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Pilote d’essai: The Messengers (CW)

Pilote d’essai: The Messengers (CW)
Christophe Brico

La review

Pilote
4
Casting
5
Scénario
4
Réalisation
2
Envie de voir la suite
3
3.6

Un hamster dans sa roue

La nouvelle série de The CW débarque ! Programme de mi-saison oblige, la chaîne pour ado a lancé ses deux nouveaux shows Izombie et The Messengers fable mystico-religio-SF dont les enjeux semblent apocalyptiques, mais la construction un peu mécanique.

“I send an SOS to the world”

Une série qui joue à la fois sur les codes de l’invasion extra-terrestre insidieuse et conspirationniste à la Invasion des profanateurs et de la fable de fin du monde religieuse à la Damien, La Malediction, c’est possible ? Ben oui, The Messengers en est la preuve, voyez plutôt :

7 ans après agression apparemment gratuite d’une jeune femme, depuis dans le coma, un météore s’écrase dans le désert du Nouveau Mexique. Une onde de choc en découle qui va littéralement changer l’existence et l’être de 5 personnes qu’apparemment rien ne relie. Ces derniers, morts pendant quelques instant reviennent à la vie changé à jamais. Pendant cela, une intrigue aux dimensions apocalyptiques se noue, un personnage mystérieux et inquiétant arpente la terre, et nos héros vont se rapprocher malgré eux et sans réellement comprendre ce qui leur arrive.

Créée par Eoghan O’Donnell, qui vient de Teen Wolf, la série met avant tout en avant une galerie de personnages. Shantel VanSanten, que l’on a pu voir dans Les Frères Scott et dans Gang Related, qui interprète Vera Buckley, Astro-physicienne en quête de crédibilité. Sofia Black-D’Elia, dans le rôle d’Erin Calder, mère célibataire, a l’ex visiblement pas très sympa, le jeune Joel Courtney dans le rôle d’ado mal dans sa peau, Peter Moore. On y découvre aussi JD Pardo, que l’on avait pu voir dans Revolution, qui interprète Raul Garcia, agent sous couverture et en fuite car trahi par ses pairs, et enfin Jon Fletcher, en jeune télé-évangéliste à succès, Joshua Silburn Jr. qui vient compléter le groupe. Cette distribution ne serait pas complète sans mentionner l’acteur Diogo Morgado, acteur qui nous vient tout droit de la télé portugaise (ça ne s’invente pas), et interprète ici “L’Homme”, personnage mystérieux et venu d’ailleurs (vous savez, là où il y a la vérité), qui a pas l’air très cool. Pas cool du tout même. La série est showrunné par Trey Callaway, qui, lui aussi, nous débarque tout droit de Revolution.

Ce pilote est globalement assez académique. Rien, dans la façon dont l’épisode est tourné ne fait éclat, mais en revanche l’ensemble est de bonne facture, et la scène avec un peu d’effet spéciaux, la chute d’un météore et la vague de choc qui s’en suit, ne fait pas cheap. A l’inverse, le systématisme avec lequel ce choc va toucher chaque personnage, lui, est un des principaux défaut de cet épisode inaugural.

The-Messengers

“A hundred billion castaway, looking for a home”

Résumons : Nous avons donc une intrigue qui fait du funambulisme entre SF type invasion alien et apocalypse mystique et religieuse. Nous avons un personnage Astro-Physicien et un Télé-Evangéliste. Nous avons de la conspiration gouvernementale (une meute de militaires sur le site du crash en quelques minutes qui font silence sur l’affaire), et nous avons un personnage traqué par les autorités. Une mère qui arrive à miraculeusement sauver son enfant ou encore un jeune pas trop bien dans sa peau qui arrive miraculeusement à défoncer la tête de son tortionnaire de lycée. Le tout avec des apparitions d’ailes dans le dos dans des reflets, et un personnage qui a l’air un peu méchant mais à qui on fait des yeux tout rouge au cas où on aurait pas bien comprit.

Et à la limite pourquoi pas. C’est parfois sur des recettes un peu éculées que l’on arrive à faire de tres bonnes choses, y-a qu’à voir Scorpion. Mais là où ici le bas blesse vraiment, les yeux saignent un peu, c’est dans la construction mécanique de ce script. Si on devrait deviner, on pourrait imaginer le dialogue suivant entre les executifs des studios :

Joe : Bon alors ce projet “The Messengers”, on le fait ou pas ?

Jack : Ben oui c’est cool, il de la fin du monde et des trucs mystiques à la supernatural, et ca marche depuis 10 ans, ca se passe au nouveau mexique comme Roswell, on a de la conspiration avant que X-Files revienne sur la Fox. Un peu mon neveux qu’on le fait !

Joe : Mais tu crois pas que c’est un peu trop compliqué tout ca, avec tout ces personnages et ces intrigues paralleles ?

Jack : Ouais, t’as raison, on va reprendre le script pour être sûr que tout le monde comprenne bien, surtout que nos ados ils passent leur temps sur leur téléphone avec Facebook, Twitter, Instagram et Snapshoot !

Joe : C’est Snapchat

Jack : Ta gueule…

Bref, vous l’aurez comprit, la construction du pilote de The Messengers est tellement systématique que ca en devient non seulement prévisible, mais surtout ennuyeux. C’est pas le pitch du siècle, c’est pas le début de série le plus fulgurant de la saison, mais à la limite, pourquoi pas. C’est pas très surprenant, passe encore, mais la mécanique de l’écriture est un vrai boulet qui nuit gravement à la vision.

Si les scénaristes, script et autres membres de la writers room arrivent à mettre un peu inattendu là dedans, à déconstruire un peu le récit, à sortir du systématique, The Messengers peut devenir une série sympa à regarder, sinon, pour ma part je décrocherai au deuxième épisode.

Crédits: CW