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Les « Origines » de Micky Sébastian

Les « Origines » de Micky Sébastian
Alexandre LETREN

A la rentrée prochaine, France 3 proposera une nouvelle série policière, plutôt étonnante, Origines. « Origines, c’est un duo inédit, formé d’une généalogiste (Margot Laurent), anticonformiste et férue d’histoire, et d’un brillant capitaine (Arthur du Plessis), obsessionnel et bien élevé. Ici, le crime est un prétexte pour révéler le poids des non-dits, des secrets, du roman familial et de ses accidents. Ensemble, Margot et Arthur, flanqués du commissaire Stavros, du lieutenant Garnier, de sœur Astrid et du procureur Lefranc, résolvent chaque affaire avec humanité et permettent aux victimes, et parfois aux coupables, de se reconstruire. » Dans le rôle de la dite généalogiste, on retrouve une figure bien connue des séries du service public, Micky Sébastian (Avocats et associés, Sur le fil). Nous avons pu la rencontrer, elle nous parle de son rôle dans la série.

Qui est Margot Laurent? 

Cette historienne et linguiste (pour ne citer que deux expertises !) a toutes les qualités requises pour compléter le travail des flics. Dotée d’un vrai talent pour la psychogénéalogie, elle entre dans la vie des témoins et des suspects avec empathie. On se confie facilement à Margot Laurent. Elle plaît. Sans chercher à séduire. Parce que Margot est une femme entière, pleinement engagée dans ce qu’elle fait. Et qu’elle tient à sa liberté, coûte que coûte !

Peu conformiste, Margot est une enquêtrice pleine de surprises, c’est rien de le dire ! Elle prend même un certain plaisir à déstabiliser son entourage, mais toujours avec une bonne dose d’humour. Surtout avec le capitaine du Plessis qu’elle se plaît à taquiner.

Season One: Qu’est ce qui vous a séduit dans cette série?

Micky Sébastian: Cette série ne ressemble à aucune autre. C’est une série vraiment originale dans sa conception et dans la façon dont elle a été écrite et pensée. Et mon personnage est vraiment très original également. Je suis passé par beaucoup de séries dans le passé mais c’est la première fois que j’ai un personnage comme celui-ci. C’est une double chance pour moi car pour la première fois, on a su me faire confiance dans un registre qui n’était jusque là pas le mien.

Season One: Votre personnage a un passé lourd, et malgré ça, vous ne proposez pas quelque chose de sinistre, de triste.

M.S: Et c’est ça qui vraiment bien dans cette série. Avec ce personnage comme avec le reste de la série, tout dépend de la manière dont on éclaire les choses. Ce qui est intéressant dans Origines c’est l’éclairage que la série porte sur la police, sur Margot, sur les raisons qui peuvent pousser à commettre un meurtre. Ce n’est pas bien sûr pas la première série policière et c’est toujours difficile de renouveler le genre mais je pense que la série y arrive bien. J’ai envie de dire que le fil rouge de la série c’est l’humain. Chaque personnage de la série, y compris celui qui se révèle être le meurtrier, est vu sous l’angle de l’humain. Le spectateur est ainsi presque « forcé » à une empathie. On ne se retrouve donc pas face à des crimes crapuleux mais on est confronté aux conséquences d’un événement anodin, survenus des années plus tôt tel le battement d’ailes d’un papillon.

Season One: Malgré ce passé lourd, comment vous vous êtes imaginé le parcours qu’elle a eu pour en arriver là où elle en est aujourd’hui?

M.S: C’est justement ce passé lourd qui l’éclaire aujourd’hui et fait d’elle cet être lumineux, joviale. Margot ne serait pas ce qu’elle est dans la série si elle n’avait pas vécu ce drame passé. Elle est passée par des strates depuis son adoption enfant et tout a pris sens pour aboutir à la femme qu’elle est aujourd’hui. Margot ne s’est posée la question de ses origines qu’à la mort de ses parents adoptifs. En se posant ces questions, elle a entamé ce voyage vers elle même et ensuite vers les autres. Margot est presque un exemple d’équilibre. Elle a tout transformé en une soif de curiosité pour les autres. C’est sa manière d’échapper à elle-même et d’échapper à ce qui pourrait la maintenir au sol, l’empêcher d’avancer. Les autres sont plus intéressants qu’elle. Elle est curieuse de l’histoire des autres. Cette jovialité qu’elle a est celle des gens qui sont à leur place dans la vie.

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Season One: Quand on regarde la série, on est frappé par cette touche « so british », un peu comme chez Agatha Christie. C’est aussi ça qui vous a plu dans la série?

M.S: Oui tout de suite. Dès que j’ai lu le scénario. Rien ne peut d’ailleurs me faire plus plaisir car je suis une grande fan de tout ce qui est anglais. La série a ça en elle, avec aussi cette petite pointe d’humour caustique entre les personnages. J’espère qu’à l’avenir, la série va poursuivre dans cette direction là. Ce mélange est d’ailleurs très difficile car on se retrouve dans des histoires parfois très lourdes. J’adorerai que le public pense à cette filiation.
Dans le domaine de la série policière, il faut de tous les styles. Il y a de la série policière très réaliste, crue, violente, comme l’excellente Engrenages, à laquelle on doit pouvoir opposer une série tout aussi intéressante comme Origines qui trouve ses racines ailleurs que dans la « violence moderne », « urbaine ». Ici, la violence passe par ce moment où l’être humain prend conscience de sa responsabilité dans la mort de quelqu’un. Ça en fait du coup une violence presque très ordinaire.

Crédits© Alberto Boscogil
Source: France 3