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Invitation au voyage…dans le générique de Friday Night Lights

Invitation au voyage…dans le générique de Friday Night Lights
Charlotte Calignac

Si l’on se réfère à la définition communément admise, le générique d’une série télé est tout simplement la partie où l’on indique le titre, les noms des acteurs et des divers collaborateurs. Bref, un simple objet technique destiné à aligner une série de noms et pourtant… Pourtant ils sont bien plus que ça, particulièrement dans les séries télés dont ils font sans aucun doute partie intégrante. Ils sont la “page de présentation de la série”, une sorte de concentré de celle-ci et de son ambiance. Mais ils sont aussi bien souvent des objets d’art et parfois même des objets cultes pour les fans. Le générique de Friday Night Lights n’a rien d’original mais il est extrêmement efficace. Sur une musique originale de W. G. Snuffy Walden, un compositeur ayant grandi à Houston au Texas, les images défilent au rythme de la guitare et de la montée crescendo en parfait parallèle avec la montée en pression et en émotion que le football suscite dans ce petite ville de Dillon Texas.

Plus que les personnages, c’est bien la ville elle-même et l’univers de la série qui sont plantés avec ce générique. Dès les premières secondes, on a ce lever de soleil sur les fils électriques, ce lever de soleil auquel on assiste presque tous les matins avec le coach dans sa voiture, et on parcourt avec lui les rues de Dillon. Des maisons de plain-pied, avec un jardin devant et le panneau du joueur fermement planté, qui reste quasi hors-champ, comme si ce n’était que secondaire. Puis le lycée, en fondu avec le coach qui marche de dos mais qu’on identifie totalement. Veste bleue, ballon de football, DILLON écrit en toutes lettres. Pas de doute, on sait où on est : chez les Panthers, dans une ville qui vit au rythme des fanfares le vendredi soir.

Ce n’est qu’à partir de là que la montée crescendo s’accompagne d’images de matches. Les joueurs, assis, regardent vers le haut et observent leur entraîneur, humanisé par des images de lui enlaçant affectueusement sa femme. La violence des affrontements pour avoir la balle et la garder, faisant oublier qu’on à affaire à des adolescents. C’est donc à partir de là que les images montrent Matt et Landry qui s’entraînent dans leur jardin, puis Julie, Lyla, Tim et Jason ou encore Tyra dans des situations adolescentes, dont la vie quotidienne est un savant mélange de sport et d’école.

Un univers présenté aussi sous l’angle de la communauté : communauté religieuse avec le plan de Smash qui prie avec ses co-équipiers en tenue de sport, communauté sportive grâce à des lieux que l’on reconnaîtra par la suite comme diner où les jeunes décryptent le match, communautés ethniques avec des plans mettant en avant des joueurs blancs comme des joueurs afro-américains. Dillon est une ville à plusieurs facettes qui se superposent.

Dans les dix dernières secondes, Lyla est passée d’ado parmi tant d’autres à pom pom girl, incarnant le lien naturel vers le retour au football qui reste central, auquel on n’échappe pas à Dillon. Le tempo de la guitare accélère, la pression monte comme en témoigne le close up sur la jambe de Tim qui bat nerveusement le tempo, le regard décidé, prêt au combat, et un travelling vers ce P, le P des Panthers, l’emblème ultime que tous les joueurs frôlent pour se porter bonne chance. Comme les joueurs, le téléspectateur arrive sur le match et se sent petit face aux gradins bondés, sous les projecteurs aveuglants, avant de se retrouver aux côtés de celui qui sera le point de vue principal tout au long des saisons : Coach Taylor. Le chef d’orchestre animé et passionné d’un mouvement interminable.

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En cinquante secondes seulement le ton est clair. On est dans une série qui n’enjolivera pas le Texas, ne le présentera pas comme terre promise. On a des jardins dans lesquels l’herbe n’est pas verte, des maisons décrépies. La série propose quelque chose de brut, de brutal aussi. Mais le focus sur l’univers est d’autant plus marqué par les couleurs : bleues pour les trois premières saisons, rouges pour les deux dernières à East Dillon qui confirment que le point d’entrée reste bel et bien le coach. Peu importe la couleur, ce qui compte c’est l’esprit de communauté qui lie les joueurs, la fierté de porter le maillot et de jouer juste.

Les yeux ouverts, le cœur remplit : on ne peut pas perdre.