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5 Commentaires

Pilote d’essai: The Musketeers (BBC)

Pilote d’essai: The Musketeers (BBC)
Alexandre LETREN

La review

Pilote
6.5
Scénario
6.5
Casting
6
6.3

A confirmer

Un pour tous et tous...pour la série? Seule la suite nous le dira, ce pilote ne nous en donne pas assez pour s'assurer du potentiel de la série

On parle beaucoup de séries US dans cette catégorie mais il y a bien entendu aussi de nouvelles séries britanniques. Parmi ces nouveautés, on en trouve une qui nous intéresse particulièrement nous petits Français puisqu’elle est une adaptation d’un de nos plus célèbres (et plus adaptés) romans: Les 3 mousquetaires. The Musketeers intéresse également car dans le rôle de Richelieu, on retrouve Peter Capaldi, LE nouveau Doctor dans Doctor Who. Autant d’ingrédients pour nous plaire mais le résultat est-il à la hauteur?

Alors que le jeune D’Artagnan, en voyage avec son père, s’arrête dans une auberge, celle-ci est attaquée par de sombres individus se réclamant mousquetaires du Roi. La situation dégénère et le père de D’Artagnan est tué par l’un d’eux, qui prétend s’appeler Athos. D’Artagnan entreprend alors de se venger et monte à Paris où il va bientôt se retrouver mêler à une guerre secrète entre les Mousquetaires, Richelieu et une bien étrange femme, Milady de Winter.

Tous pour un et un…contre tous

Ce pilote de The Musketeers, sans être démentiel,reste très efficace. L’action y est bien menée, l’intrigue assez solide, les rebondissements prévisibles mais ce n’est pas tant de la faute du scénario que du fait que ces personnages et cette histoire sont connus de tous. D’ailleurs, le faux suspense sur l’identité du mystérieux homme qui aurait voulu tuer Milady ou, selon, de la mystérieuse femme que Athos aurait tuée, est assez ridicule.
Ce pilote est plutôt malin dans l’intrigue qu’il développe. Les 3 mousquetaires a été adapté de nombreuses fois au cinéma, et à chaque fois, la rencontre entre ces 4 héros se déroulent toujours autour de la fameuse affaire des ferrets de la Reine et de ce complot orchestré par Richelieu. Point de ferrets ici, ni de complot contre la Reine (pour l’instant?), mais une histoire destinée à salir et détruire le corps des mousquetaires du Roi. Ce changement permet de maintenir le suspense pour celles et ceux (ils sont nombreux) qui connaissent déjà les début du roman. En 60 minutes que dure le pilote, on fait connaissance avec ces héros, on comprend les enjeux, il y a de l’action,…bref c’est très efficace. Mais…

« Regardez comme je suis méchant »

Bien entendu, il ne peut y avoir d’histoire avec Les 3 mousquetaires sans sombres complots de Richelieu, mais ici, on est très dans la caricature. Limite dans la BD tant le personnage est grotesque. Alors oui Peter Capaldi est très bien dans le rôle mais il en fait pour moi 10 fois trop pour être réellement inquiétant. De plus, dans les précédents adaptations, Richelieu a toujours été présenté comme un homme politique prêt à tout pour assouvir ses dessins politiques, mais on le voyait jamais se salir les mains en commettant un meurtre de sang froid. Il n’est plus ici ce sombre politicien mais un psychopathe et ce choix me dérange un peu.

The Musketeers

 

Richelieu aura souvent été malmené mais rarement comme ici et c’est bien dommage car cela lui retire tout ce qui le rendait précédemment si inquiétant. Peter Capaldi surjoue en plus légèrement trop son côté méchant. Cette version, dont on ne reconnait même ce fameux costume rouge si emblématique, n’est pas du tout la plus belle réussite de cette version du roman d’Alexandre Dumas.

En somme, un pilote efficace qui, à lui seul, donne tout de même envie de voir la suite…Nettement moins quand on regarde le teaser de l’épisode 2 qui nous fait nous demander si la série ne va se résumer au « complot de la semaine » déjoué par les mousquetaires. A suivre donc…

Crédits: BBC

  • Charpaton

    Je suis assez d’accord avec votre critique, je vais y apporter quelques autres éléments persos si vous le permettez

    Cette série est une adaptation du roman. Exit donc (du moins pour cet épisode), les ferrets de la reine et autres Buckingham gominés. Ici, l’ennemi est l’Espagne. Etant donné que nous sommes en 1630, c’est loin d’être déconnant, au contraire. Ce qui fait un bon point pour eux. Exit également les bateaux volants, les Mousquetaires Ninjas et Versailles de la précédent adaptation. Ouf, donc dirons-nous :) .

