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Un Commentaire

[Interview] Moa Gammel: « Jordskott c’est un peu comme Les Revenants »

[Interview] Moa Gammel: « Jordskott c’est un peu comme Les Revenants »
Alexandre LETREN

La diffusion de Jordskott s’achève sur ITV Encore en Angleterre. Avec son dixième épisode, la série va révéler ses derniers secrets, mais aussi ouvrir la voie à de nombreuses questions pour une hypothétique saison 2 (pas encore actée à ce jour).  A cette occasion, après avoir longtemps discuté avec le créateur et le producteur de la série, nous avons eu la chance de croiser la route de Moa Gammel lors du 55ème Festival de télévision de Monte-Carlo, héroïne de la série, qui y incarne la fragile mais aussi très forte Eva, en quête de sa fille. Une nouvelle plongée dans les coulisses de Jordskott

Retrouvez [Interview] Jordskott: « Notre but était de clouer le public au canapé »

Jordskott est une série très étrange, parce qu’elle commence comme une série dramatique ou policière, puis elle se transforme en série fantastique. Etiez-vous surprise lorsque vous avez lu le scénario pour la première fois ?

Oui, j’ai été très agréablement surprise. Il y a toutes ces histoires policières qui sont tournées en Suède, elles sont plus ou moins toutes les mêmes et ça m’ennuie un peu. Je me demande : OK, c’est quoi la suite ? Quand est-ce que quelqu’un va faire quelque chose de légèrement différent ? Quand j’ai entendu parler de Jordskott et que j’ai lu le scénario, j’étais très surprise et aussi très inquiète, parce que puisqu’il y a des éléments fantastiques, je me disais que même si le script et le personnage sont formidables, il était très important que les effets spéciaux soient d’un excellent  niveau pour que les gens adhèrent à ce monde, sans quoi ils l’auraient trouvé risible. Donc je voulais savoir qui créerait les effets spéciaux parce que c’était un des aspects principaux, et quand j’ai vu ce qu’ils avaient fait auparavant, j’ai pensé que tout se passerait bien.  Mais on prend toujours un risque en s’embarquant dans un tel projet, parce qu’essayer quelque chose de nouveau et faire évoluer un genre peut tourner au fiasco ou au désastre. Nous aimions tous le projet et toutes les personnes impliquées étaient enthousiastes, mais nous n’étions pas sûrs que le public adhèrerait à ce nouveau cadre. Quand nous avons atteint des records en Suède, nous étions très émus que les gens soient entrés dedans, qu’ils nous aient pris au sérieux et aient adhéré.

En tant qu’actrice, comment ressentez-vous les éléments fantastiques ? Est-ce que ça vous a aidé pour votre personnage ?

Personnellement, j’adore. Vous savez, nous avons ces sortes de contes folkloriques tirés de la mythologique nordique, et j’ai toujours lu ce genre de livres quand j’étais petite et je suis plongée dans ce monde. Il y a aussi Grimm, ça parle de la vie, de la mort, de toutes ces choses horribles… C’était avant que Disney repeigne tout en pastel. J’aime cette façon de raconter des histoires, de mettre des éléments du réel, de la vie. Ce qui est formidable dans Jordskott, c’est que je pouvais me raccrocher à un parcours émotionnel. Il y a ce processus de deuil, le deuil d’un enfant. Quand on rajoutait ces éléments surnaturels, j’avais toujours ce parcours et ce personnage très réel auxquels me rattacher. Donc ce n’était pas difficile de gérer ces éléments fantastiques, parce qu’il y avait ces autres aspects. D’une certaine façon, ça permettait de garder le personnage ancré dans le réel. Le public pouvait croire en elle, parce qu’elle traverse quelque chose auquel les gens peuvent s’identifier – le processus de deuil, la perte de quelqu’un.

Etait-ce l’aspect le plus difficile du rôle à vos yeux ?

J’ai rencontré une mère en faisant des recherches pour le rôle, sur le processus de deuil. Elle avait vraiment perdu un enfant, il n’était pas revenu. Lui parler m’a permis de réaliser qu’il fallait aborder ce personnage avec énormément de respect pour les gens qui ont vraiment perdu un enfant dans la réalité. Elle m’a dit que la chose la plus horrible, c’est que vous gardez toujours dans votre cœur cet espoir de retrouver un jour votre enfant, et vous ne pouvez jamais tourner la page. C’est tout le parcours de mon personnage dans la série, pouvoir tourner la page… Le public verra si elle y parvient ou pas, mais c’était un rôle très stimulant, parce que cet aspect reste présent dans toutes les scènes. Je ne pouvais jamais me relâcher en tant qu’actrice, me dire « Oh, aujourd’hui, je m’assieds dans le canapé et je mange une glace ! » Tout tournait autour de la vie et de la mort. J’étais très fatiguée quand je rentrais chez moi, j’étais épuisée à la fin du tournage, mais c’était gratifiant.

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Pouvez-vous parler de l’ampleur de la production ? Que ressentez-vous par rapport au désir des producteurs de diffuser la série à l’international, partout dans le monde ?

