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François Guérin, réalisateur de Jeu de dames: « A la jonction entre comédie et polar »

François Guérin, réalisateur de Jeu de dames: « A la jonction entre comédie et polar »

Il y a quelques jours, je vous proposais une critique de la série Jeu de dames (sur France 3 les 21 et 28 août). Pour prolonger ce qui est dit dans la critique, François Guérin, réalisateur de la série, a accepté de répondre à nos questions

Alexandre Letren: Etes-vous arrivé sur le projet dès le début?

François Guérin: Tout à fait. C’est un projet dont Richard Berkowitz m’a parlé en avril 2011. Les six épisodes étaient en cours d’écriture par Bruno Degas, deux étaient quasiment finalisés. J’ai tout de suite accroché à la lecture des aventures de ces 4 « drôles de dames ». Ce qui m’a vraiment séduit d’emblée, c’est la justesse des dialogues, la répartie, et le potentiel comique que j’y ai tout de suite vu.

AL: Comment la série a-t-elle été imaginée dès le début? Comme une mini série ou comme une série au long cours?

FG: C’est clairement une mini-série bouclée, mais la fin du 6ème épisode est restée volontairement ouverte pour permettre une saison 2.

AL: Comment les comédiennes ont-elles été choisies? Y-a-il eu des rôles spécialement pensés pour certaines d’entre elles?

FG: Les comédiennes ont été choisies après écriture. Mais j’ai vraiment sélectionné des talents plutôt que des noms. A la lecture des deux premiers épisodes, beaucoup de comédiennes ont insisté pour faire les essais. Y compris des comédiennes habituées du grand écran. France 3 nous a laissé toute liberté. Et au final, le casting est conforme à l’idée que je m’étais fait lors de la lecture. Claire Borotra, Léa Bosco, Catherine Demaiffe et Samira Lachhab sont parfaites, et leurs partenaires masculins, Olivier Sitruk, Lannick Gautry ou Bruno Madinier ont su totalement donner vie au scénario.

 AL: Comment définiriez-vous la série? Une comédie? Un soap policier?

FG: Je pense que j’appellerais plutôt ça une comédie policière. Les dialogues sont pleins d’humour, et le suspense est palpable. On est donc vraiment à la jonction entre comédie et polar.

AL: Quand on voit la série, on pense à Desperate Housewives. Cette filiation était-elle voulue?

FG: Je suis très flatté de cette comparaison. En effet, si on prend le pitch de départ, Jeu de Dames est l’histoire de 4 femmes, avec de l’humour sur fond d’enquête policière. Et pourtant JDD est très différente de Desperate, cette série ne dépeint pas les clichés de la bourgeoisie américaine banlieusarde-chic. On est beaucoup plus dans le quotidien des Français que Desperate Housewives.

 AL: En voyant la série, je trouve que tout s’accélère trop vite dans le dernier épisode niveau révélations au risque que ça ait l’air un peu bâclé. Qu’en pensez-vous?

FG: C’est le concept même de la série bouclée. On trouve des cliffhangers très forts à la fin de chaque épisode et dans l’épisode final, le mystère est résolu (ou presque…)

AL: Une des réussites de la série c’est son générique. Comment a -t-il été créé? Que vouliez vous raconter avec?

FG: Dès le début, j’avais en tête deux références: le générique de Mad Men et celui du film Catch me if you can. Mes producteurs ont tout de suite accroché. Le résultat est à la hauteur de nos attentes, avec le très beau travail de la société Artefix, et fait même penser avec son air un peu rétro à Drôle de dames, donc un hommage! La musique très seventies, de Frédéric Porte, contribue à la réussite de ce générique.

AL: Comment s’est passé votre travail avec le scénariste Bruno Dega? Qui avait le dernier mot?

FG: On a tout de suite parlé, discuté, dès l’élaboration du projet. On a formé un véritable trio, réalisateur, auteur et producteur pendant toute la préparation. Et au final, Bruno m’a fait le plus beau des compliments en me disant qu’à l’image il avait complètement retrouvé ses personnages.

AL: Est-ce que la série qui arrive aujourd’hui sur nos écrans ressemble à celle que vous aviez en tête en arrivant sur le projet?

FG: J’ai toujours pensé que tout metteur en scène qui déclare que son film est 100% conforme à ce qu’il avait imaginé était un menteur. Il n’empêche que Jeu de Dames n’est pas si loin de ma vision première du film. Et c’est probablement, l’un des projets que j’ai réalisé dont je suis le plus fier.

AL: Durant l’avancée du projet, la chaîne est-elle beaucoup intervenue dans la gestion des intrigues de la série? 

FG: De l’écriture, au montage, en passant par la réalisation, France 3 est une chaine qui laisse beaucoup de liberté aux auteurs. Cette série leur tenait particulièrement à cœur et ils adorent le résultat.

AL: Une saison 2 est-elle envisageable si le succès est au rendez-vous?

FG: Bien évidemment! On a tous envie de retrouver nos Dames préférées. Si le public est au rendez-vous, une saison 2 est envisagée.

AL: Quel est le principal défaut et la principale qualité des séries françaises d’aujourd’hui selon vous?

AL: Les séries françaises cherchent trop à être consensuelles. La télévision familiale telle qu’elle existait il y a 20 ans a disparu. Nos séries manquent d’audace. Il faut oublier la ménagère et écrire des séries plus proches de la réalité, faire des séries qu’on a envie de regarder. Certaines séries françaises tirent leur épingle du jeu car elles sont proches des « vrais gens », de leurs problèmes, de leurs bonheurs, de leurs vies. C’est ce qu’on a essayé de faire dans Jeu de Dames, en mélangeant les milieux, les religions, les histoires de coeur.

AL: Quels sont vos projets?

FG: Je viens de terminer un pilote pour TF1, une comédie sur 2 potes d’enfance qui montent leur agence d’événementielle près d’Avignon. Et j’attends avec impatience les diffusions de Jeu de Dames les 21 et 28 août sur France 3.