    Nous retrouvons donc les personnages du roman, avec, en prime un D’Artagnan de Lupiac de Gascogne. Bien que j’aurais aimé voir apparaître un Charles de Batz de Castelmore D’Artagnan, on ne va pas cracher dans la soupe, car à ma connaissance c’est la première fois que Lupiac est citée dans une adaptation.
    Les autres mousquetaires sont assez bien rendus (je vais y revenir). Le Cardinal de Richelieu est campé par Peter Capaldi, excellent acteur britannique, qui cependant, dans ce rôle, semble un peu à l’étroit, ou bien est-ce le rôle qui est mal taillé pour lui. Bref, il ne rend pas un Cardinal très crédible, car des cheveux grisonnants, une moustache et une royale ne font pas systématiquement un Richelieu charismatique.

    Louis XIII est encore moins crédible. On a l’impression d’un Geronimo échappé de sa réserve et qu’on a affublé d’un costume. Il campe un Louis pleurnichard et pompeux, à des lieux du véritable souverain.

    Tout ça ne serait pas bien grave si on ne retrouvait pas ces protagonistes à chaque coin de rue. De mon point de vue, ils ne sont pas à leur place, notamment Richelieu. Rappelons-nous qu’à l’époque, il est l’homme le plus puissant de France, à égalité avec le Roi. Sa prudence et ses service de renseignements (et d’assassins, reconnaissons-le) sont légendaires, alors pourquoi est-ce lui qui se charge de toutes les basses besognes, genre allait assassiner ses ennemis ? Tout ça n’est pas bien sérieux, c’est dommage.

    Les acteurs campant les mousquetaires sont des inconnus pour moi. Porthos est joué par un acteur d’origine probablement mexicaine, ce qui est surprenant au début mais pourquoi pas, d’autant plus qu’il campe bien son personnage. Athos et Aramis sont assez lisses, voire même un peu trop, on a du mal à s’y attacher, mais ce n’est que le premier épisode. D’artagnan par contre, est assez « gascon » dans le caractère. Il est peu réfléchi (je ne dit pas « abruti », mais juste qu’il agit avant de penser…je ne veux voir personne faire de comparatif désobligeant !!!!), impulsif et bagarreur. On est un poil dans la caricature, mais c’est pas bien méchant, je préfère ça à un mou :)

    Parlons maintenant du côté costumes, armes et escrime. Comme à chaque fois qu’une adaptation est pondue par des étrangers, on assiste invariablement à une crédibilité bien supérieure aux œuvres Française, ce qui est aberrant, mais c’est comme ça. Les armes sont parfaitement dans l’époque. On voit ainsi des rapières à panier, à coquille (mais portées uniquement par les espagnols, ce qui est totalement logique), pappenheimer, des lames larges, voire très larges, chose qui est également complètement logique en ce début de 17e siècle. Les vêtements sont aussi très bien rendus, avec cependant une prédominante des vêtements en cuir, ce qui donne un côté un poil gothique mais cependant pas totalement désagréable. On voit également les mousquetaires porter une sorte de manchon en cuir sur leur bras armé. Je ne suis pas certain que ça soit totalement historiquement adéquat, mais pas déconnant du point de vue de la protection du bretteur. Si ça ne se faisait pas au 17e siècle, ça aurait dû.

    Les combats d’escrime sont très chaotiques dans leur qualité. Autant certains mouvements arrêtés montrent que les acteurs ont bossé la technique (les fentes sont jolies ainsi que les coups droits de tierce), autant certains passages sont peu esthétiques et efficacement discutables (on verra beaucoup de coups droits armés à des kilomètres). Les combats sont réglés par Roman Spacil, apparemment une sommité dans le domaine de l’escrime cinématographique (il a à son actif plusieurs films), mais cependant, il sacrifie énormément la crédibilité au visuel. Ainsi, on verra un combat à deux armes (rapière + main gauche) complètement loupé. Visiblement ce monsieur ne sait pas que la main gauche servait essentiellement à parer et non à tenter de poignarder son adversaire à tout bout de champ. Mais dans l’ensemble ça reste spectaculaire et plaisant à regarder. Après tout, ce genre de film n’est pas fait pour les puristes, ce qui peut se comprendre.
    On notera cependant avec plaisir, et pour la première fois à mon avis, un duel avec technique « au manteau ». Bien qu’assez rapide, on sent que le maître d’arme a essayé quelque chose, et c’est plutôt intéressant.

