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Pilote d’essai: Scorpion (CBS)

Pilote d’essai: Scorpion (CBS)
Christophe Brico

La review

Pilote
5
Scénario
5
Casting
7
Envie de voir la suite
6
5.8

En probation

Après le ratage la saison dernière d’Intelligence, CBS s’engage à nouveau dans la diffusion d’un drama d’action et d’enquête, sous la plume, notamment, de Roberto Orci et Alex Kurtzman. nous racontant l’histoire d’une bande de génies asociaux, réunis pour combattre toute sorte de menaces. Premier regard.

Band of brothers

Voila un beau challenge que celui de rédiger la critique du pilote de Scorpion. En effet, la série a des défauts évidents, nombreux, et pourtant il y a quand même quelque chose qui fonctionne dans ce pilote. Mais commençons par expliquer de quoi il en retourne.

Walter O’Brien est un génie. Découvert jeune par les forces de l’ordre, sous le pseudonyme de “Scorpion”, nous comprenons que ses premières années n’ont pas été simples. Plusieurs années plus tard, il a réuni autours de lui une équipe de petits génies, chacun dans leur domaine, un super matheux, une super mécano, un super psy. Contactés par la Homeland Security, et avec l’aide d’une serveuse dont le fils est surdoué, ils mettront leur capacité à l’oeuvre pour empêcher une catastrophe.

14 millions de personnes ont suivi le pilote de Scorpion

Commençons par l’évidence : Scorpion a tout au départ du mauvais procedural high-tech. Des situations totalement artificielles, des personnages qui se définissent essentiellement par leur fonction, une accroche dont on pressent la conclusion dès les premières minutes, des dialogues explicatifs, au cas où l’on ne comprenne pas bien qui fait quoi, et une intrigue d’épisode qui ne sert que de prétexte à mettre en jeu les différentes capacités de tous les personnages. Bref, ce pilote devrait être l’exemple parfait de ce qui ne fonctionne plus auprès du public de 2014. C’est d’ailleurs une des caractéristiques de la série, un vrai côté old school qui fait un peu penser aux séries des années 80 dans lesquelles mettre en scène un groupe sympa, même avec des intrigues moyennes, suffisait à assurer un succès.

Tout n’est pas objectivement raté. Au chapitre du cast on notera la performance de Elyes Gabel (que l’on a pu voir dans Game of thrones et Body of proof) qui tient plutôt bien son personnage et embarque le reste du casting. Autour et parmi les têtes connues, on trouvera Robert Patrick (X-Files) un peu moins monolithique qu’à l’accoutumée, et Katharine McPhee (Smash) qui, si elle n’a pas une partition qui mette son jeu réellement en valeur, nous offre quelques instants touchants dans ce pilote. Ensuite, il y a cette galerie de “génies”, Eddy Kay Thomas, Jadyn Wong et Ari Stidham, qui, eux aussi, doivent porter des dialogues essentiellement fonctionnels, mais laissent entrevoir des personnages plutôt sympathiques à suivre. Le tout est dirigé par le showrunner Nick Santora dont on a pu voir le travail sur Prison Break, notamment, et qui ne brille pas ici par un point de vue d’une grande originalité, c’est le moins qu’on puisse dire.

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Rain man

Avec pour point de départ l’histoire de Walter O’Brien qui existe vraiment (c’est d’ailleurs un des producteurs du show), jeune hacker connu sous le pseudo de Scorpion, et aujourd’hui patron de son entreprise Scorpion Computer Services. Disons le tout de suite, cette origine de la série, avec la mention “Inspirée d’une histoire vraie”, n’a réellement aucun intérêt.

Mettre en scène des surdoués comme accroche à une série n’est pas nouveau. Depuis Numbers les expériences se succèdent et échouent les unes après les autres. On pensera au Mind games (ABC) de la saison dernière qui ne dépassa pas le stade de pilote diffusé. Dès lors on se trouve avec Scorpion devant une recette connue, sur un terrain très balisé. Et ce pilote n’en sort pas vraiment nous offrant tous les poncifs du genre. Et pourtant, force est de constater qu’il y a quand même des petites choses qui fonctionnent dans ce pilote.

Tout d’abord sur l’épisode lui-même, on assiste a un crescendo d’action plutôt inattendu, qui va de scènes relativement statiques (devant un ordinateur, des papiers, des trucs à bricoler), jusqu’à une poursuite voiture de sport-avion de ligne qui est, pour de la télé, un petit morceau de bravoure.

Ensuite, il y a en sous texte de la série un discours sur la différence qui est plutôt justement mené. En effet, si cet angle n’a, là encore, rien de nouveau, le quatuor formé par le héros, la serveuse, son fils et l’agent de la Homeland security trouve un équilibre et quelques scènes, dont la conclusion du pilote, qui fonctionnent plutôt bien.

Evidemment cela n’est pas suffisant pour faire de Scorpion une bonne série, mais c’est en revanche assez pour donner envie d’aller à l’épisode 2.

Au final, Scorpion nous offre une série qui a tout pour se planter, et pourtant, arrivé au générique de fin il y a quelque chose qui donne envie d’y revenir. Sans doute l’écriture de Kurtzman et Orci, maîtres dans la capacité de jouer avec les codes les plus convenus, n’y est pas pour rien. La suite nous dira s’ils dépassent les faiblesses inhérentes du show pour en faire quelque chose qui tient la route.

Crédits: CBS