Je pense qu’ils avaient ce but à l’esprit dès le départ. Nous voulions faire une série internationale, qui en ait l’aspect. Elle ne devait pas sembler suédoise ou plate, nous voulions raconter l’histoire de manière épique. Les gens ont demandé si nous avions utilisé des caméras différentes pour tourner, mais non. Nous étions vraiment dans cet effet  visuel. Nous avons travaillé avec un concepteur qui venait d’Argentine : c’est un génie, il peut tout créer à partir de rien. Il a construit tout cet univers : « Vous voulez ce genre de couleurs ? On devrait travailler avec ce type de caméras, il faudrait utiliser cette lumière… » Dès le départ, ils étaient très précis sur l’aspect visuel de la série, parce qu’ils voulaient qu’elle soit susceptible d’atteindre un public plus large que le simple public suédois.  C’est donc formidable que la série soit vue par des gens d’autres pays. Mais vous savez, il y a cette série franco-belge… Les Revenants ? Oh mon Dieu, je l’adore ! Les gens demandent si ça ressemble à Top of The Lake, à True Detective, ou à Twin Peaks… Et je réponds non, ça ressemble aux Revenants ! Il y a la même sensation étrange et effrayante, mais il y a toujours une ambiance humaine. J’aime aussi la photographie et l’aspect visuel de la série.

Est-ce que le fait que le réalisateur soit aussi l’auteur a changé quelque chose pour vous ?

Ne nous travaillons pas vraiment avec des showrunners en Suède, et c’est un problème parce qu’on a parfois 4 réalisateurs différents, 4 scénaristes différents pour la même série. On perd le sens de l’histoire, parce qu’on a besoin d’une voix unique pour garder la cohérence. Les Américains sont très bons là-dedans, avec un seul scénariste en charge de toute l’intrigue. Henrik Björn est le showrunner de cette série, mais aussi son créateur et son réalisateur, et je pense que ça se sent quand on voit Jordskott – même si nous avons eu deux autres réalisateurs. C’est toujours sa vision, sa voix et vous avez une histoire qui reste cohérente au fil des 10 épisodes. C’est très frustrant de participer à une série où vous avez l’impression que la vision d’ensemble s’éparpille. Personne ne connaît vraiment les réponses. Même en tant qu’acteur vous vous demandez : dans cette scène, que dois-je savoir ? Que dois-je penser ? Et tout le monde a une réponse différente à ce genre de question. Je suis donc très heureuse de faire partie d’un projet dirigé par un showrunner tel que celui-ci. C’est très important, et je pense que les séries scandinaves seraient bien meilleures en imitant les Etats-Unis.

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Que signifie le mot « Jordskott »?

Jordskott, c’est en fait une sorte de phénomène naturel, ça veut dire que la terre s’effondre sur elle-même, se fissure.

C’est un indice pour deviner la solution ?

Vous savez, le sous-titre de la série c’est : « La vérité reste sous la surface .» Donc oui, ça se pourrait… C’est davantage lié à un phénomène naturel, mais la traduction de Jordskott ce serait « coup de feu terrestre ». Il y a beaucoup de sens différents, et c’est très courageux de la part d’ITV d’avoir conservé le nom suédois. Ça dit quelque chose sur la série, qui est très suédoise et très particulière. Ça permet aux gens de comprendre qu’ils vont voir quelque chose de vraiment spécifique à une région.

A la fin de la première saison, comment voyez-vous la série ? Est-ce un drame fantastique, ou juste un thriller à rebondissements ?

C’est amusant, parce qu’avant que Jordskott soit diffusé en Suède, j’avais prédit que la série pourrait toucher un large public, d’une grande variété d’âges. Certains y verraient une série policière, d’autres verraient les éléments fantastiques… On pouvait toucher les ados, qui aiment l’aspect fantastique de la série, leurs parents qui aiment l’intrigue criminelle, les mères qui apprécient la manière dont la mère est dépeinte dans la série… Toutes ces personnes différentes ont vu quelque chose de différent, même s’ils ont regardé la série ensemble. Je pense que c’est pareil dans tous les pays : chacun regarde son propre écran, on ne regarde plus la télé en famille, et pour la première fois, les gens venaient me voir et me disaient : « Merci ! Toute la famille peut regarder Jordskott et c’est amusant d’en parler ensemble. » J’espère vraiment que quand Jordskott arrivera dans votre pays, les gens pourront la regarder et en discuter ensemble.  Il y a beaucoup de parents qui viennent me dire : « Oh non ! Maintenant, mon enfant dort dans mon lit ! Elle ne l’avait plus fait depuis ses 2 ans ; elle en a 12 maintenant et Jordskott lui fait peur ! » Je suis désolée ! Mais les plus grands, les adolescents adorent Jordskott. Ils sont plus enclins à regarder de la fantasy : Harry Potter, la saga Twilight… C’est un public plus ouvert. Je crois que c’est un nouvel aspect, comme dans Les Revenants où on trouve cet élément supplémentaire tout en restant dans l’humain.

Quelles sont vos attentes pour le futur, tant pour la série que pour votre personnage ?

Dans la première saison, il s’agit pour Eva de tourner la page. Pour la saison suivante – si je survis, on n’en sait rien ! – je pense que ce sera intéressant de voir qui est Eva en dehors du deuil, si elle peut avancer, qui elle est quand elle ne porte pas ce poids en permanence, quand elle est quelqu’un d’autre. Henrik m’a parlé des différentes intrigues envisagées pour la saison 2 : c’est exaltant ! Nous allons faire encore mieux pour la deuxième saison : maintenant nous savons où nous voulons aller et nous allons pousser encore plus loin. Ce sera encore très stimulant.

[Traduction Fanny Lombart Allegra]

Crédits: SVT

NB: Interview intégrale lors de l’émission de La loi des séries sur Radio VL du 19 août

  • thierry

    C’est lent,
    Mais que c’est lent,
    Mais lent ! !
    Très lent…
    Trop lent.
    Somnifériquement lent…
    Intrigant, mais lent…

    Lors des moments de tension c’est bien, mais c’est lent tout le reste du temps ! !
    J’en suis au quatrième, qui se termine bien, mais vais-je arriver au bout ?
    ils auraient pu condenser ça en 8 épisodes, dommage.