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3 Commentaires

Montée en puissance pour Falco

Montée en puissance pour Falco
Alexandre LETREN

La review

LA SAISON 2
7
LE SCENARIO
6.5
LE CASTING
7.5
7

Essai transformé

Le plaisir de retrouver Falco est à la hauteur de ce que l'on voit.

Falco est une de ces séries de TF1 qui semble avoir réussi (et elles sont rares) à mettre d’accord à la fois la critique et le public. Falco montre aussi que sur TF1, on a trouvé la recette pour industrialiser les séries et dont fidéliser le spectateur.
Pour cette saison 2, Falco doit prouver qu’elle est sur la bonne voie et que le ressenti que l’on avait en saison 1 n’était pas accidentel mais réel. Et vous savez quoi? Bonne nouvelle, elle y parvient. La preuve en 3 points.

Retrouvez la critique de la saison 1 Falco: Une vie à rattraper

  1. Sagamore Stévenin porte toujours la série. Totalement chamboulé par les révélations remontées à la surface en fin de saison 1, Falco doit dealer avec le fait que c’est son meilleur ami qui aurait tenté de l’assassiner. Je dis « aurait » car je ne peux m’empêcher de repenser à ce que lui dit sa psy en saison 1, que son cerveau peut fabriquer des images qu’il croit vraies. En attendant de démêler le vrai du faux, Falco doit enquêter sur son ami et ce qu’il découvre ne fait qu’accentuer ses doutes. Le jeu de Stévenin est toujours assez juste et touchant.

    En saison 1, il devait réapprendre à vivre mais cette révélation semble lui remettre la tête sous l’eau et du point de l’évolution d’un personnage, c’est vraiment intéressant à voir. Face à ce personnage, la relation avec Chevalier semble presque artificiel. Mais ce n’est pas propre à Falco, j’avais déjà eu l’occasion de le mentionner sur Caïn ou Candice Renoir.
    Dans l’épisode 3 « Au clair de la lune« , face à un groupuscule d’ultra gauche, ce sont ses idées politiques que l’on découvre un peu. Dommage d’ailleurs que le format « saison courte » ne permette pas d’approfondir un peu plus la question car sa réaction face à l’un des membres du groupuscule aurait mérité plus de développement (la question de choisir entre ses idées ou la justice est assez intéressante).

    « Dans le dernier épisode de la saison 1, Falco ne savait pas si la vision de Ménard tirant sur lui était une image subliminale ou un réel souvenir. Au début de cette deuxième saison, il entame une enquête sur son meilleur ami. Il va découvrir que cet homme n’est pas celui qu’il a prétendu être. Plus Falco se rapproche de la vérité, plus elle s’avère difficile à accepter. Quand il se rend compte que les secrets de Ménard mettent en danger sa propre famille, Falco est au bord de l’épuisement et proche de la folie. » (Sagamore Stévenin)

    Enfin, moment sympa bien que trop court lors d’un face à face entre Sagamore et son papa, Jean-François Stévenin dans l’épisode 2, papa qui joue ici un pédophile que Falco doit apprendre à cerner (l’acteur est d’ailleurs assez glaçant dans le rôle).
    Falco2

  2. Des histoires policières plus fouillées. La série a gagné en maturité et en intérêt au niveau de ses histoires policières. La série interroge davantage notre société et notre époque même si on n’évite pas les sujets déjà rabattu comme les criminels de guerre de l’ex Yougoslavie. Mais l’épisode 3, inspiré d’un fait divers des années 70, se concentre sur la radicalisation des mouvements d’extrême gauche. Sur une idée apportée par Sullivan Le Postec (ancien du Village) qui a aussi participé à l’écriture, l’histoire est vraiment haletante et on aurait d’ailleurs vraiment aimé qu’elle dure plus longtemps et aille plus loin encore. En le voyant, je me suis souvenu d’un article que Sullivan avait écrit sur le téléfilm de Frédéric Tellier, Les robins des pauvres et qu’il avait adoré (ici), au thème plutôt proche. Merci au passage d’avoir pour l’occasion recruté la jeune Camille Claris (Clash, 1788 et demi) qu’il est toujours grandement plaisant de  retrouver.
    L’épisode 2 nous met face à un mystère intense quand une jeune est retrouvée morte alors qu’elle est supposée avoir été tuée plus de 15 ans avant par un pédophile. L’occasion de revoir avec toujours le même plaisir l’excellent Geoffroy Thiebault de Braquo. Bon il est toujours flic mais c’est tout de même agréable (relisez notre dossier consacré à Vogel, un vrai bon méchant de fiction)
  3. Un fil rouge toujours parfaitement distillé. On le rappelle mais la particularité de Falco c’est d’être feuilletonnante avec une intrigue portant sur la tentative d’assassinat dont il a été victime. La série a pour l’instant l’intelligence de ne pas chercher à tout prix à complexifier l’intrigue ce qui permet, vu le format des saisons, de semer des indices de manière relativement adroite. Plus maladroite en revanche est la façon dont ces parties feuilletonnantes sont mélangées à l’intrigue de l’épisode en cours. Par exemple, on peine à croire que, dans l’épisode 3, face à la menace des « pierrots », Falco puisse s’arrêter ne serait ce que 5 minutes pour aller voir un informateur qui enquête sur son propre mystère. Ça ne ressemble pas au personnage de préférer se mettre en avant de cette manière. Mais une fois ces maladresses mises de côté, on se passionne vraiment pour cette intrigue qui contribue grandement à rendre cette série intéressante sur le long court.

falcoBon une fois de plus, la série n’est pas parfaite. Le développement des personnages secondaires, notamment les partenaires de Falco est toujours à ce stade aussi mince (même si une fine histoire d’amour semble commencer à se dessiner pour Chevalier). A mi saison, les interactions entre Falco et sa fille (jouée par la talentueuse Marie Béaud) ont quasiment totalement disparu et c’est bien dommage car cela fonctionnait plutôt bien. Mais, à l’inverse, tout le pan de l’histoire familiale ne sert finalement pas à grand chose si ce n’est à ralentir l’intrigue. Je serai cependant modéré sur cette partie là de la série car si c’est vrai sur des saisons courtes de 6 épisodes où ça doit aller vite et où il y a assez à faire avec l’intrigue de l’épisode+ le fil rouge, ça peut se révéler bien plus intéressant dans le nouveau format de la série en saison 3 soit 12 épisodes.

Globalement cette saison 2 de Falco est toujours aussi agréable. La série gagne en maturité et en intensité. Grâce au toujours génial Sagamore Stévenin, la série et la chaîne se sont trouvées un solide héros de fiction, à la fois touchant et solide, qui en a sous le pied, à l’aise dans tous les registres (du drama à l’action pure). Avec le personnage de Chloé dans Profilage, Falco est le personnage de fiction made in TF1 vraiment intéressant, avec un réel potentiel sur plusieurs saisons. L’essai est donc transformé en saison 2 et ça fait vraiment plaisir (nous reviendrons ultérieurement sur la façon dont la série va gérer sa fin de saison). 

Crédits: Bruno Alois /TF1