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Invitation au voyage…dans le générique de Hercule Poirot

Alexandre LETREN

Si l’on se réfère à la définition communément admise, le générique d’une série télé est tout simplement la partie où l’on indique le titre, les noms des acteurs et des divers collaborateurs. Bref, un simple objet technique destiné à aligner une série de noms et pourtant… Pourtant ils sont bien plus que ça, particulièrement dans les séries télés dont ils font sans aucun doute partie intégrante. Ils sont la “page de présentation de la série”, une sorte de concentré de celle-ci et de son ambiance. Mais ils sont aussi bien souvent des objets d’art et parfois même des objets cultes pour les fans. Revenons sur l’un d’entres eux avec celui de la série Hercule Poirot (1989).

hercule poirot

Hercule Poirot est une série de la chaîne ITV, diffusée pour la première fois en 1989, avec 12 saisons au compteur. Elle retrace les enquêtes de Hercule Poirot, le plus célêbre détective (belge) de la Reine du crime britannique, Agatha Christite. Dans le rôle titre, on retrouve David Suchet, exceptionnel acteur qui campe à merveille ce héros mythique. Et c’est à un certain Pat Gavin que l’on doit ce générique. Remplit-il sa mission?

Poirot

Les romans d’Agatha Christie nous plongent généralement dans l’ambiance de l’Angleterre (et parfois même du monde) dans les années 20-30. Hercule Poirot y démèle les enquêtes les plus ardues, à la limite du crime parfait, commis par toutes sortes de personnalités.
Le générique de la série s’ouvre sur cette ambiance, reflétée par le logo de la série qui apparaît en scène d’ouvertire: un brouillard bleue (matérialisant l’ambiance de mystère de la série) apparaît, une pleine lune dans le ciel, et au centre, un curieux signe qui se révèle être la moustache toute en pointe, très taillée de Hercule Poirot, que l’on devine lorsque son profil apparaît. Mais jusque là, comme ce que va contenir la série, la signification de cette image reste un temps un mystère. Et on ne découvre sa signification qu’une fois toutes les pièces assemblées.
Ensuite, comme pour nous rappeler que la série provient de livres, le visage de David Suchet alias Hercule Poirot apparaît dans l’ouverture d’un livre. Comme le dit Pat Gavin (Art of the title), l’idée pour ce générique, est de « raconter l’histoire d’un homme et de son époque« . Et c’est en recherchant ce qui pourrait le mieux refléter cette époque (et notamment au travers de son architecture) que Gavin eut l’idée de s’inspirer du style « Art Déco-Cubisme ». Et c’est ce style qui va traverser tout son générique. En premier lieu, lorsque le visage de Poirot apparaît, il est comme composé de multiples pièces de puzzles. Comme les pièces des puzzles que Poirot va devoir rassembler pour résoudre ces crimes.

Hercule Poirot

L’image suivante représente l’époque de Poirot, époque représentée par 3 grandes machines: les grandes usines industrielles, le biplan (et la grande aventure de l’aviation), et le train à vapeur.
Ce dernier n’est pas simplement synonyme de l’Angleterre de ces années là. Il est aussi totalement indissociable du personnage de Poirot. En effet, le roman le plus célêbre d’Agatha Christie c’est Le crime de l’Orient-Express. Ce n’est donc pas un hasard si le train est à ce point inséparrable de Poirot que ce sont les « o » de son nom qui composent les roues du train.
Viennent ensuite à l’image les 3 éléments représentants l’enquête policière: la loupe (plutôt associée à un personnage comme Holmes), le révolver encore fumant, symbolisant l’arme du crime qui vient de servir et, en toile de fond, sur une vieille pellicule de cinéma, le visage d’Hercule Poirot qui défile.
La fumée du révolver se transforme progressivement pour redevenir le brouillard bleu du début et qui enveloppe à nouveau Poirot marchant d’abord autour d’un grand livre (image des romans d’Agatha Christie) sur lequel on voit le logo de la série, puis il avance dans ce qui pourrait ressembler à une rue éclairée par des éclairages publics (comme les rues de l’Angleterre),le tout entrecoupé à nouveau par le visage de Poirot en « puzzle » comme pour rappeler qui il est et ce qu’il fait.

Côté musique, Gavin explique sur Art of the Title avoir confié la composition de la musique de la série à Chris Gunning qui a puisé son inspiration dans Rachmaninov et les grands compositeurs de musiques des années 20 et 30, comme pour à nouveau souligner, par la musique, que la série va parler d’un homme et de son époque, une époque bien précise. Et les notes de la musique avancent et suivent une courbe ascendante, avant de redéscendre à la fin. En ça, elles épousent le rythme d’une enquête policière qui, comme la musique du générique, connait une tension qui va crescendo jusqu’à un point culminant avant de reprendre un rythme normal, apaisé, une fois l’enquête terminée.

Hercule Poirot
Par ce générique, Gavin nous présente bien tous les éléments qui constituent la série que l’on va voir: un homme, détective privé officiant dans les années 20-30 et qui va enquêter sur de sombres affaires (la musique a un petit côté un peu angoissant). Tous les élements clés de la série sont contenus dans le générique et, en ça, il remplit totalement la mission qui est la sienne en tant que « carte d’identité » de la série qui va suivre.

Source: Art of the title
Crédits: Art of the tile/ ITV