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Mob City: L.A Confidential

Mob City: L.A Confidential
Christophe Brico

Mini série ou réellement show à part entière, difficile de définir ce qu’est Mob City, d’autant que les audiences ne sont pas au rendez-vous, hypothéquant la perspective d’une seconde saison. Pourtant lancée à grand renfort de trailers sexy, de name dropping, la nouvelle série de Franck Darabond fait un peu flop…

Mob City est une série dont la saison 1 fait six épisodes diffusés entre le 4 et le 18 décembre sur la chaîne câblée TNT, à raison de deux épisodes par soir. La série nous raconte l’histoire de la guerre entre la police de Los Angeles et la mafia locale à la fin des années 40. Il s’agit de l’adaptation d’un livre de John Burtin “L.A. Noir : The struggle for the soul of America’s most seductive city”, même si à la vision du show, on y trouve d’autres références évidentes, parmi lesquelles, pour les plus évidentes, James Ellroy pour le fond et Franck Miller pour la forme. Alignant des noms tels que Franck Darabond (The Walking Dead) comme créateur et showrunner, Simon Pegg pour l’épisode pilote et quelques apparitions ultérieures, et comme cast récurrent quelques acteurs bien connus comme Edward Burns, Robert Knepper ou Milo Vintimiglia, et un rôle titre incarné par John Bernthal (Shane dans The Walking Dead), le show avait tout pour réussir, et pourtant, les audiences ne sont pas au rendez-vous. Moins de 3 millions de téléspectateurs pour le pilote, et autour de 1,40 pour les autres épisodes, c’est, même pour TNT, une réception froide.

White Jazz

Dès l’épisode pilote on peut voir une volonté de créer une série qui a une réelle identité formelle. Tout d’abord dans la restitution du Los Angeles des années quarante. Force est de constater que les moyens ont été mis en oeuvre pour que l’immersion soit complète. Bien entendu avec le succès de séries comme Mad Men ou Boardwalk Empire, la compétition est rude, et d’autres se sont frottés à la reconstitution historique sans succès, comme Vegas la saison dernière. Qualitativement parlant, Mob City est très réussie, on est littéralement plongés dans l’ambiance noire de ce Los Angeles, des clubs de jazz et des gangsters.

Mob-City

Les épisodes sont construits de manière assez classique, mais efficace. Le pré-générique du pilote étant particulièrement réussi. En général il permet d’éclairer les personnages, soit par leur histoire (notamment dans les deux premiers épisodes), soit via des événements qui révèlent des détails de leur personnalité. Globalement, l’interprétation est un des points forts du show. En ayant choisi des acteurs solides, expérimentés, mais qui ne sont pas non plus des têtes d’affiche, Darabond s’offre un casting efficace sans que personne ne cabotine. A ce titre, par exemple, l’interprétation de Robert Knepper, que l’on a connu beaucoup exubérant, est de très bonne tenue. Enfin cette revue ne serait pas complète sans mentionner la construction visuelle de certains plans iconiques, très réussis qui impriment à eux seuls l’ambiance que le show tend à exprimer. Et c’est sans doute là, en partie, le problème de cette série.

Le Grand nulle part

Au fond, le principal défaut que l’on peut trouver dans ce Mob City est son manque cruel d’originalité. Rappelant allègrement les récents films noirs dont l’intrigue se situe au même endroit et à la même époque (de Chinatown de Polanski au Daliha Noir de de Palma en passant par L.A. Confidential de Hanson), mais plus largement le cinéma noir des 30 dernières années, jusqu’à en reproduire des plans entiers, Mob City souffre d’être dans la citation permanente. Certes l’ensemble est de bonne facture, mais, une fois de plus, cette reproduction de style nuit à l’originalité de l’ensemble. Particulièrement lorsqu’il s’agit d’une série du câble, et encore plus lorsque Franck Darabond, réalisateur de cinéma à la base (qui a quand même accouché de La Ligne verte et Les Évades), est à la barre.

L’autre principal problème de la série est qu’avec 6 épisodes, il est nécessaire de plonger directement le spectateur dans l’action. Hors, si ce dernier n’a pas une culture minimum sur le Los Angeles des années 40 et surtout la guerre de gangs qui y fit rage, il reste un peu à la porte de cette histoire. Tout l’intérêt de l’intrigue de Mob City repose sur les icônes du crime de cette époque, Bugsy Siegel et Mickey Cohen en tête, personnages qui manquent un peu d’épaisseur si l’on se contente de ce que la série offre. Dès lors, le spectateur qui a cette culture se trouve face à de la citation et celui qui ne l’a pas reste à la porte.

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Globalement Mob CIty est un show de bonne facture qui souffre de son format de diffusion, et d’une certaine manière de son sujet. Peut-être aurait-il fallut une saison plus longue pour mieux en développer l’intrigue. Reste que les audiences étant ce qu’elles sont, la série risque d’en rester là.

Crédits: TNT