Image Image Image Image Image Image Image Image Image Image
Scroll to top

Top

Pas de commentaires

Pilote d’essai: Manhattan (WGN America)

Pilote d’essai: Manhattan (WGN America)
Christophe Brico

La review

Pilote
7
Scénario
7
Casting
7
Envie de voir la suite
8
7.3

A voir!

Il semble que WGN America soit la petite chaîne qui monte. Après avoir produit et diffusé Salem, le nous offre une nouvelle série cet été : Manhattan, diffusée depuis le 27 juillet, et prévue pour un run initial de 13 épisodes. Créée par le tout jeune Sam Shaw, qui fut scénariste sur Masters of Sex, solidement secondé de Thomas Schlamme, ancien sidekick télévisuel d’Aaron Sorkin, la série nous raconte l’histoire de la création de la première bombe atomique. Bienvenue dans l’ère nucléaire.

Enola Gay

Depuis quelques années, force est de constater que les séries “historiques” ont le vent en poupe. On pensera naturellement à Mad Men ou encore Masters of Sex dont le créateur de la série qui nous occupe est issu. Pas étonnant que WGN America, qui cherche à se construire une marque avec du contenu de qualité, choisisse cette approche. Revenons sur le sujet.

Manhattan suit le destin de scientifiques participant au projet du même nom, dans une “ville” artificielle de la région de Los Alamos. L’histoire nous est racontée principalement via deux familles : Celle du Dr. Winter (John Benjamin Hickey), qui travaille sur un projet alternatif à celui principalement développé par les équipes du Dr. Oppenheimer (considéré comme le père de la bombe), et celle du Dr. Isaacs (Ashley Zuckermann), jeune diplômé fraîchement débarqué et qui cherche à participer à tout prix à l’effort de guerre. On comprend assez vite que l’environnement ultra-controlé de cette ville de chercheurs constitue également un enjeu dans le destin des personnages. Tout commence le 03 juillet 1943…

Avant toute autre considération, il faut bien avouer que globalement ce pilote tient la route. L’environnement est crédible, le sujet nouveau à la télévision, le cast correct et la mise en scène suffisamment dynamique pour donner à ce sujet qui peut paraître aride un réel rythme. On est rapidement plongés dans un univers où la paranoïa règne, et dans lequel l’intimité de chacun peut à tout moment être violée au nom de “l’intérêt supérieur de la nation”. Finalement, le principal défaut du show, qui pourrait devenir réellement gênant dans la durée, est l’angle politique du script. En effet, et le personnage du Dr. Winter le dit clairement dans le pilote, le postulat est en gros de dire que toutes les puissantes nations vont finir par trouver la bombe atomique, mais que la première à y parvenir déterminera la doctrine du monde. Sous entendu, si les américains parviennent à la développer en premier, ils garantiront une longue ère de paix à la force de l’atome. Si ce postulat n’est pas totalement débile, il n’en reste pas moins qu’à ce jour les USA sont la seule et unique puissance militaire à avoir jamais fait usage de l’arme de destruction massive la plus puissante que l’homme ait jamais conçue!

manhattan2

Atom Heart Mother

Globalement le cast, assez fourni, est plutôt bien vu, notamment au niveau des personnages féminins. Les personnages de Liza Winter (Olivia Williams), botaniste de formation qui sans doute va comprendre les dangers de la radioactivité, campe une femme intelligente et qui comprend les enjeux, à l’opposé du personnage d’Abby Isaacs (Ashley Zukermann) qui elle est l’archétype de la femme au foyer des années 40. Le principal bémol est sans doute, dans le pilote, sur le personnage d’Oppenheimer (Daniel London), dont la performance d’acteur a du mal a arriver à la hauteur de l’icône qui nous est présentée au début de l’épisode. Néanmoins, il est plus que probable que ce personnage restera secondaire, une sorte de diable que l’on sort de sa boîte aux moments cruciaux.

Au chapitre de la mise en scène, Thomas Schlamme réalise ce premier épisode. Grand monsieur de la télé, considéré comme le papa du fameux “walk and talk”, cher au show d’Aaron Sorkin, le réalisateur nous propose un épisode de bonne qualité, mais sans éclat particulier. Il est d’ailleurs amusant de voir au cast de ce pilote David Harbour, qui joue dans The Newsroom et l’annonce de Richard Schiff dans les épisodes à venir, ancien de The West Wing. Néanmoins, on sent dans cette série que l’attention a été portée aux détails qui font vrai, à la façon de vivre de l’époque et notamment aux questions morales, qu’elles soient de grande envergure ou totalement triviales.

manhattan3

Au final, ce qui fera ou non la réussite de Manhattan réside sans doute dans deux grands axes narratifs. D’un côté la fabrication de l’arme de destruction massive la plus puissante que l’humanité ait jamais conçue, les dilemmes moraux qui en découlent, la passion scientifique dont elle est issue et les conséquences inattendues, physiques et morales, qu’elle induit. De l’autre côté, il y a ces familles qui vivent dans cette ville artificielle au milieux du désert, totalement contrôlée par l’armée, occupée en partie par des indiens qui vivent “comme des prisonniers” (ce que dira le personnage d’Abby Isaacs), et dans laquelle le secret est la règle.

Manhattan est un projet ambitieux, qui parle d’un moment particulier de l’histoire qui va définir les 50 années suivantes, et c’est bien ce que l’on nous annonce avec l’accroche de la série : Nuclear Family.

Crédits: WGN America