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Pilote d’essai: Dickensian (BBC ONE)

Pilote d’essai: Dickensian (BBC ONE)
Christophe Brico

La review

PILOTE
3
CASTING
6
SCENARIO
3
REALISATION
1
ENVIE DE VOIR LA SUITE
2
3

Inutile

Voir revenir Charles Dickens dans une adaptation sur la première chaîne britannique n’est pas très surprenant. Son “Conte de Noël”, classique absolu du genre, lui octroyant un place de choix dans l’univers culturel de cette période, pour les Anglais, bien sûr, mais très au-delà. Dickensian propose un projet un peu différent : prendre les personnages iconiques de l’ensemble de l’oeuvre du romancier et construire autours d’eux une histoire originale, qui les mélange tous, un peu à la manière de Once upon a time.

Last Christmas (Carol)

Petit résumé du point de départ de cette série : Veille de Noël. Jacob Marley collecte les dettes de Grand-père, qui est rapidement soulagé par le fait que Nell sorte de sa maladie. Amelia Havisham Apprend de M. Jaggers qu’elle a hérité de la plupart des biens de son père, et son frère, Arthur, enragé par la nouvelle, met en scène une bagarre, que son complice, Meriwether Compeyson, jouant le passant innocent, gagne, lui permettant d’escorter Amélia chez elle. A la demande de Marley, Fagin envoie Sikes amener Nancy au magasin de prêt sur gage. Bob Cratchit arrive tant bien que mal à réunir un repas pour sa famille. Marley est retrouvé mort dans une ruelle.

Diffusé entre le 26 décembre 2015 et le début de l’année 2016, Dickensian est composé de 20 épisodes de 30 min. Le créateur de la série, et scénariste de nombreux épisodes, Tony Jordan, principalement connu pour Eastenders et Life on Mars, fait ici la tentative de mettre ensemble les personnages iconiques des œuvres de Charles Dickens, le tout dans un histoire originale, mais tout de même cohérente avec l’univers victorien de l’auteur, ses grand thèmes, tout en détournant les dits personnages, histoire quand même de surprendre le spectateur. Pour en traduire l’idée, ce serait un peu comme prendre l’ensemble des personnages iconiques de Victor Hugo, et de les réunir dans une unique histoire, originale, en jouant sur les clichés tout en les détournant, avec par exemple une Fanny tenancière de bordel. Vous voyez l’entreprise. L’aspect culturel de la série est fondamental, mais nous y reviendrons plus loin.

Le cast réuni a peu près tout ce que la télé anglaise peut offrir, avec notamment Tuppence Middleton (la DJ Riley de Sense8), Sophie Rundle (Episodes), Ned Dennehy (Da Vinci’s Demons), Karl Johnson (Rome) ou encore Peter Firth (Total Recall 2070). L’ensemble du cast fait le job, incarnant de manière assez naturaliste ces icônes du 19e siècle, avec une direction d’acteurs assez théâtrale. Ce qui nous amène à la forme. Pur produit de la télé anglaise, Dickensian s’inscrit totalement dans ses œuvres du petit écran qui se veulent être des classiques avant même d’avoir été des nouveautés. Décors naturalistes du Londres victorien, musique de fond parcimonieuse, silences. Bref, vous l’aurez comprit, Dickensian sur la forme n’est pas révolutionnaire.

dickens2

(Oliver) Twist and shout

Il faut sans doute dire un mot de Tony Jordan avant d’entamer cette ultime partie de review. En effet, le type se définit comme un “artiste” (I’m an artist, not a fucking arse licker” / “Je suis un artiste par un putain de lèche cul”, dit-il en parlant de sa relation avec les executifs de télé). La première chose surprenante que l’on puisse dire sur Dickensian est que la série est sans doute tout sauf artistique.

Ensuite, sans doute faut il dire un mot sur l’autre auteur important de cette série : Charles Dickens. En effet, si Dickens est loin d’être un inconnu par chez nous, il fait intimement partie de la culture anglo-saxonne, et son oeuvre souffre, par conséquent, d’une certaine méconnaissance dans notre monde francophone. C’est sans doute la première douleur lorsqu’on regarde Dickensian. A moins d’être un exégète de l’oeuvre de l’auteur, il est peu probable que le spectateur de culture française (ou soyons large, francophone) distingue toutes les subtilités apportés au traitement des personnages.

Enfin, sur la forme. Comme évoqué au début de cet article, la série est tout sauf originale dans sa mise en images. Plans académiques, montage sans rythme, sont parmi les défaut de mise en scène les plus notables mais pas les seuls. Le traitement naturaliste, l’écriture sans doute limitée par les œuvres originales, participent d’un rythme extrêmement lent, d’un storyboard un peu fouillis. On ne sais pas vraiment ce qu’on nous raconte, quel est le point de focus, quels personnages sont plus importants que les autres, même à l’échelle d’un unique épisode. D’autant que les épisodes sont relativement courts en temps, 30 min. Relativement courts en temps, certes, mais tellement longs en ennui.

Dickensian

Dickensian est définitivement une série qui s’adresse a un public qui a un rapport intime, charnel à l’oeuvre de Dickens. Le spectateur de culture francophone manque des codes pour profiter de l’ensemble des subtilités de la série, et, dès lors, reste à la porte de la série, côté extérieur.

Crédits: BBC