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mars 9th, 2013

Le Series Finale : le curieux deuil du sériephile

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Written by: Alexandre LETREN
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Fringe+©+..

La fin d’une série est toujours un moment difficile pour le téléspectateur assidu. Un moment douloureux qu’il faut savoir gérer.
A l’occasion des series finale de Fringe et de Private Practice cette semaine, repartons dans nos souvenirs de sériephile meurtri par la perte de leur Précieux !

Une seule série vous manque et tout est dépeuplé ! Tel pourrait être le mot d’ordre -quelque peu transformé- du fan de séries TV, communément nommé sériephile lorsque l’objet de sa passion vient à s’arrêter sur les ordres d’un vilain network. D’ailleurs, n’importe quelle série qui se termine, surtout après plusieurs saisons de bons et loyaux services, même dans ses mauvais jours, ça fait quelque chose.

Tout commence assez innocemment par l’annonce de l’annulation, des mois plus tôt. Le fan sent bien qu’il va douiller mais il fait contre mauvaise fortune bon cœur et trouve de jolies parades pour se remontrer le moral : « Il était temps d’arrêter le massacre » (le sériephile grognon), « Au moins, les scénaristes auront le temps de boucler l’histoire » (le sériephile idéaliste), «  Mais c’est quoi ce délire, les audiences sont bonnes ! » (le sériephile analytique énervé), « Chouette, vivement l’intégrale Blu Ray » (le sériephile consumériste).
Le temps passe et la dernière saison commence. Semaine après semaine, le futur inconsolable regarde passer devant ses yeux inquiets les derniers moments d’émotions, les interactions amoureuses, amicales ou filiales des personnages, les scènes d’action, les arcs narratifs, le suspens, les guest-stars sans oublier la musique et les rires en coin.
Et puis, le voilà qui arrive, le series finale, le tout dernier épisode sur les épaules duquel repose de très nombreuses attentes. Car le sériephile est exigeant et multiple. Il ne sera que très rarement totalement satisfait, précisément parce que pour lui, l’enjeu est trop grand et important. Avant même son début, le séries finale s’accompagne d’une drôle d’appréhension, d’une impalpable nervosité, une envie terrible d’appuyer sur Play tout en sachant que c’est la dernière fois que cette série nous donnera du neuf et qu’elle peut potentiellement se louper dans la dernière ligne droite mettant ainsi en jeopardy des années d’amour pratiquement inconditionnel.
Se mettre dans des états pareils, en voilà une folie. Vous remarquerez d’ailleurs que le sériephile ne partage pas son final de séries. Il le regarde tout seul dans son canapé ou sa chaise de bureau. Ou en tout cas pas avec un non-initié qui aurait la mauvaise idée de lui faire remarquer que « personne n’est mort, faut arrêter, ce n’est qu’une série !! ». Oui enfin, jusqu’à cette malheureuse phrase, personne n’était mort !

Mais revenons donc à nos moutons. L’épisode est maintenant terminé de même que la série non sans une petite larme de versée par-ci par-là. Dans le pire des cas, le fan un peu drama queen se pelotonne dans sa couette et hurle des « Why, God Why » ! Dans le meilleur des cas, il est juste nostalgique de cette belle aventure qu’il a vécue.
Mais pour la majorité -et qu’il soit ou non satisfait- le sériephile est en proie à une méchante boule au ventre combinée à un affreux pincement au cœur. Ainsi démarre les étapes de son deuil qui ne sont guères différentes de celles qui accompagnent une « vraie » perte.
Le Déni : «  ça ne peut pas être fini, ce n’est pas possible ». La Colère, qui se retourne en général contre le showrunner de la série si le final n’était pas à la hauteur des espérances ou contre le compagnon de vie qui n’a rien demandé à personne mais prend très cher. La Dépression avec l’épisode de la couette pré-cité ou plus communément l’impression que l’on ne retrouvera jamais une série à même de nous offrir la même qualité. Et finalement l’Acceptation, le jour où vous vous réveillez avec l’envie de revoir un épisode, voire ce séries finale et surtout la possibilité de le faire alors que jusqu’ici tomber par hasard sur une rediffusion à la télé faisait encore bien mal.

