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Invitation au voyage…dans le générique de Babylon 5 saison 1

Christophe Brico

De 1993 à 1998, une des grandes sagas de science-fiction de la télévision nous offrait une épopée sans équivalence encore aujourd’hui. En effet, J. Michael Straczynski, auteur et showrunner, propose une histoire de 5 ans, 5 saisons, 5 chapitres qui constituent un tout, pensé dès le départ comme tel. De son propre aveu, chaque générique doit donner le ton de la saison qu’il couvre, et, dès lors, il change à chaque saison. C’est l’occasion pour nous de vous présenter chacune de ces introduction à Babylon 5… Générique !

“C’était l’aube du troisième âge de l’humanité,
10 ans après la guerre entre les terriens et les minbaris,
Le projet Babylon était un rêve qui s’était concrétisé,
L’objectif était d’éviter une autre guerre en créant un lieu ou humains et extra terrestres cohabiteraient dans le respect de leurs différences,
C’était une escale,
Une seconde maison pour tous : diplomate, affairiste, innovateur…et vagabond,
Des humains et des extra terrestres dans une coque de métal de 2 millions 500 mille tonnes tournoyant seule au cœur des ténèbres…
Cet endroit pouvait être dangereux,
Mais c’était notre ultime espoir de paix,
Voici l’histoire de la dernière station de type Babylon…
Nous sommes en 2258, et cette station s’appelle…Babylon 5…”

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Prologue

La première saison de Babylon 5 est sans doute aujourd’hui la plus difficile à regarder. En effet, le show en est à ses balbutiements, et tout l’enjeu de cette saison est non seulement de poser un univers construit, mais surtout d’enclencher toutes les intrigues qui se dérouleront le long des 5 ans que durera la série… Et même un peu au-delà.

Le générique commence par un monologue dit par Michael O’Hare, qui interprète le commandant Jeffrey Sinclair dans cette première saison. Le texte est celui que vous trouverez en introduction de cet article. Son but est limpide : donner, dès les premières secondes du show, le contexte général. Procédé finalement assez classique, il trouvera tout son sens au fil des saisons lorsque le générique changera à chaque année, donnant un ton nouveau à la série, avec le développement de l’intrigue. Sur ces moments de monologue donc on commence par voir les premières images de la station Babylon 5. A l’époque, l’usage d’images de synthèse en telle quantité était totalement nouveaux, et, si ces dernières on un peu vieillies, ce n’est pas le cas du design général des différents éléments de SF (Vaisseaux, Armement, etc.).

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Ouverture

Le texte début par une phrase sibylline :

“(…) C’était l’aube du troisième âge de l’humanité (…)”

Cette phrase ne trouvera réellement son explication que lors de la quatrième saison de la série. Mais explication il y aura bien.

“(…) 10 ans après la guerre entre les terriens et les minbaris, Le projet babylon était un rêve qui s’était concrétisé,L’objectif était d’éviter une autre guerre en créant un lieu ou humains et extra terrestres cohabiteraient dans le respect de leurs différences (…)”

Sur ces mots on comprend  le contexte général : Babylon 5 est un O.N.U. de l’espace. On comprend aussi qu’il y a eu une guerre, avec une des race extra-terrestre. Cette dernière sera évoquée constamment dans l’histoire de la série. C’est un peu le point de départ de tout.

“(…)un lieu ou humains et extra terrestres cohabiteraient dans le respect de leurs différences. C’était une escale, Une seconde maison pour tous : diplomate, affairiste, innovateur…et vagabond (…)”

Sur ces paroles on apercevra les trois races extra-terrestres qui seront au coeur de toutes les intrigues : Minbaris, Narns et Centauris. Une quatrième race, les Vorlons, n’est pas visible dans ce générique, et leur place dans l’univers de la série l’explique totalement. Puis on voit plusieurs images qui évoquent la partie plus “escale spatiale” de la station, celle qui permettra de créer de nombreux épisodes hors de l’intrigue générale, même si souvent ils ont pour fonction de décrire un peu mieux l’univers. Casino, Créature insectoïde aux faux airs de mante religieuse ou encore extra-terrestre bizarre avec une gemme incrustée dans le front.

« (…) Des humains et des extra terrestres dans une coque de métal de 2 millions 500 mille tonnes tournoyant seule au coeur des ténèbres (…)”

Dézoom en partant sur un homme en combinaison spatiale pour finir sur une vue globale de la station spatiale. Il s’agit de donner un sens des proportions.

“(…) Cet endroit pouvait être dangereux, Mais c’était notre ultime espoir de paix (…)’

Images d’action en intérieur, avec le Commandant Sinclair armé d’un PPG (c’est le nom des flingues dans Babylon 5), et extérieur avec un tir de Starfury (c’est le nom des petits vaisseaux humains, de type chasseurs… Leurs avions “Top Gun”, quoi…)

“(…) Voici l’histoire de la dernière station de type Babylon… Nous sommes en 2258, et cette station s’appelle…Babylon 5… (…)”

Sur ces derniers mots, nous assistons sans doute au premier petit coup de génie de J. Michael Straczynski : placer Babylon 5 dans le temps – 2258 – et indiquer dès le départ que le personnage principal c’est bien la station Babylon 5, et qu’elle a un grand destin, puisque c’est la dernière. Animation et titre.

S’en suit l’ensemble du cast sur un fond spatial basique et sans grand intérêt, qui s’achève sur le nom du créateur de la série : J. Michael Straczynski.
Sur cette dernière partie la musique de Christopher Franke est l’unique est élément qui tient le spectateur dans l’ambiance. La musique est très orchestrale à une époque où la tendance était souvent aux samples électroniques. Babylon 5 a choisi de donner un souffle épique à son ambiance musicale et c’est tant mieux.

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Epilogue

Tout l’objectif de cette première saison est de mettre en place l’univers de Babylon 5. A ce titre le générique est le premier pas vers la série, et J. Michael Straczynski a veillé à ce qu’il soit à la fois didactique, mais en même temps mette le spectateur immédiatement dans l’ambiance du show.

A dire vrai, le procédé avait déjà été utilisé lors du pilote, dans une longue scène d’ouverture avec un texte très similaire, à l’exception qu’il était dit par Londo Mollari (Peter Jurasik), et qu’il se passait un an avant, donc en 2257.

De nombreux changements seront apportés entre ce pilote et le début de la série un an plus tard (en vrai comme dans la fiction) : La second du commandant sera avantageusement remplacée par Susan Ivanova (Claudia Christian), le médecin de bord par le Dr. Franklin (Richard Biggs) et la télépathe de station par Talia Winters (Andrea Thompson). Mira Furlan verra son maquillage changer au profit d’une esthétique moins agressive et quelques autres détails comme les armes ou certains éléments de décors évolueront.
C’est réellement à partir de la seconde saison que la série prendra son envol. Mais ça, c’est une autre histoire…

Crédits : Warner Bros Television