délirant (les épisodes 5 et 6 vont très loin). On en dira pas plus car il ne faudrait pas gâcher les suprises qui vous attendent durant cette saison. Mais j’espère que tout comme moi, vous ne bouderez pas votre plaisir et passerez un agréable moment. C’est aussi cela le but d’une série.

Avec Canal+





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