Au départ, il était question dans cet article de vous expliquer les raisons de ce deuil du sériephile (c’est ainsi que j’ai vendu l’idée à notre vénéré boss Alexandre !) mais il s’avère qu’expliquer ce sentiment de perte incroyable est impossible, chose que l’on ne ressent pas à la fin d’un livre ou d’un film. La série est ce drôle d’objet télévisuel identifié qui vous rend accro et parvient à vous mettre dans des états incroyables par la seule force de son écriture.
Le phénomène est aussi difficile à analyser parce qu’il y a autant de sériephiles et de séries qu’il y a de façon de les appréhender et de les aimer.  Qui, après ça, osera encore ne pas les considérer comme de l’art ?

Dossier réalisé par Cécile Pinaud
Journaliste, pigiste
Auteur de « Femmes en séries, toutes les héroïnes de séries TV américaines« 

Crédits Photos: Lost (ABC Studios)/Fringe et Buffy (Twentieth Century Fox)/ Friends (NBC Television)





8 Comments


  1. Beau billet, c’est vrai que ce deuil est incompris :)
    Je repense à la fin de Madame est servie et les sanglots montent :)
    Tiens sinon tu connais l’histoire de Patrick Mc Goohan qui a du s’exiler hors d’Angleterre quelques semaines pour éviter le lynchage après la diffusion du finale du Prisonnier. Bah oui y a pas vraiment de fin mais « what did you expect  » dirait Uma !


  2. Je me souviens encore quand j’ai regardé le tout dernier épisode de Friends, de Gilmore Girls ou de Lie to me… Je suis passée par toutes ces phases que tu décris, je l’ai vécu comme une déchirure, un abandon, une trahison. Pendant très longtemps je n’ai pas pu regarder la saison 10 de Friends, ni regarder un seule épisode de LTM (pour cette série je n’en suis pas encore au stade de l’acceptation mais encore au stade où je fustige régulièrement la FOX). Et aujourd’hui je re-regarde GG, je la fais découvrir à ma moitié et au final je suis bien contente d’avoir 7 saisons entières \o/.

    Bref, effectivement personne n’est mort mais des personnages nous quittent, c’est presque pire parce que nous, pauvres sériephiles, on n’a pas demandé à ce qu’ils s’en aillent, au contraire.


  3. Cécile

    @Tamala75 : Ah non, je ne connaissais pas cette anecdote sur Le Prisonnier mais ça ne m’étonne pas. Certains fans peuvent être extrêmes !! :)
    @The Sériethèque : De toute façon, FOX est à blâmer pour bien des raisons alors ce n’est pas grave si tu continues de les fustiger. :) Dans mon cas, je n’ai toujours pas réussi à revoir le final de Battlestar Galactica, rien à faire !


  4. Ah le series finale, cette horrible chose, il n’y en a pas beaucoup qui m’ont fait pleurer mais par contre, ceux qui ont réussi m’ont carrément fait déprimer, que ce soit Buffy, BattleStar Galactica, Eureka ou encore The O.C. je tombais dans une phase de « non plus aucune série va me toucher comme ça. Et le cas se représente aujourd’hui avec Fringe…
    Et dire que je passe pour un fou quand je dis que le final de The O.C. m’avait fait pleurer…


  5. Cette anecdote sur Le Prisonnier est assez connue et peut se rapprocher de celle de Lost d’ailleurs: tellement métaphysique que ça ne peut provoquer que des réactions extrêmes.
    Pour ma part, je ne suis jamais passé par cet état pour un final de séries mais je comprend ce que cela peut générer


  6. Très joli post qui me rassure sur le fait que je ne suis pas la seule à vraiment être triste quand une série se fini.
    Mais il faut être honnête, tous les series finale n’ont pas eu le même effet sur moi : pour certaines j’ai pleuré pendant au moins 1 heure avec coup de téléphone à la soeur ou la bff pour se calmer (medium, desperate housewives, et autres), d’autres m’ont juste fait verser une larme (Fringe, Ugly Betty, et autres) et certaines ne m’ont fait ni chaud ni froid (Prison Break, Eureka, et autres).
    Je ne suis jamais passé par la case colère par contre. :)

    Bonne continuation et n’hésitez pas à faire un tour sur mon blog ;)


  7. C’est tellement vrai cet article!

    Ca me rappelle la fin de Ten dans Doctor Who. Bon d’accord, ce n’était pas une fin de série mais un peu tout comme quand même….. On est prévenu au moins 1 an en avance et pourtant, le jour venu, c’est le drame ;-)



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