Image Image Image Image Image Image Image Image Image Image
Scroll to top

Top

Un Commentaire

Invitation au voyage…dans les génériques de Hero Corp

Marine Di Meglio

Si l’on se réfère à la définition communément admise, le générique d’une série télé est tout simplement la partie où l’on indique le titre, les noms des acteurs et des divers collaborateurs. Bref, un simple objet technique destiné à aligner une série de noms et pourtant… Pourtant ils sont bien plus que ça, particulièrement dans les séries télés dont ils font sans aucun doute partie intégrante. Ils sont la “page de présentation de la série”, une sorte de concentré de celle-ci et de son ambiance. Mais ils sont aussi bien souvent des objets d’art et parfois même des objets cultes pour les fans.  A l’occasion de l’annonce inespérée d’une saison 3 et de son triomphe au récent Comic Con Paris, nous allons nous pencher sur le générique de la série Hero Corp. Ou devrais-je dire les génériques. En effet entre la première et la deuxième saison de la série le générique a été entièrement changé pour qu’y soient inclus les événements de la première saison.

hc3

Hero Corp est une organisation mondiale regroupant tous les super-héros afin de maintenir la paix dans le monde. Dans l’un de ses sites secrets en Lozère se trouvent des super-héros à la retraite recherchant le calme et la paix. Mais alors que tout le monde le croyait mort, réapparaît soudain le plus grand super-vilain de l’histoire, The Lord. Une vision annonce alors que John est la solution face à ce danger mortel. Mais celui-ci n’a aucune idée de sa véritable identité lorsqu’il arrive dans le village pour enterrer sa tante qu’il n’a pas vue depuis 10 ans.

Super-héros veut dire comic books bien entendu et la série marque sa filiation dès le générique, que ce soit dans la saison 1 ou dans la saison 2. Les génériques de Hero Corp ont d’ailleurs tous été dessinés par Olivier Peru, lui-même dessinateur et scénariste de bandes dessinées. Ainsi des le départ, le ton de cette série est donné en présentant le contexte et les personnages non par la vidéo mais par le dessin. Des dessins qui pourraient tout à fait être tirés d’un comic book. La musique de chacun des générique est due au talent du compositeur de la musique de la série Etienne Forget.

hc 2

Le générique de la saison 1 utilise donc des dessins afin de retracer l’histoire de départ de la série, un village peuplé d’anciens super-héros qui accueille un étranger, John, destiné à les aider à vaincre une dangereuse menace en la personne d’un super-méchant. Le tout accompagné de légendes tout droit sorties de comic books. Il se clôt sur une avalanche de dessins tirés d’images de la série tel un flashback ou un flash forward.
Le générique de la saison 2 reprend le même principe que celui de la saison 1. Débutant par un dessin d’un comic book s’ouvrant pour dévoiler ce qui s’est passé dans la saison 1 via des dessins presque identiques à ceux du premier générique. Mais dans ce générique-ci, les dessins font véritablement partie du comic book dont on tourne les pages. Puis il annonce la nouvelle aventure et nouvelle saison avant de dévoiler les noms des acteurs accompagnés d’un dessin d’eux-même toujours dans des cases de comic book. Il se clôt sur le logo Hero Corp devant lesquels se trouvent les personnages. Puis, à la manière des images défilant à la fin du premier générique, les pages du comic book se tournent, dévoilant des dessins tirés des images de la série avant de s’arrêter sur le dessin représentant la première image de l’épisode.

hqdefault

Ainsi donc ces génériques sont seulement constitués de dessins. Et ces dessins tirés de comic books nous mettent dans le bain dès le départ: ici on parle de super-héros comme dans les comics américains. Il nous indique aussi que l’on est pas pour autant chez Superman. On est chez des bras cassés, héros malgré eux, attachants malgré tout. Néanmoins, ces génériques nous permettent de plonger instantanément dans cet univers et d’en saisir les codes facilement puisqu’ils nous indiquent des le départ où l’on se trouve. D’autant plus que la série utilise allègrement ces codes pour mieux les détourner. Apres tout ces super-héros ne sont pas si supers, il est assez rare de tomber sur un Capitaine Shampoing dans le monde des comics, et le grand méchant lui-même est plus hilarant que terrorisant.

Ces génériques mettent également en scène l’ambiance de la série notamment grâce à la musique qui pourrait tout à fait être tirée de la bande originale d’un film de super-héros. Avec sa pointe de mystère et de mélancolie, elle pose l’atmosphère de cette série qui malgré son côté hilarant a un côté tragi-comique assumé. Apres tout, elle ne parle que de loosers, d’inadaptés ou de personnages mal dans leur peau, peu sûrs d’eux-même, qui grandissent au fur et à mesure de la série. C’est ce qui donne à la série ce côte désenchanté que l’on retrouve dans le générique.

hero-corp gene

Ils posent également le style visuel de la série, non seulement au niveau du logo mais aussi sur ce parallèle qu’elle fait avec les comic books, créant ainsi un style visuel unique immédiatement reconnaissable. Même si on peut rapprocher cette démarche de la série Heroes. Comme elle, Hero Corp utilise les légendes avec la police d’écriture traditionnelle des comic books ainsi que ses codes.

Pour parler de la différence entre le générique de la saison 2 et celui de la saison 1, on peut dire qu’elle est énorme. Comme la série qui a véritablement trouvé son ton en saison 2, le générique de la saison 1 apparaît quasiment comme un brouillon face à celui de la saison 2. Ce dernier est bien plus abouti au niveau du style et de l’image mais surtout, il utilise encore plus les comics. A noter qu’entre ces deux génériques, il y en a eu un autre durant les deux premiers épisodes de la saison 2 utilisant seulement le défilement des pages du comics précédé du nom Hero Corp saison 2.

hero-corp

Ainsi avec ces génériques Simon Astier a véritablement défini le style visuel de sa série ainsi que son ambiance tout en revendiquant sa filiation avec les comic books. Bref, une véritable carte d’introduction et de promotion pour la série.

Redécouvrez notre interview de Simon Astier à Comic Con Paris ici