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5 Commentaires

De la difficulté de tuer un personnage principal de série

De la difficulté de tuer un personnage principal de série

Attention, cet article peut comporter des révélations sur des séries du passé!!!

Les dramas sont toujours confrontés à un terrible dillemne concernant le sort de leurs personnages principaux. Jusqu’où peut-on aller? En clair, peut-on tuer un personnage principal de série?

Si je pose cette question aujourd’hui c’est qu’une série (non je ne dirais pas laquelle) a tranché dans le vif il y a quelques semaines en éliminant purement et simplement le personnage le plus populaire. Un secret bien gardé jusqu’à la diffusion par toutes celles et ceux qui connaissaient cette issue fatale.
Mais c’est toujours extrêmement douloureux et pourtant terriblement nécessaire pour maintenir la tension dans l’histoire.

Aux débuts des années 60, Alfred Hitchcok réalise pour le cinéma le film Psycho. Au casting, on retrouve une actrice extrêmement connue Janet Leigh et un acteur débutant, Anthony Perkins. Imaginez la stupeur dans les salles de cinéma quand Marion Crane (campée par Janet Leigh) se fait trucider dans sa douche par « la mère de Norman Bates ». Dès lors, tout devient possible.
C’est ce qu’ont très bien compris les scénaristes de Lost. Quand dans la saison 1, Boone se fait tuer, ils expliquent qu’ils veulent que le téléspectateur accepte l’idée que personne n’est à l’abri d’être tué. Le suspense devient alors total.

Pourtant, le pari est risqué. Décider de tuer un personnage central, qui plus est apprécié, c’est prendre le risque qu’une partie du public se détourne de la série. C’est ce qui explique que cette décision est très souvent difficile à prendre. La marge de manoeuvre devient encore plus limitée quand on adapte pour la télévision un roman par exmple. On sait qu’Alan Ball n’a pas tué le personnage de Lafayette dans la série True Blood alors qu’il meurt dans le livre 2 de Charlene Harris.

Reste que les cas demeurent rares de prise de risque aussi extrême que dans « certaines » séries.
A la fin de la saison 3 de Dallas, J.R se fait tirer dessus dans son bureau des Pétroles Ewing. Saviez-vous que J.R aurait pu y rester? En effet, ce personnage est déjà au sommet de sa popularité et Larry Hagman (son interprête) en profite pour renégocier son contrat et réclame des sommes incroyables. Un temps, les responsables de la série et de la chaîne CBS pensent à ne pas céder et à « tuer » J.R. Mais comment se passer d’un tel personnage.
Un cas de figure similaire se présente en fin de saison 7 quand Patrick Duffy manifeste son désir de partir de la série: Bobby est alors renversé par une voiture et meurt. Quand le comédien veut revenir un an après, pas de problème, l’ensemble de la saison 8 était un rêve. Rien n’est impossible au pays des séries, pas même dompter la mort

En France, on est encore plus frileux. La mort d’un personnage principal, même justifiée par le départ de l’acteur/actrice, est difficile à faire passer. Quand Charles Templon quitte Foudre en fin de saison 2, on imagine un accident d’hélicopter fatal en début de saison 3. Mais le mot « mort » ne sera jamais prononcée, une manière de préserver une porte de sortie. Une situation très vite rattrapée en fin de saison 4.
Dans le grand feuilleton français Plus Belle la vie, même en cas de départ d’un comédien, le comédien principal est très rarement tué. Il est expédié dans une autre région ou un autre pays mais rarement éliminé. Etonnant de la part d’une série qui épouse le réel que de ne pas montrer la mort de personnage principal. En 7 ans, seul 2 cas notables sont à noter puisque le personnage de Nicolas Barrel a été raméné d’entres les morts. Le juge Estève a été assassiné dans la série en octobre 2010 contre l’avis des fans et pour relancer l’intrigue, entraînant le renvoi du comédien Franck Borde qui le campait. Dans ce cas précis, c’est une prise de risque assumée de la part des scénaristes et qui permet de relancer l’intérêt des spectateurs qui savent ainsi que même un héros peut mourir (et un message envoyé en substance aux comédiens trop gourmands!!!). On peut ajouter le cas de Rachel Levy, tuée dans la série en raison du décès de la comédienne Colette Renard.

Au final, c’est peut-être parce que la mort d’un personnage central n’est pas systématique qu’elle demeure intense lorsqu’elle survient. Bien sûr, cela frappe le spectateur dans son coeur quand son personnage fétiche meurt mais en même temps, quel ressort dramatique puissant!

Dans son numéro du 24 juin dernier, le magazine Entertainment Weekly a fait un classement des morts les plus terribles et choquantes des séries.

SPOILERS!!!!!!!!

On y retrouve pelle melle la mort de Rita dans Dexter, celle de Lawrence Kutner dans House, du mari de Roseanne dans le dernier épisode de la série, de Teri Bauer dans 24 ou de Adriana dans Les Sopranos.
Point commun: des morts innatendues et imprévisibles qui font du bien parce qu’elles font mal.

Qu’en pensez-vous? Doit-on tuer un personnage principal de série pour relancer l’intrigue? Quelle mort vous a marqué?

N.B: Merci de ne pas mettre en commentaire le nom de la série dont je n’ai pas voulu parler en début d’article

  • Barzai

    Merci pour cet article très intéressant. La mort d’un personnage clé permet selon moi de surprendre le téléspectateur et de relancer de nouvelles intrigues. C’est d’autant plus le cas quand cette mort sert l’histoire et n’a pas lieu entre deux saisons pour virer un acteur trop gourmand.

