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Un Commentaire

Hayley Atwell: « Peggy Carter est en avance sur son temps »

Hayley Atwell: « Peggy Carter est en avance sur son temps »
Alexandre LETREN

Depuis le 10 juillet dernier, Canal+ diffuse la première saison de la très réussie série Agent Carter, centrée sur le personnage de Peggy Carter, campée à la télévision comme au cinéma par Hayley Atwell. Lors du 55ème Festival de télévision de Monte-Carlo, nous avons pu rencontrer la comédienne qui nous parle de son rôle dans la série. 

Retrouvez notre critique du pilote ici

Agent Carter est peut-être l’une des séries les plus féministes à la télévision actuellement, parce que l’héroïne est non seulement une femme, mais aussi parce qu’elle surpasse constamment les hommes qui l’entourent. Etait-ce une condition pour vous engager dans la série ou était-ce juste un bonus ?

C’était une très grande surprise ! Après le film Captain America, j’ai pensé « C’était très chouette, au revoir et merci. » Cela avait un peu changé ma vie, mais je suis retournée à Londres pour une pièce de théâtre et je n’y pensais pas plus que ça. J’avais un autre boulot, et ils m’ont appelée pour me demander si je voulais un petit rôle dans le Soldat de l’hiver ; j’ai dit « oui, bien sûr ». Mais c’était grâce à la communauté de fans en ligne, qui soutient tellement Peggy, que Marvel a pensé qu’il y avait encore des choses à raconter à son propos. Donc, ils ont décidé de construire une série télévisée autour d’elle. Ils l’ont fait très intelligemment, en utilisant mes forces en tant qu’actrice, et en faisant l’impasse sur mes faiblesses.

A savoir ?

Et bien, c’est un rôle très physique, et j’ai fait toutes mes cascades, mais j’ai l’habitude des dialogues donc toutes les répliques spirituelles, l’humour, ce genre de choses, c’est un aspect que nous avons beaucoup plus exploité que dans les films. On a en quelque sorte construit tout ça autour de moi. C’est génial, et c’est une surprise absolue. Et c’est super d’avoir deux femmes comme showrunners parce qu’elles ont adoré écrire des blagues aux dépends des mecs, et me mettre en situation de les surpasser.

Avant d’être une nouvelle histoire de l’univers Marvel, Agent Carter est à mes yeux un period drama. Etes-vous d’accord  ?

Oui, totalement. Elle [Peggy – ndt] appartient complètement à son époque : les hommes sont revenus de la seconde guerre mondiale, donc les femmes sont à nouveau repoussées en arrière-plan dans le domaine professionnel, et elle repart en quelque sorte de zéro. Les hommes admettent seulement qu’elle remplisse la paperasse, fasse le thé ou le café, ou des sandwiches pour le déjeuner. Elle doit donc tirer parti des faibles attentes des hommes à son égard. Elle se sert du fait qu’elle est invisible, elle a d’ailleurs cette réplique : « Je suis invisible, sauf quand je prépare votre repas ; je ne suis même pas là. » Mais c’est à son avantage, parce que ça signifie qu’elle peut s’en aller et mener ses propres missions. On trouve de nombreux aspects comme ceux-là.

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Même si c’est un drame d’époque, c’est quand même un personnage très moderne.

Oui. Elle est en avance sur son temps. Evidemment, l’action se situe en 1946 mais pour diverses raisons, peut-être dues à son histoire, à son passé, à ses capacités naturelles et à son intelligence, elle est beaucoup plus en avance sur son temps que la moyenne des gens en 1946. Je pense que ça vient du but qui la motive, de sa capacité à comprendre la finalité du travail de Captain America après qu’elle le croit mort, pour poursuivre cette tâche. Mais c’est aussi une personne très vulnérable. On voit dans la série qu’elle souffre sur le plan psychologique et émotionnel de ce que ça coûte d’être, d’une certaine manière, un super-héros. Je pense que c’est une problématique très moderne. Aujourd’hui, on se pose la question de savoir comment font les femmes : comment font-elles pour réussir dans leur travail, avoir des enfants, comment peuvent-elles tout faire ? Il y a une propension naturelle à assumer, et c’est aussi le cas pour Peggy. Mais on voit comment tout ça la perturbe, comment ça la bouleverse, comment tout cela implique qu’elle soit très seule et très isolée. Elle ne peut faire confiance à personne, elle ne peut pas avoir de relation avec les gens parce qu’elle les mettrait en danger… Il y a beaucoup d’idées importantes derrière les défis qu’elle doit relever.

Pour la première fois dans l’univers Marvel, le héros d’un film devient le héros d’une série TV : vous, une femme. En êtes-vous fière, et ne vous sentez-vous pas parfois perdue dans tout l’univers Marvel ?

Je n’y fais pas vraiment attention. Je n’ai pas lu les comics, je n’ai pas vu tous les films Marvel, je ne connais pas toutes les connections [rires]. Quand je rencontre des fans, ils en savent plus que moi sur Peggy ! C’est effrayant, mais assez amusant. J’essaie de ne pas trop m’impliquer parce que comme l’histoire se déroule en 1946, elle est extérieure à la chronologie. De plus, comme Peggy n’a pas de super-pouvoirs, il n’est pas nécessaire de faire le lien avec ses origines ou la manière dont elle a obtenu ces pouvoirs – comme dans les autres comics de Marvel. C’est comme si elle existait par elle-même. Je n’ai ressenti aucune pression, seulement du soutien de la part de Marvel pour créer ce personnage à la volée. C’est un sentiment de puissance parce que je sentais qu’ils s’appuyaient sur mes atouts. Ils m’ont soutenue et se sont assurés que je comprenne l’écriture et l’aspect esthétique de la série, que je comprenne où Peggy en était psychologiquement. Pour toutes ces raisons, je me suis sentie moins seule, moins débordée. Et je suis fière.

[Propos recueillis par Alexandre Letren
Traduction: Fanny Lombard Allegra]

Crédits: ABC

avec hayley atwell

  • pénélope

    Il en a de la chance, Alexandre…