Image Image Image Image Image Image Image Image Image Image
Scroll to top

Top

2 Commentaires

Broadchurch : oui, une bonne série a du succès

Broadchurch : oui, une bonne série a du succès
Carole Llombart

Qui a tué Danny Latimer ? Durant trois semaines, six millions de Français, en moyenne, se sont posé cette question. Six millions de Français, en moyenne, rassemblés devant France 2 qui vient de terminer de diffuser la première saison de la série anglaise Broadchurch, véritable phénomène outre-Manche au printemps dernier.

Durant trois semaines, le lundi soir, France 2 a été en tête des audiences, battant la pourtant indétrônable Joséphine, ange gardien sur TF1. Si ce succès est plus que mérité pour tout sériephile qui se respecte, il n’allait pas forcément de soi. Broadchurch est une série anglaise et les productions britanniques ne sont pas légion sur la première chaîne du service public. Broadchurch est une série qui semble dénoter dans la programmation de la chaîne, diffusée après la saison 5 de Castle et avant la saison 3 de Rizzoli & Isles, deux séries policières américaines particulièrement classiques. La série britannique n’a rien de la série policière classique que le public de France 2 a l’habitude de voir : une ambiance lourde et sombre, un rythme qui prend le temps de s’attarder sur les personnages, une seule enquête sur l’ensemble de la saison. Pas de casting glamour, pas d’humour, pas de consultant décalé, on est bien plus proche de l’atmosphère de l’inclassable Twin Peaks et de la danoise The killing.

Et pourtant, le public a été au rendez-vous, en masse et ce malgré une diffusion par blocs de trois ou deux épisodes par soirée qui pourrait sembler indigeste vu la densité de la série. Le public a été au rendez-vous pour une seule et bonne raison : parce que Broadchurch est une très bonne série. Une écriture fine qui maintient parfaitement l’équilibre entre intrigue policière et exploration de l’âme humaine, un casting irréprochable, une mise en scène soignée, une bande originale qui l’est tout autant et qui plonge tout de suite dans l’atmosphère oppressante de cette petite ville côtière pourtant si tranquille. Le téléspectateur français n’est pas plus bête qu’un autre : si on lui propose une bonne série en prime time sur la première chaîne du service public, et bien il regarde. Et il se passionne pour l’intrigue, il se demande semaine après semaine qui a bien pu tuer Danny Latimer.

En tant que sériephile, on se prend alors à rêver. Et si ce succès d’audience permettait de faire bouger les lignes des diffuseurs ? Et si on commençait, sur le service public français, à faire confiance à des projets qui semblent sortir des sentiers battus, portés par un auteur ? La création hexagonale change de visage depuis quelques années, que ce soit sur Canal+, Arte ou encore sur OCS via OCS Signature. On ne demande qu’une chose : que ce mouvement s’amplifie encore et encore et qu’un jour, qui sait, les meilleures audiences de la télévision française seront pour des séries bien de chez nous. De son côté, France 2 a opté pour le remake de Broadchurch, remake décidé avant la diffusion de la série. Il faudra sans doute être encore patient. Heureusement, le sériephile est patient.

Crédits: ITV

broadchurch_s1

  • DEADWOOD

    Article intéressant.

    Espérant que les versions US & Françaises ne prendront pas le même coupable que dans la version original car cela cacherait l’intéret de ces 2 versions.

  • gordien

    Peut-être que ça poussera France TV a diffuser plus de séries anglaises.
    Autres que celles de France 3 le dimanche soir (ce n’est pas péjoratif, j’ai bien aimé Jackson Brodie).