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Un Commentaire

Détectives: De père en fils

Alexandre LETREN

La review

LA SERIE
5
LE CASTING
7
LE SCENARIO
5
PLAISIR EPROUVE
5.5
5.6

GENTIL

Casting au top mais histoires un peu trop bancales par moment!!!

Une nouvelle série mise en chantier il y a un moment déjà arrive enfin sur France 2: Détectives, produite par Delante TV. En choisissant de s’adresser à un corps de métier plutôt des américains (les détectives privés), il y a une volonté de renouveler le genre du polar. Y parvient-elle?

détectives

A la tête de l’agence de détectives privés fondée par son père, Philippe choisit les affaires au coup de cœur. Pas question pour lui de prendre une affaire juste pour faire tourner l’agence. Aussi Maxime, le père, décide d’intervenir pour remédier aux difficultés financières, imposant à son fils Nora, une ex de la DGSE spécialisée dans l’espionnage industriel.

« C’est l’histoire d’une agence familiale de détectives qui est un peu sur le déclin  et dont le fondateur, Maxime, décide d’imposer une association avec un ex de la DGSE qui s’appelle Nora » (Lorenzo Gabriel, réalisateur). C’est donc en partant d’un thème éculé dans les séries (les opposés qui s’attirent) que la série Détectives débute: « La grande question c’est vont-ils finir un jour ensemble« .
Tout cela est très bien mais la vérité c’est qu’on l’a déjà vu 1000 fois. Depuis Clair de lune (source reconnue par Philippe Lefebvre, un des acteurs de la série) en passant par Castle, X-Files et bien d’autres, ce ressort dramatique est utilisé, voir essoré jusqu’au bout du bout. Ca porte même un nom: « Moonlighting Effect« . Le soucis dans Détectives c’est que cette référence semble avoir été décrétée mais pas structurée. Dès lors, on a un peu la sensation qu’elle vient de nulle part dans les sentiments qui animent Nora Abadie et Philippe Roche. Jeux de regards, pics assassins, « je t’aime moi non plus »,…C’est très mignon, très sympa mais il y a quelque chose qui ne colle pas et surtout qui sonne faux. Il n’y a pas  d’évolution dans leur relation. Exemple tout simple: c’est à Philippe qu’on impose la collaboration avec Nora, c’est donc lui qui devrait lui en vouloir de quelque chose. Mais c’est en réalité tout le contraire. Une fois l’amertume passée, il est attiré par elle, le lui dit clairement et c’est elle qui est distante, énervée par lui. Ah oui c’est vrai, c’est un ancien agent de la DGSE, elle se doit d’être mystérieuse et désagréable!!!.
Fort heureusement, un élément vient sauver la série: le casting.

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Le casting est indéniablement la pièce maîtresse de cette série. En premier lieu, le « couple » principal de la série. Philippe Lefebvre et la délicieuse Sara Martins (Pigalle la nuit, Signatures, Death in Paradise) sont savoureux dans le rôle de ces deux détectives que tout oppose. Il y a un peu de Olivia Pope (l’héroïne de Scandal) dans le personnage de Nora Abadi. Cette femme froide, qui a laissé de côté toutes formes de sentiment, va petit à petit apprendre à changer au contact des Roche qui ont la particularité de fonctionner comme une tribu. Le grand-père Maxime a fondé l’agence, son fils Philippe l’a reprise et il y a associé son beau-frère et sa fille Xénia. Jean-Luc Bideau, le patriarche, est comme toujours excellent en gentil grand-père qui a du mal à passer le relais à la jeune génération et qui ne veut pas qu’on le prenne pour un vieux crouton; Daphné Chollet est toute mignonne en ado déjà parfaitement au fait des techniques d’investigations et prête à prendre le relais. L’ensemble du casting, jusqu’aux seconds rôles, est très bien interprété et porté par de très bons comédiens, qui jouent juste!! Reste un point très limite dans la série: les histoires.

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« Ce qui m’intéresse c’est l’aspect humain des choses…Il faut toujours avoir une chose en tête quand on réalise: est-ce que j’y crois ou j’y crois pas? » (Lorenzo Gabriel, réalisateur).
Détectives est une série qui veut faire « série américaine ». On en a déjà parlé plus haut mais elle utilise les ressorts habituels des séries policières modernes (effet clair de lune). Technique éculée mais qui potentiellement peut plaire. De même, elle sait avoir recours au fameux cliffhanger de fin d’épisode, cliffhanger qui concerne toujours la  famille Roche. En effet, une intrigue court tout au long de la saison et concerne l’ex femme de Philippe Roche qui a mystérieusement disparu (on voit venir de très loin que cette brave dame va pointer le bout de son nez quand Philippe et Nora vont finir dans le même lit…!!!). On aurait même pu croire en voyant le premier épisode qu’une grande intrigue policière allait courir sur toute la saison. Fausse joie. L’intrigue en deux parties qui se déroule sur les épisodes 1 et 2 ne sert visiblement qu’à maintenir l’attention sur la première soirée de diffusion.
Là où « faire  série américaine » devient gênant c’est quand on décide de s’emparer de ficelles que l’on ne maitrise pas et qu’on plaque ici juste pour « faire comme les Américains », au risque d’enchaîner les invraisemblances. Pensez à ce que je dis en voyant l’épisode de la tyrolienne (épisode 1 ou 2) ainsi que ce « brave monsieur » qui se jette dans la Seine.
Mais la barre se redresse avec l’épisode 3. On revient à des histoires classiques mais efficaces (espionnage industriel, prouver l’innocence de personnes en prison,…) et la série se suit à nouveau très bien. On peut tout de même regretter qu’à la moitié de la saison 1 (fin de l’épisode 4), on n’est pas plus avancés sur le personnage de Nora. A part décréter qu’elle « étrange« , qu’elle a quitté la DGSE pour de « mystérieuses raisons« , on ne sait finalement rien sur elle et c’est bien dommage.
Et puis il y a toujours cette foutue manie française de vraisemblance. On fait une série de détectives privés (comme les Américains), qu’est ce qu’on en a à faire si on n’utilise pas le bon terme? Faites dire à vos personnages qu’ils sont détectives parce que « agent privé de renseignement » c’est certes le bon mot mais ça fait pas très « fun » tout de même (et, accessoirement, c’est aussi le titre de la série mais il n’est jamais prononcé dedans, c’est tout de même curieux). Et j’oubliais: des hommes et des femmes qui traquent des criminels et qui ne sont jamais armés, il y a comme quelque chose qui sonne faux non?

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Portée par un casting solide, Détectives se révèle plaisante à suivre même si pas très originale et surtout  bourrée d’incohérences. Mais les personnages sont suffisamment bien construits et bien interprétés pour qu’on se laisse porter par la série. Il va tout de même falloir songer à bâtir un peu mieux les histoires policières pour les rendre un peu plus intéressantes, prenantes, et surtout originales.

NB: Où sont les scénaristes dans la promotion de la série? Une fois de plus, et je n’ai rien contre lui, c’est le réalisateur qui est là et qui parle de la série. Détectives est créée par Marc Eisenchteter et Stéphane Kazandjian et ce serait bien de ne pas oublier en France qu’une série c’est avant tout l’œuvre de scénaristes, qui construisent des histoires. Merci de ne pas l’oublier et ne pas les oublier

Crédits: © Bernard Barbereau / FTV
Source: France  2/ Delante TVdetectives3