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Pilote d’essai: The Expanse (SyFy)

Pilote d’essai: The Expanse (SyFy)
Christophe Brico

La review

PILOTE
9
CASTING
8
SCENARIO
8
REALISATION
8
ENVIE DE VOIR LA SUITE
9
8.4

“Dans l’espace, personne ne vous entendra crier”

Prévu en diffusion le 14 décembre prochain, le pilote de la nouvelle série de SyFy The Expanse est d’ores et déjà disponible en streaming sur le site de la chaîne. Adapté des romans éponymes de James S.A. Corey (nom de plume du duo Daniel Abraham et Ty Franck), la série nous plonge dans un récit de space-opéra, à mi-chemin entre le polar noir, l’épouvante spatiale et la conspiration inter-galactique. Disons-le dès cette introduction : c’est de la bonne !

“There’s no I in threesome” (Interpol)

200 ans dans le futur, le système solaire est colonisé. Mars est une colonie militaire, et la ceinture d’astéroïdes une zones de ressources ou les gens vivent en gravité basse. Dans ce contexte, nous suivons 3 histoires en parallèle. Une jeune femme prise au piège dans un vaisseau, qui finit par se libérer et découvrir l’horreur. Un vaisseau commercial qui répond à un appel de détresse, et un détective de la base Ceres dans la ceinture d’astéroïdes qui se voit confier la tâche de retrouver un disparue. Bien entendu, ces trois chemins n’en feront rapidement qu’un.

On assiste depuis cet été à un retour du space-opera à la télévision. En effet, SyFy avait déjà programmé deux séries canadiennes Killjoys et Dark Matter qui, toutes deux avec des univers similaires et des moyens relativement modestes, proposaient des bonnes vieilles histoires spatiales. Avec The Expanse on est clairement au niveau au dessus, tant en termes de fabrication que d’écriture. Proposant une histoire qui navigue à la fois sur l’épique, avec des intrigues dont on nous annonce dès l’ouverture du pilote qu’elles pourraient avoir des conséquences à l’échelle de l’ensemble de l’univers connu, mais aussi sur les détails du quotidien de ce futur du 23e siècle, on se trouve plongé dès le pilote dans cet univers dont on nous offre toute une série de détails amusants et immersifs.

The Expanse

Il faut dire que ce pilote a été scénarisé par Mark Fergus et Hank Ostby, dont les faits d’armes incluent le scénario du film Les Fils de l’Homme, chef d’oeuvre absolu d’Alfonso Cuaron, et qui ont été nominés aux oscars pour cela. Ca commence plutôt pas mal. Le duo est d’ailleurs showrunner de la série, en trio avec Naren Shankar, qui a déjà fait ses armes sur des séries telles que Farscape, Star Trek: Deep Space Nine, Star Trek: Voyager, ou encore plus récemment Almost Human. C’est donc une solide expérience de SF qui est aux commandes du show. SyFy ne s’y trompe d’ailleurs pas puisque la série est dès le départ commandée pour une saison de 10 épisodes, et avant même sa diffusion, et l’écriture de la saison 2 est annoncée. Aux commandes de la réalisation, on rencontre Terry McDonough, qui a officié sur Breaking Bad mais surtout et plus récemment sur Adventures of Space and Time, autour du mythique Doctor Who. Force est de constater à la vision de se pilote que c’est sans doute sur cette série que le réalisateur se révèle, proposant quelques passages visuellement très intéressants.

Au coeur du cast, il y a en premier lieu un duo masculin, qui d’ailleurs au stade du pilote ne se rencontre jamais. Tout d’abord Thomas Jane, qui interprète le rôle du détective Miller, natif de la ceinture d’astéroïdes, rude et parfois violent. On a pu voir l’acteur dans la série Hung. Steven Strait, que l’on connait un peu pour Magic City, endosse le rôle Jim Holden, jeune officier d’un vaisseau commercial promu Officier en second ou XO, suite à la crise mentale de son prédécesseur (qui d’ailleurs n’est pas un inconnu des amateurs de Breaking Bad, puisqu’il est interprété par Jonathan Banks), et n’a aucun désir pour aucune forme de responsabilités. Enfin, il faut citer Florence Faivre, jeune actrice franco-thai, qui a un role relativement secondaire, mais tout de même… Cocorico

“I got a spaceship in the yard” (The Vines)

Le pilote commence d’une manière presque archaïque aujourd’hui : des panneaux texte nous expliquant le contexte de l’univers de dans 200 ans. Méthode de moins en moins utilisée, mais qui permet ici de se plonger directement dans cette histoire en évitant des scènes artificielles qui accomplissent le même but. C’est efficace, car, dès ces quelques secondes passées, on est plongé dans une série de SF qui est à la fois moderne, cohérente, et parfois novatrice.

Expanse

 

En effet, nous suivons ces trois intrigues (en réalité deux principalement, la partie centrée sur Julie Mao ne constituant qu’une petite séquence), qui permettent, dès le pilote, de poser les enjeux et l’univers, sans perdre trop de temps à l’exposition de ceux-ci. Au-delà de l’intrigue seule, il faut s’attarder un peu sur le ton de la série. En effet, il y a une volonté claire de modernité et de maturité dans The Expanse. Contrairement à ce qui se fait souvent dans le space-opera, ce ne sont pas ici des personnages lisses et des situations quasiment symboliques qui nous sont proposés, mais de la chair, du sang et de la sueur. Puisant sans doute plus son inspiration dans le cinéma, de Alien à Bladerunner en passant par Outland, la proposition de The Expanse est celle d’un univers adulte, relativement sombre et violent, dans lequel, comme on nous l’annonce dans l’introduction, le monde connu est au bord d’un conflit majeur. Personnages en teintes de gris, environnements spatiaux dangereux, on retrouve dans la série une vision moderne de la science-fiction.

Visuellement le pilote est également très réussi. Bien entendu il y a la qualité technique, cela parait normal, mais le genre est souvent créé à l’économie, avec des images digitales de qualité moyenne, et des décors studio limités et grossiers. Ce n’est pas le cas ici. Dès le pilote on nous offre quelques jolies séquences telles qu’une scène de sexe en apesanteur, ou encore un long plan séquence suivant un drône qui nous fait littéralement visiter la station Ceres. La série s’ouvre sur un épisode qui est intriguant, tant dans son fond que dans son ton. En effet, les trois intrigues que l’on suit nous offrent trois “tonalités” différentes : Un polar avec le Détective Miller sur Ceres, une aventure spatiale avec l’officier Holden et enfin un thriller d’épouvante claustro avec Julie Mao. Et pourtant, dans le même temps, les connections entre ces différentes histoires, et d’une certaine manière ces différents environnements narratifs se font et tiennent la route.

the-expanse-02

A l’échelle du pilote seul, The Expanse promet d’être une des meilleures séries de SF que l’on a vu depuis longtemps. Presque une série luxueuse si on la compare à ce qui se fait depuis plusieurs années. Renouant avec une production cinq étoiles, qu’elle n’avait pas connue depuis Battlestar Galactica, SyFy nous offre enfin une série dans la modernité, reste à savoir si la promesse du pilote sera tenue sur la saison.

Crédits: SyFy