    Ensuite, il faut parler des pistolets, mousquets et mousquetons. Là, faut reconnaître qu’on est plus proches du western que du film de cape et d’épées. Les armes de cette époque sont lourdes, encombrantes et peu maniables, on ne les portait donc jamais sur soi mais dans les fontes des montures. De plus, l’absence de barillet et donc le risque de voir la balle tomber du canon est accru si on porte l’arme à la ceinture en courant et cascadant de tous les côtés. Vous l’aurez donc deviné, tout le monde porte le pistolet, voire le mousqueton à la ceinture, ce qui est une aberration.

    Je vais passer sur l’hôtel de Treville qui est plus proche de l’étable que de l’hôtel particulier et l’absence totale de casaques de mousquetaires, obligatoires à l’époque lorsque les mousquetaires étaient de service à l’hôtel de Treville.

    Donc pour conclure, et bien qu’il y ait énormément de points négatifs et d’hérésies historiques (ce qui était déjà le cas dans le roman original), ce premier épisode est sur un rythme assez élevé, avec beaucoup d’action et relativement peu d’aberrations en comparaison du roman. Car de mon point de vue, ce qui pêche dans cette série est le fait de vouloir être trop proche du roman du point de vue du contexte, et malheureusement on ne peut pas leur reprocher, ça serait un comble. Beaucoup de détails (notamment dans les costumes) sont visiblement empruntés au film « Les trois mousquetaires », de 2011 (celui avec les zeppelin), et après vérification, le maître d’arme y a également participer. Heureusement, les emprunts d’arrêtent là.

    On ne peut pas demander à une série grand public de s’adresser à des puristes (en ce qui concerne notamment l’escrime), ce qui, immanquablement, donne lieu à des adaptations peu fidèles historiquement. Toutefois, dans l’ensemble, j’ai passé un bon moment et je pense que je verrai avec plaisir l’épisode 2.

  • http://www.lavoixdesbulles.fr One Eye Pied

    « Limite dans la BD tant le personnage est grotesque. »
    Hum.
    Cher Alexandre, merci de ne pas appliquer à la BD le genre de poncifs malheureux qui n’épargne pas non plus les série télés dans d’autres médias.
    (Ce qui ne m’empêche pas de considérer ton avis lorsque je dois choisir une nouvelle série. Mais ta remarque était un appel à troll ;) )

    • http://twitter.com/alexandreletren Alexandre LETREN

      Vous avez parfaitement raison, mea culpa

  • Charpaton

    The Musketeers, épisode 2.

    SPOILER

    Dans cet épisode 2, les mousquetaires jouent les agents secrets pour…le Cardinal. Bon, techniquement c’est tout à fait possible bien que relativement rare, surtout avec, en prime Mr de Treville en espion en chef. Mais passons…

    Encore une fois, on ne peut que déplorer des incohérences historiques criantes et flagrantes. Citons dans le désordre le cabinet de travail de Richelieu, d’environ 800m2 et meublé… d’un bureau et d’une chaise. A l’époque, le vrai cabinet, situé au Palais Cardinal et non au Louvre était une petite pièce austère et mal éclairée, jouxtant la chambre du grand homme et celle du Père Joseph…tiens d’ailleurs, pas de trace de l’éminence grise pour le moment.

    Autre « petite » incohérence, le trajet du roi, de la reine et du cardinal se rendant à Notre-Dame…à pied, depuis le Louvre. Bon, là faut pas déconner. Tout déplacement du roi ou du cardinal se faisait en carrosse, et pas à moins de 200 gardes à pieds et de 20 à 30 mousquetaires, et pas seulement avec une poignée de gardes. De plus, on a l’impression que Paris se borne à une poignée de pécores alors que l’île de la Citée était l’un des quartiers les plus peuplés de cette époque.

    Encore, point de casaque bleue fleurdelyssée pour les mousquetaires de service, pas même un symbole visible. C’est décevant. La casaque est un symbole d’honneur et de fidélité envers la couronne, on peut difficilement faire plus mousquetaire.

    Une fois de plus, la place belle est faite aux pistolets et mousquetons encore une fois passés dans la ceinture. Mais là ne s’arrête pas l’ineptie car, en bons espions, les mousquetaires espionnent par tous les temps, même sous une pluie battante…le pistolet à la main docilement tourné le canon vers le ciel. La poudre a dû apprécier.

    Mais ne vous y trompez pas. A part ces écarts, certes nombreux, l’épisode est rapide, trapu et efficace. ça court dans tous les sens, ça défouraille sec, bref on est dans l’action pure. Porthos et Aramis commencent à émerger, mais Athos reste indubitablement absent du devant de la scène, c’est dommage.

