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Pilote d’essai: The Magicians (SyFy)

Pilote d’essai: The Magicians (SyFy)
Charlotte Calignac

La review

Pilote
6.5
Casting
5
Scénario
6
Réalisation
6
Envie de voir la suite
9
6.5

Faut voir

Le pilot de The Magicians est un pilot qui m’a laissée un peu dans l’expectative.

Si j’ai bien tout compris, la série raconte l’histoire parallèle de deux amis qui viennent de terminer la première partie de leurs études, à qui l’on propose de rejoindre une école « graduate » (post licence aux USA) de magie. Celui qui semble être le héros, Quentin Coldwater, est reçu haut la main, sa meilleure amie Julia, elle, est refusée, ce qu’elle refuse d’accepter.

Je dis « si j’ai bien tout compris » parce que ce pilot m’a paru assez confus et je ne sais pas si c’est dû à l’écriture ou à la réalisation. L’introduction dans le monde fantastique et magique se fait dès les premiers instants avec l’introduction du doyen de la fac de magie et sa collaboratrice qui expriment de façon assez nébuleuse et mystérieuse à quel point ça risque d’être la merde dans leur monde. Bon. On comprend rapidement que Quentin va avoir un rôle important, et qu’il y a un Grand Méchant qui met leur univers en danger.

 Là où c’est plus confus, c’est qu’il y a trois couches de réalité à établir dans l’univers : le monde « réel » dans lequel Quentin, Julia, vous et moi (a priori) vivons, le monde magique dans lequel il y a Brakebills College for Magical Pedagogy que Quentin rejoint, et une troisième couche difficile à saisir parce que ni le héros ni le téléspectateur ne sait s’il est fictif ou réel et que je vais appeler « le monde du livre ». Voyez ça comme si Harry Potter venait vous voir dans vos songes, mais que vous étiez appelés à rejoindre une Fac Magique. Vous savez que ce sont des bouquins. Mais vous rêvez tout le temps de Hermione qui vient vous dire que des choses cheloues vont se produire.

 Voilà.

Quentin est, depuis des années, fasciné par ces romans de fantasy avec trois héros qui traversent une pendule pour rejoindre un univers magique (qui semble être Brakebills College), ce qui lui arrive plus ou moins pour y aller, mais il n’y rencontre pas les trois héros. Il ne voit que l’un des personnages, dans son sommeil.

À cela, s’ajoute le fait que Quentin se fait volontairement interner au début de l’épisode, parce qu’il se sent si peu à sa place dans le monde réel qu’il en souffre atrocement. Si bien qu’il est difficile de savoir au début si les événements qui entrecoupent les scènes d’internement sont des flashbacks, des flashforward, ou juste des scènes explicatives.

Dernière critique à ce pilot : personne n’essaie de définir les règles précises de l’univers de la magie, ce qui participe à rendre l’ensemble très confus et WTFesque. Cette reproduction d’un campus de fac américaine était à secouer la tête de dépit, et je ne parle même pas de la scène très drôle de lévitation en plein coït, qui m’a causé un bon fou-rire. Quentin et ses collègues rejoignent la fac mais n’ont jamais déclenché leurs pouvoirs auparavant, c’est un système qui fonctionne que si tu as un BA en n’importe quoi que tu peux être recruté ? Comment les élèves peuvent-ils accéder à Brakebills College par tous les moyens, comment ça fonctionne ? Et comment Julia a-t-elle su qu’en se taillant les veines, le sort pour lui effacer la mémoire ne fonctionnerait pas ? Ce qui peut passer en exposition dans un roman est difficilement compréhensible si ça n’a pas été établi verbalement avant. Quand on sait qu’on se cogne de l’exposition chiante 90% du temps habituellement, là ça aurait été du meilleur aloi d’avoir deux ou trois petites explications en lien avec le bouquin que Julia et Quentin lisaient quand ils étaient gosses.

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Une fois que cette espèce d’introduction générale est faite cependant, de très chouettes choses se passent et la construction générale est suffisamment efficace pour donner envie de revenir. Je ne comprends peut-être pas tous les enjeux (et ce n’est pas grave), mais les deux-trois autres personnages présentés à cet univers semblent suffisamment intéressants pour valoir le coup de se pencher sur eux. La blonde (Alice ?) parvient en deux phrases à se détacher du rôle de pimbêche Je-Sais-Tout dans laquelle ses pairs semblent vouloir la ranger. De son côté, les aventures de Julia avec la magie sont suffisamment intrigantes pour donner envie d’en savoir plus sur l’univers. Et, bien que les motivations du méchant (ainsi que la façon dont il a été appelé) restent obscures, on a au moins un mec bien dégueu qui arrive, en une scène, à établir à quel point il est dangereux.

The Magicians rappelle un mélange de Harry Potter, Narnia et Alice aux Pays des Merveilles, établissant de nombreux fils scénaristiques qui ont un potentiel indéniable. Je regrette malgré tout qu’on ait pas passé plus de temps avec Julia et Quentin pour comprendre la profondeur de leur relation et la réalité de leur univers pour bien comprendre les raisons de leur éloignement ultra rapide. Car finalement, ce qui sera sûrement au cœur de la série, cette relation clé m’importe peu vue la façon dont Quentin parle à sa meilleure amie comme à une attardée lorsqu’elle est capable de lui prouver qu’elle sait faire de la magie et que sa réaction première est « bof, peut mieux faire ». Beaucoup de choses à améliorer dans un pilot malgré tout prometteur et intrigant.

Crédits: SyFy