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Pilote d’essai: Code Black (CBS)

Pilote d’essai: Code Black (CBS)
Charlotte Calignac

La review

Pilote
7
Casting
7
Scénario
6
Réalisation
8
Envie de voir la suite
6
6.8

Du potentiel

Code Black est une des nouvelles séries médicales de la rentrée, diffusée sur CBS. Elle vient rejoindre le paquet de séries du même genre qui existent déjà pour nous dire à quel point c’est dur d’être médecin et qu’il faut bien commencer.

Ce qu’il y a de bien avec cette rentrée, c’est que je n’ai eu le temps de me renseigner sur rien du tout. Ce qui fait que j’ai regardé ce pilot en n’ayant pas la moindre once d’idée de ce que ça pouvait raconter, de ce à quoi ça pouvait ressembler.

La série, dont le titre est expliqué dès le premier carton, est inspirée d’un documentaire du même nom. Code Black, c’est le code utilisé pour décrire une situation où le nombre de victimes dans les urgences dépasse bien largement les ressources existantes au sein de l’hôpital (en gros : c’est la méga merde). Apparemment, en moyenne, ça arrive 5 fois par an dans un hôpital lambda. Dans un hôpital bien précis de Los Angeles, c’est une occurrence qui se répète jusqu’à 300 fois.

En lisant ce premier carton, j’ai immédiatement levé les yeux au ciel : « et c’est reparti ! Une nouvelle déclinaison de Grey’s Anatomy où des jeunes beaux se foutent de leurs patients et veulent juste opérer pour se faire plaisir… Ou la la c’est duuuuur de travailler 12 heures la nuit avec les gens qui crient et les pauvres qui ne peuvent pas se payer une clinique privée ! »

Et j’ai été, par conséquent, assez agréablement surprise.

Disons-le bien : la série a des dialogues un peu merdiques/clichés du style « Tu es le médecin qu’ils veulent. Je suis le médecin dont ils ont besoin. » (pour de vrai), et autres « ton doigt est littéralement la seule chose qui maintient cet homme en vie ! ». Rien que ça. À première vue, la série ne peut que provoquer une sensation atroce d’avoir déjà vu la même chose, et probablement faite en mieux.

Malgré tout, il y a de réelles forces qui font que je pense que la série mérite d’être regardée sur plusieurs épisodes. D’abord, on sent véritablement l’inspiration « documentaire » : l’hôpital de Los Angeles correspond à un semblant de réalité en ce qu’il est vieillissant, en cruel manque d’argent et de place, avec des lumières blafardes et des gens tentent de nettoyer un sang salissant qui a du mal à partir. On est loin du Sloane Memorial où il fait hyper lumineux et bien propre partout même pendant une intervention au milieu de gens sortis de débris.

CodeBlack

Même dans la description des personnages, on parvient à ne pas trop tomber dans les clichés habituels : bien sûr tous les personnages semblent avoir une part d’ombre ou de « secret », mais on sent qu’ils sont déjà leur propre personne, et surtout on nous épargne des personnages systématiques (comme la typique « bitch » éculé). De manière générale, les personnages cherchent tous à s’entraider, pas nécessairement à dominer les autres et ça aussi c’est rafraîchissant. Chez les plus expérimentés, on sent aussi de véritables relations derrière les phrases échangées. Je n’ai à aucun moment eu du mal à croire que l’infirmier en chef et notre héroïne étaient amis depuis longtemps. C’est appréciable.

Le chaos des urgences est assez convaincant, notamment par la quantité de monde qui fourmille partout, à tout instant — même si c’est bien entendu poussé à son paroxysme. Difficile de croire qu’un médecin parvienne à sauver tous les cas de la semaine, perçant un crâne d’un côté, pilotant une césarienne d’urgence par téléphone et écoutant le mec se faire remettre sa jambe en place… Ceci dit, là encore : cet aspect brouillon, chaotique à l’excès, ce brouhaha et les mouvements perpétuels sont des choses qu’on ne voit pas dans les autres séries et qui donnent envie de revenir parce que même si on ne comprend rien et qu’on a à moitié envie de vomir en même temps que certains patients, la réalisation s’attache à faire de nous des internes invisibles, des fantômes errants dans les couloirs aux côtés de nos héros.

De part cette apparente volonté de décrire autre chose que les habituelles coucheries, Code Black laisse entrevoir aussi la possibilité d’aborder d’autres sujets que les séries médicales ne font qu’effleurer. Code Black offre le décor parfait pour évoquer l’éclectisme de Los Angeles dans toute sa diversité économique, sociale, ethnique, et explorer également les dynamiques que cette diversité implique. J’espère aussi que cet effort de ne pas embellir les locaux de l’hôpital témoigneront d’une volonté d’aborder les déboires du système social américain : la nécessité de renvoyer des patients lorsqu’ils n’ont pas de couverture sociale, ou par manque de temps et rentabilité, la difficulté d’obtenir des résultats ou des équipements qui sauveraient des vies, etc.

Est-ce que la formule hyper blindée du pilot pourra tenir sur le long terme ? J’en doute. Là, j’ai recensé 5 cas médicaux se déroulant quasi-simultanément, et ce sont des cas assez « bateaux ». Comment maintenir une telle cadence sur plusieurs épisodes, sur de multiples saisons ? J’émets de sérieux doutes sur la pérennité de ce format de récit.

Et la question finale : est-ce que le monde a vraiment besoin d’une série médicale en plus ?

Je pensais que non. Mais il y a un potentiel dans celle-ci qui mériterait d’être exploité.

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