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2 Commentaires

Mozart in the jungle: En avant la musique!

Mozart in the jungle: En avant la musique!
Fanny Lombard Allegra

C’est un bonbon, une petite douceur. Un peu comme ces mini-paquets de fraises Tagada que l’on déguste l’une après l’autre, en vidant le sachet sans même s’en apercevoir. Produite par Amazon, la série Mozart in the Jungle compte à peine une dizaine d’épisodes qui se regardent à la chaîne et qui vous laissent repu, le cœur léger et un sourire aux lèvres.

Basée sur un livre à succès intitulé « Sex, drugs and classical music« , la série raconte les dessous du philarmonic orchestra de New York à travers les préparatifs de l’ouverture de la saison. Elle s’attache plus particulièrement à deux personnages que l’on suit quasiment en parallèle : d’un côté, la jeune hautboïste Hailey, qui rêve de rejoindre les rangs du prestigieux ensemble ; de l’autre, le chef d’orchestre Rodrigo de Souza, prodige aussi talentueux qu’excentrique, venu succéder au maestro Thomas Pembridge.

L’un des points forts de la série tient sans conteste à sa galerie de personnages. En premier lieu, les deux chefs d’orchestre que tout oppose : Rodrigo, le jeune et extravagant génie déjanté (brillant Gael Garcia Bernal) se heurte à Pembridge (Malcolm McDowell), maestro de la vieille garde, austère et tyrannique. Ils ne sont pas sans évoquer respectivement Gustavo Dudamel et Herbert Von Karajan. S’ajoutent les musiciens eux-mêmes : la jeune Hailey (Lola Kirke) qui tente d’intégrer l’orchestre ; sa rivale et mentor, hautboïste chevronnée de l’orchestre ; la talentueuse violoncelliste, accessoirement maîtresse de Pembridge ; le percussionniste baba cool qui deale des médicaments ; l’ex-femme de Rodrigo, violoniste hystérique adepte des « performances » engagées (qui m’a fait penser à Angela Gheorghiu)… Mais aussi la colocataire d’Hailey, son petit ami danseur, la directrice de l’opéra, un blogger passionné (incarné par Jason Schwartzman, l’un des créateurs de la série). Autant de personnalités hautes en couleur qui se croisent au fil des épisodes, donnant vie à un univers centré sur la musique classique.

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Car toute la vie des héros tourne autour de la musique : répétitions, cours et leçons, exhibitions… ou encore levées de fonds pour l’opéra, interviews, lancements médiatiques, et même relations amoureuses ou amicales. A l’instar d’Hailey, qui depuis son plus jeune âge a tout sacrifié à sa passion et à sa carrière, chacun des membres de l’orchestre ne vit que par et pour son art. C’est justement l’autre qualité de Mozart in the jungle : s’il est facile de mettre en scène des musiciens, filmer la musique est beaucoup plus délicat. Ici, on ressent parfaitement l’exaltation qui porte les personnages, la part d’inspiration et la part de travail, la combinaison de talent et d’efforts nécessaires à l’éclosion du génie. C’est évident chez un Rodrigo par nature expansif ou chez une Hailey en plein essor, mais cela transparaît par touches chez tous les musiciens, et même pour l’ensemble de l’orchestre.

Comme le laisse entendre le titre du livre, le petit monde de la musique classique est ici bien moins sage qu’on pourrait le supposer : entre deux répétitions, on boit, on couche, on se shoote aux médicaments, et si l’harmonie règne entre les instruments, il n’en va pas forcément de même entre les musiciens. Pour quelques amitiés sincères et malgré une ambiance finalement assez bonne enfant, il y a beaucoup de rivalités entre ces artistes à l’égo surdimensionné et en perpétuelle compétition. Cependant, le ton n’est jamais acide, et on reste toujours dans le registre de la comédie. Du comique de situation, des saillies et réparties parfois faciles, parfois plus fines – dont certaines raviront les amateurs de musique classique – donnent à l’ensemble une atmosphère légère et très agréable.

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Mozart in the jungle ne manque donc pas d’atouts : des personnages vivants et dynamiques, une thématique originale et bien développée, du rythme et de l’humour. En dépit de quelques clichés sur la vie bohème des artistes new-yorkais ou des acteurs au jeu parfois un peu outrancier, il n’est pas difficile de se laisser porter par cette délicieuse petite musique, joyeuse et enlevée. Réjouissante, fraîche et drôle, voilà une série à déguster allegro, prestissimo !

Crédits: Amazon

  • Adele

    Je viens aussi de la découvrir et je suis 100% d’accord avec ta critique ! La série n’est pas exempte de défauts, et je trouve qu’elle aurait gagné à se jouer sur un mode drama en 45 minutes plutôt que sur une dramédie de 30 minutes, mais il reste que je savoure chaque épisode.

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