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Invitation au voyage…dans le générique de Everwood

Invitation au voyage…dans le générique de Everwood
Christophe Brico

Si l’on se réfère à la définition communément admise, le générique d’une série télé est tout simplement la partie où l’on indique le titre, les noms des acteurs et des divers collaborateurs. Bref, un simple objet technique destiné à aligner une série de noms et pourtant… Pourtant ils sont bien plus que ça, particulièrement dans les séries télés dont ils font sans aucun doute partie intégrante. Ils sont la “page de présentation de la série”, une sorte de concentré de celle-ci et de son ambiance. Mais ils sont aussi bien souvent des objets d’art et parfois même des objets cultes pour les fans. La série dont on parle aujourd’hui a beaucoup marqué dans son registre, il s’agit de Everwood.

Everwood est une dramedy familiale créée par Greg Berlanti (Brothers & Sisters) et diffusée sur The WB de 2002 à 2006, et en France sur France 2 à partir de 2003. Série d’excellente facture, dans la grande tradition des histoires familiales grand public, elle n’a pas survécu au passage de The WB vers The CW. Racontant les aventures de trois générations simultanées dans la petite ville d’Everwood, Colorado, dès l’ouverture est posé le ton de la sérié… Générique !

Everwood démarre sur une situation tragique : à la mort de Julia son épouse, le Dr. Andrew Brown et ses deux enfants, Ephram et Delia, déménagent dans la petite ville d’Everwood, Colorado. L’arrivée de la famille New-Yorkaise dans cette petite communauté, qui fonctionne en vase clos,  va bien entendu bousculer les habitudes.

La série est avant tout un show familial, elle s’adresse à toutes les générations, et par conséquent met en scène des situations adaptées. Des grands-parents aux enfants, tout est fait pour que chacun trouve un personnage vers lequel porter sa sympathie. A ce titre, c’est réellement un ensemble cast qui tient la série, et c’est bien entendu cela que le générique doit mettre en avant.

De plus, notre histoire prend place dans l’Etat du Colorado, un peu les Alpes américaines. Dès lors l’environnement est montagneux et neigeux. Cela aussi est intrinsèquement l’ADN de la série et, sans doute, la raison pour laquelle c’est sur cette image que commence le générique.

everwood

La musique commence par une ligne de piano et violon jouant le thème de la série sur les images d’une crête enneigée. L’image devient sépia, puis comme redessinée. Le mot “Everwood” en lettres jaunes sur fond sépia apparaît. Le thème au piano, comme une comptine, sera présent pendant toute la musique du générique.

Générique Everwood

Dès cette introduction passée, on entre dans la présentation de la galerie des personnages qui seront la série. Et c’est sans doute là que le générique devient vraiment intéressant. En effet, la série n’utilise pas directement des images iconiques du show pour construire son générique de début, mais les transforme. Le résultat donne la peinture d’un moment clé, un peu à la manière des tableaux de Norman Rockwell.

Crédits : Curtis Publishing Company

Crédits : Curtis Publishing Company

C’est sans doute ce principe qui donne à Everwood immédiatement son ton, dès le générique. En effet, Norman Rockwell est certainement un des artistes dont l’imagerie a le plus marqué l’Amérique des années 20 à 60. Avec un dessin réaliste, faisant souvent la peinture de situations du quotidien, à la fois cocasses et familières à tout un chacun, Rockwell a imposé un style, mais surtout une iconographie qui évoque une certaine Amérique, vu aujourd’hui comme traditionnelle, voire conservatrice. Analyse qui est en partie fausse, une de ses illustrations les plus célèbres, “Notre problème à tous”, dépeint une petite fille noire se rendant à l’école escortée de Marshalls, et fut publiée en pleine ségrégation.

Crédits : LOOK magazine

Crédits : LOOK magazine

Everwood se situe donc à ce carrefour. Se présentant comme une série assez traditionnelle, voire conservatrice, elle n’hésite pourtant pas, dans ses histoires, à évoquer les problèmes contemporains (racisme, sexualité, alcool & drogues, religion, etc…). A ce titre la série respecte la grande tradition du genre même si certaines familles ne l’on pas vu de cet œil à l’époque de la diffusion (en l’occurrence le Parents Television Council).

Au fur et à mesure du générique sont dévoilés les personnages de cet ensemble cast sur une musique qui a pris une dimension plus large, plus profonde, qui indique au spectateur : “Ce que vous allez voir touche tout le monde”.

Générique Everwood 2

 

Chaque personnage est présenté de la même façon : un plan serré, qui s’élargit vers une scène de la vie courante, très Norman Rockwell style, en tableau. Scène dans laquelle, d’ailleurs, un autre personnage de l’histoire apparaît souvent.

Une fois la galerie de personnages achevée, et le crescendo musical arrivé à son climax, le générique s’achève par l’image des personnages d’Emily VanCamp (Amy Abbott) et Gregory Smith (Ephram Brown), vus de dos, dans une image Norman Rockwell style bien entendu, face aux montagnes, en tableau. Il n’y a plus comme musique que le thème au piano, un peu comptine. Le message est clair : l’histoire qui compte dans Everwood, celle qui fera vibrer tout le monde est celle entre Amy et Ephram.

Générique Everwood 3

 

Crédits; Warner Bros