    SPOILER

    J’ai été marqué par la mort d’Omar Little dans The Wire qui collait tellement bien à l’esprit de la série. Son meurtre par un enfant dans une épicerie presque par hasard, après l’avoir suivi plusieurs saisons, montre le danger pour chacun des personnages qui peuvent se faire tuer à chaque instant. C’est d’ailleurs le cas pour la mort de tous les personnages importants de cette série.

    SPOILER

    P.S.: Attention Alexandre, en première ligne c’est « cet article » et non « cette article ».

  • FRED

    Déjà, merci pour ce post long et très agréable à lire, en espérant que tu réitères plus souvent ce genre de billet/analyse, intéressant et pertinent!

    Pour ma part, certaines morts dans les séries ont marqué durablement ma vie de sériephile! C’est vrai qu’il s’agit là d’un puissant ressort dramatique, idéal, soit pour faire rebondir une intrigue qui s’enlise, soit pour se débarrasser d’un comédien devenu encombrant où encore pour bénéficier d’un twist scénaristique imparable!

    J’ai par contre, toujours « mal » vécu les morts de mes personnages fétiches, le contraire serait anormal. Le principe de la série, c’est le rendez-vous hebdomadaire (sauf pour les chaînes qui nous enfilent des 6/8 épisodes à la file), l’addiction, l’attachement à l’univers et aux personnages que l’on retrouve chaque semaine! Alors forcément, comme lorsqu’un ami vous quitte, vous êtes triste, vous avez un pincement au coeur, et c’est pareil quand un personnage de série, de votre série, disparait! surtout quand cela paraît irrémédiable!

    Je me souviens parfaitement de la mort de Bobby dans Dallas, que tu évoques dans ton article Alex; j’étais purement et simplement dégoûté, j’adorais le personnage, et voir le gentil Bobby disparaître de manière si brutale, c’était dramatiquement très intéressant (avant qu’il ne réapparaisse sous la douche la saison suivante), mais pour qui aimait le personnage, c’était un choc et c’était difficile de maintenir de l’intérêt pour la série (mais bon en tant que fan j’ai réussi quand même:-))

    Une autre mort qui m’a marquée, toujours dans un primetime soap, c’est celle de Sid Fairgate dans Knots Landing. C’était un moment très émouvant, superbement interprété qui plus est! C’est incroyable de voir à quel point on s’attache aux personnages des séries qu’on aime!

    Récemment dans la série française Profilage, la mort du personnage masculin principal, peut ouvrir à la série de nouvelles perspectives, même si la disparition du casting de Guillaume Cramoisan, peut aussi être à double tranchant et faire déserter le public de la série.

    D’autres exemples m’ont sans doute marqués,mais ils ne me viennent pas à l’esprit à cet instant, mais moi c’est comme dans la vie, j’aime pas qu’on m’arrache quelqu’un à qui je suis attaché!
    Désolé pour ce très long commentaire, mais le sujet m’inspirait:-)

  • Laurent

    Excellent billet !

    Je milite pour l’assassinat sans vergogne des personnages fort de séries. A partir du moment ou un personnage vous parait immortel, un partie du suspens ne tient plus.

    Ou alors on en fait un motif de dérision, comme dans SG1.
    En France, PJ avait osé et réussit une accroche public avec la disparition d’un personnage phare. (On spoile ou pas les spectateurs de 57 ans de France 2 ? :) )

    Donc en général, bien géré c’est source d’intrigues fortes. Alors oui les séries reposant sur des acteurs peuvent ne pas s’en remettre. Mais mieux vaux ça qu’une série qui tourne en rond.

    Une mort marquante fut celle de Mark Green dans Urgences mais la série est plus basé sur un lieu que sur des personnages c’est donc plus facile.
    La mort de Jen dans Dawson a bien tiré les larmes mais la série se concluait donc pas de révolution dans les intrigues. (moi j’ai pas pleuré… Pensez je suis un mec :) )
    Charlie dans Lost ça mettait aussi de la poussière dans les yeux. Ce qui me fait rebondir sur la façon de tuer un personnage est aussi importante que la mort en elle même.
    Attention aux morts chez JJ Abrahams qui ont une faculté de retour étonnante…

    Pour conclure (comme Fred j’ai fait long… désolé…) comme un clin d’oeil au fan de soap qu’est Alexandre, dans le film Tootsie (ou Hofman travaille sur un soap hospitalier) en conversation devant un décor de funérailles, Tootsie demande de quoi est mort le personnage et sa copine lui répond « d’avoir demandé une rallonge ».

    Ah la dure loi du métier…

  • http://www.critikeurs.fr Céline

    Super article Alexandre, j’espère que tu renouvelleras l’expérience !

    En ce qui me concerne, la fin de Mark Green m’a aussi beaucoup touché, il faut dire que tout y était pour que tu puisses vider tes glandes lacrymales. D’ailleurs ER, a vu beaucoup de mort assez atroce de personnages principaux et pourtant les téléspectateurs sont restés fidèles.

    Torchwood a aussi beaucoup connu de morts ! Et elles ont toutes fait mal aux fans de la série.

    J’ai toujours beaucoup de mal à dire aurevoir aux disparus dans les séries, mais c’est comme dans la vie avec le temps on s’en remet.

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