Image Image Image Image Image Image Image Image Image Image
Scroll to top

Top

5 Commentaires

Il était une fois…Urgences, la mort de Mark Greene (3/3): Sur la plage

Il était une fois…Urgences, la mort de Mark Greene (3/3): Sur la plage
Claire Tirilly

La mort du Docteur Greene fut l’une des meilleures storylines d’Urgences. Les scénaristes, confrontés au challenge de tuer un personnage principal et de renouveler la série, font un travail exemplaire, répartis sur trois épisodes. Après nous être intéressés à l’épisode “La ceinture d’Orion” et à “La Lettre”, retour sur “ Sur la plage”, le dernier chapitre de l’histoire.

Sur la plage

Retrouvez Invitation au voyage…dans le générique de Urgences

Quand “Sur la plage” commence, on repart avec lui à la fin de l’épisode 18, “La ceinture d’Orion”. Souvenez-vous, Greene lançait le ballon de basket à Carter en lui disant “You set the tone, Carter”. Eh bien c’est juste après cet échange que l’on commence.

Greene quitte l’hopital, la dernière étape de sa vie commence.

On le retrouve donc plus tard dans la nuit, assis à la table de la cuisine, en train de faire une liste aussi glauque que touchante des choses qu’il voudrait faire avant de mourir: sauter en parachute, accompagner ses filles à leurs mariages, “réparer” Rachel.

Ben oui, depuis le début de la saison, on nous a remis dans les pattes sa fille ainée, 14 ans, en pleine crise d’ado. Et il faut dire qu’elle n’y est pas allée de main morte, la gamine, pour accumuler les conneries, fumette, laisser sa petite soeur de un ou deux ans avaler un de ses extasy… Alors, on peut le comprendre, Mark Greene veut faire ce qu’il peut pour la sauver. Et ça va nous amener sur la plage à Hawaï.

Mark part donc en vacances surprises à Hawaï, là où il a passé le plus de temps ado, sur une base militaire, et amène avec lui sa fille. L’idée ici est intéressante, montrer comment Mark tente de transmettre sa propre histoire, pour qu’elle ne soit pas oubliée, tout en expliquant à sa gamine qu’elle est une ado normale, qu’avoir l’impression que le monde est injuste est logique, quand on a 14 ans et que lui aussi y est passé avant elle. L’attitude de Rachel est lui la preuve de la difficulté de la situation dans laquelle elle se trouve. Incrédule face au comportement inhabituel de son père, qui l’a entraînée dans une aventure loin de son quotidien, elle n’arrive tout de même pas à surmonter ses démons. Si elle profite des journées, apprenant à surfer, traînant sur la plage la musique à fond, elle continue ses bêtises, vidant le minibar en pleine nuit et piquant ses médocs à son père.

Doucement, elle comprend à quel point la mort de son père est proche, et ce qui est en train de se passer, et forcément, elle le rejette, comme quand Mark tente de lui apprendre à conduire

“Pourquoi je dois apprendre la boite de vitesse, Maman a une automatique de toute façon”.

De manière inattendue, c’est donc le parcours de Mark et celui de sa fille vers l’apaisement  qui va nous être montré dans cette première moitié d’épisode, et de la plus belle manière qui soit. L’un des moments les plus marquants de cette séquence est la scène où Mark confronte sa fille à propos de son comportement. L’occasion de lui dire (enfin) ses peurs pour le futur, à quel point ne pas savoir si ça se passera bien pour elle l’inquiète… Le dialogue est fort, bien écrit, et magistralement interprêté par Anthony Edwards.

“What are you going to do when I’m not here, Rach? Who’s going to keep you from killing yourself?…”

(“Qu’est ce que tu vas faire quand je ne serais plus là, Rach? Qui va t’empêcher de te tuer ?..”)

Puis Elizabeth et sa fille arrivent, pour vivre avec Mark ses derniers moments. Mais encore, on continue encore  et encore à s’intéresser à Mark et Rachel. Corday, et c’est dommage, ne va servir que d’intermédiaire entre son mari et sa belle-fille. Mais sa présence permet tout de même de jolies scènes familiales sur la plage hawaïenne.

L’épisode montre donc tout ce qui peut se jouer entre un père et sa fille à l’approche de la mort de ce dernier, mais pas seulement. C’est aussi l’occasion de montrer la déchéance physique progressive de Mark. On avait vu dans “La ceinture d’Orion” que son corps commençait à lui faire faut bond, l’épisode va nous montrer son chemin vers la mort. Tout au long de l’épisode, l’état de Mark se détériore, son corps se paralyse sous l’effet de la tumeur qui progresse dans son cerveau, sans pour autant que l’on joue la surenchêre dans le glauque. Tout est traité de manière paisible, dans des couleurs vibrantes, claires.

Le choix de Hawaï est une vraie réussite. Les décors sont magnifiques, les lumières belles, fortes, chaudes, en totale opposition avec l’univers habituel froid des urgences. Tout est fait pour renforcer l’idée que Greene est dans une phase d’apaisement et d’acceptation.

Jusqu’au bout, Mark profite de la vie, partage avec son aînée des moments de leur passé, écrit des lettres pour le futur à ses filles. Et c’est le “Somewhere over the rainbow” d’Israel Kamakawiwo’ole qui emporte les derniers moment de bonheur de Greene, entouré de sa femme, de ses filles. Et c’est le moment où moi, votre chère auteure, je me retrouve assise par terre, devant ma télé, les yeux pleins de larmes.

La musique ne cesse que pour laisser Elizabeth découvrir Mark, mort pendant sa sieste, en écoutant cette mélodie.

Enfin la beauté de cet épisode, c’est aussi qu’il nous surprend encore à la toute fin. On aurait pu s’arrêter là, ou sur l’enterrement, mais non. Ce sera sur Rachel, qui laisse s’envoler un ballon vers le ciel comme dans l’une des histoires que lui a raconté son père sur son enfance pendant ces quelques jours à part. Un geste doux, beau. Et entre mes larmes, un sourire naît.

Les scénaristes d‘Urgences ont créé avec ces 3 épisodes un moment rare, épique presque, de série. Un de ces moments dont on se souvient et qui doit selon moi appartenir au panthéon des séries. Le traitement de la mort de Mark Greene est à l’image du personnage et de son aura: intelligent, beau, tendre parfois, et avec ses défauts. Mais c’est justement ce qui en fait sa réussite. Mark Greene voulait mourir comme il a vécu. Son voeu est exaucé.

Crédits: NBC

Retrouvez Il était une fois…Urgences, la mort de Mark Greene (1/3): La ceinture d’Orion
Retrouvez Il était une fois…Urgences, la mort de Mark Greene (2/3): La lettre