Image Image Image Image Image Image Image Image Image Image
Scroll to top

Top

4 Commentaires

La notion « inspiré de faits réels » impossible à la television française?

La notion « inspiré de faits réels » impossible à la television française?
Alexandre LETREN

Le 10 février dernier, Arte lançait une très belle et passionnante aventure bimédia baptisé Intime Conviction: une enquête policière à la télévision et un procès enregistré en temps réel et diffusé par pastilles sur le web.

Retrouvez Intime Conviction: Le passionnant projet bimédia de Arte

L’aventure devait se terminer début mars avec le verdict des jurés au procès. « Devait » car il n’en sera pour l’instant rien. En effet, un juge des référés a interdit ce jour la diffusion sur n’importe quel support de Intime Conviction, fiction inspirée de l’affaire Muller. Voici un extrait du référé que mentionne Le Point: « l‘atteinte portée à la vie privée du docteur Jean-Louis Muller et le préjudice subi du fait du programme qui propose de le rejuger, et ce quelle que soit l’issue du faux procès ou le résultat des votes des internautes, sont d’une telle ampleur que la demande de cessation de diffusion du programme sans délai (…) est justifiée« .

Qu‘Intime Conviction soit ou non inspirée de la véritable affaire Muller n’a pas d’importance. Une fiction dont le but serait de montrer le fonctionnement du système judiciaire d’un pays, en l’occurrence le notre, devrait et je dirais même plus doit s’inspirer de ce qui se passe dans la vie et entre autre des faits divers. Une démarche suivie par la plupart des auteurs de fictions américaines, Dick Wolf en tête avec sa saga Law and Order où certaines vraies affaires ont certainement été « rejugées » par le biais de la fiction. Ou alors, si la vie ne peut et ne doit pas inspirer la fiction, il faut faire interdire beaucoup d’œuvres de fictions dans lesquelles on peut lire la mention « inspirée de faits réels ».

Ce n’est pas la première fois qu’une fiction est frappée d’une telle censure. Lors de la diffusion de L’affaire Villemin sur France 3, des tentatives pour la faire interdire avait été tenté mais sans succès. Et dans les années 90, un épisode de Commissaire Moulin autour d’un tueur d’enfant avait été interdit de diffusion car trop proche de la réalité. Intime Conviction n’a jamais prétendu rejuger telle ou telle affaire mais donner un regard inédit sur la justice française. Si la décision est confirmée, c’est un précédent vraiment très gênant pour la production de fictions tentant de parler du réel. De la vie tout simplement.

Communiqué de Arte sur cette interdiction:

ARTE prend acte de l’ordonnance de référé prise par le Tribunal de Grande Instance de Paris ce jeudi 27 février au sujet du programme Intime Conviction et la met en œuvre. ARTE regrette de mettre fin de manière anticipée à cette expérience inédite de découverte du fonctionnement de la justice.

Sources: Le Point/ Arte

  • Nataka

    C’est d’autant plus dommage qu’entre les séries américaines qui s’appuient beaucoup sur le réel (Law and Order pour ne citer qu’elle) et les fictions françaises qui sacrifient énormément à la licence dramatique sans grand souci de réalisme, on connait bien mieux le système américain et ses rouages que le nôtre. Je suis sûre que beaucoup de gens qui se retrouvent confrontés à la justice d’une façon ou d’une autre ont de grosses surprises.

  • DEADWOOD

    C+ avait réalise un Téléfilm sur l’affaire ELF. Mais ils avaient pris des précautions en faisant vérifier le scénario par des avocats pour pas qu’un des protagonistes de l’affaire attaque le téléfilm avant sa diffusion.

    Cette 1ère décision de justice serait regrettable si elle s’avére confirmer en appel.

    Est-ce que ARTE avait fait vérifier le projet par ses avocats?
    Est-ce que le telefilm mentionne que cela soit inpiré d’un fait réel (je n’ai vu le programme)?

    • http://twitter.com/alexandreletren Alexandre LETREN

      Arte n’a jamais prétendu faire un telefilm adapté de l’affaire Muller

  • DEADWOOD

    Pour info
    Le jugement a été confirmé.