    Je suis d’ordinaire assez binaire dans mes choix. Soit c’est bon, soit c’est mauvais (Dracula en pleure encore à chaudes et écarlates larmes), mais là je suis totalement indécis. J’ai envie de croire à cette série qui, malgré ses nombreuses incohérences (qui passeront totalement inaperçues à la majorité des gens), reste cependant sympathique.

  • Philippe

    Après 6 épisodes, un petit retour sur la série The Musketeers.
    Librement inspirée du roman d’Alexandre Dumas, la série reprend les personnages emblématiques tels qu’ils apparaissent dans le roman, Les Trois Mousquetaires…à quelques variantes près cependant.

    Les personnages :
    Ils sont tous là, Athos, Porthos, Aramis, D’Artagnan, Richelieu, etc… avec cependant quelques petites variantes, notamment en ce qui concerne Aramis, qui n’est plus décrit comme un bi-classé Mousquetaire/Curé, et Porthos, que l’on apprend comme étant un fils d’esclave noir affranchi.
    Les personnages sont dans l’ensemble, assez fidèles au roman (Porthos mis à part, bien entendu)…et c’est bien dommage. Le roman original fourmille d’erreurs qui sont essentiellement reprises dans la série, comme par exemple Athos, présenté comme le Comte de la Fère, chose que le personnage historique n’a jamais été. Et que dire de Richelieu, présenté comme le grand méchant, à des années lumière du vrai Armand Jean Du Plessis. Et Louis XIII, au regard aussi expressif que celui d’un beignet, et au charisme identique à la dite pâtisserie, tout l’inverse du personnage d’origine, qui était plutôt caractériel et autoritaire, bien que juste.
    Mais on ne va pas se plaindre que la série s’inspire de trop du roman, c’est généralement le contraire.

    Les décors, les costumes, les armes :
    De jolis décors, qu’ils soient en intérieurs autant qu’en extérieur. Il est dommage que la série fut tournée en république tchèque, alors que la France regorge de lieux nettement plus adaptés, mais il est probable que ça soit pour des questions de coûts.
    A ce propos, compte tenu du peu de figurants aperçus (on a l’impression que Paris est quasi désert, et ne parlons pas de la garde du Roi lors de ses déplacements, qui devrait se compter par dizaines de mousquetaires et de gardes, voire plus, et non pas d’une poignée) il est possible que cette série ait eu un budget très limité.
    Cependant, on notera la grande qualité des armes (du point de vue historique) ainsi que des costumes, avec cependant beaucoup trop de cuir (les brigandines portées par les mousquetaires ne sont plus utilisées depuis la fin du 15e siècle) en lieu et place de pourpoints et de chausses en toile.

    Les détails historiques :
    Bon, là faut pas être trop regardant. On voit par moment les résultats de réelles recherches ou connaissance des scénaristes, mais elles sont bien trop rares comparé aux incohérences et erreurs, quasi-constantes que l’on voit à chaque épisode (notamment sur le 6e avec un épisode mettant en scène une Marie de Médicis totalement ridicule). C’est un peu dommage, mais ce n’est pas une série qui se veut pour les puristes en histoire de France.

    Les scénarii :
    Je craignais un complot à chaque épisode, mais finalement…tous les 2 épisodes seulement. En dehors de ça, les scénarii sont plutôt efficaces. Ils sont très rythmés, avec relativement peu de passages longs ou ennuyeux. Encore une fois, ils ne décrocheront pas un Oscar, mais on a connu pire.

    Beaucoup de capes et peu d’épées :
    C’est le principal reproche que l’on peut faire à cette série. Il y a énormément d’échanges de tirs au mousqueton et au pistolet, beaucoup de pugilat à coup de bouteilles, tonneaux et ramponos en tous genres, et très peu de combats à l’épée. En moyenne, comptez 20 à 30 secondes d’échanges de simili escrime par épisode, c’est pas énorme. Du reste, les combats ne sont pas d’une très bonne qualité, c’est à se demander comment le « maître d’armes » de la série ose se parer d’un tel titre.

    Au final :
    Les personnages principaux manquent de profondeur et on ne parvient pas à s’y attacher. Pour le moment, ils sont bien trop lisses, espérons que ça s’arrangera avec les épisodes. Dans l’ensemble, c’est une bonne série d’action historique, efficace, sans prétention. On attend avec impatience la série en cours d’élaboration par les Français, pour avoir un élément de comparaison.