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Pilote d’essai: The Ranch (Netflix)

Pilote d’essai: The Ranch (Netflix)
Charlotte Calignac

La review

Pilote
4
Casting
5
Scénario
1
Réalisation
8
Envie de voir la suite
2
4

Raté

Instant confession : les sitcoms avec rires enregistrés ne sont pas exactement ma tasse de thé. Si à la limite l’épisode était réellement tourné en direct ou du moins les réactions du public spontanées, je pourrais avoir une meilleure impression, mais il est devenu tellement rare que cela arrive que les rires me donnent davantage l’impression d’être prise pour une abrutie sans humour et me fait même parfois perdre foi en l’humanité lorsque de fausses foules en délire se tordent de rire à la moindre blague raciste et sexiste (je te regarde, Big Bang Theory…).

Bref, je suis de celles qui sont ravies du recul récent de ce genre puisque la majorité des comédies au format sitcom semblent avoir abandonné ce style (Galavant, New Girl, Mindy Project, Superstore, Unbreakable Kimmy Schmidt, Younger, Awkward, Brooklyn Nine-Nine, You’re the Worst, Playing House…) au profit d’un tournage multi-caméra sans indices des moments réellement drôles.

The Ranch m’a laissée un peu dubitative, par ce mélange des genres justement. Clairement, on n’est pas dans une réalisation similaire à celle de How I Met Your Mother ou Friends : le premier plan de The Ranch casse réellement les codes du genre de la sitcom avec un plan très serré sur des bottes de cowboys et de la boue alors que le personnage rentre chez lui. Ce bouleversement des codes, même s’il est très appréciable et intéressant, voit l’atmosphère qu’il crée complètement démolie par les rires enregistrés qui semblent sortir de nulle part.

the-ranch

C’est du reste globalement la seule chose que j’ai aimée (si, si, en vrai j’ai aimé cette volonté de proposer quelque chose de nouveau au moins visuellement) dans la nouvelle comédie de Netflix. Je dis globalement, parce que je vais inclure le fait que les moments dramatiques (renforcés par cette fameuse réalisation plus originale) résonnent particulièrement, et en trente minutes il y a quelques scènes qui tombent plutôt bien.

Le reste en revanche…

Ashton Kutcher interprète Colt Bennett, un fils qui revient dans la ferme de son père dans le Colorado après plusieurs années passées à poursuivre son rêve de devenir footballer professionnel. Ses parents sont séparés. Le père, bourru, ne pense pas que du bien de son fils le vilain petit canard et s’attend à être laissé derrière comme d’habitude. Son frère plus âgé, Rooster, qui travaille à la ferme et habite toujours chez ses parents, jette de l’huile sur le feu à chaque occasion pour que son frère se prenne réflexion sur réflexion.

Vous avez déjà vu cette sitcom un million de fois.

Vous avez déjà rencontré ces dynamiques un million de fois.

Vous avez déjà passé du temps avec des personnages caricaturaux comme ceux-ci un million de fois.

Vous avez déjà entendu ces blagues sexistes, lourdingues et graveleuses un million de fois.

The Ranch n’essaie même pas de faire quelque chose d’un tout petit peu original en termes de contenus. Le père est une caricature d’homme de 60 ans dans le midwest, à traiter son fils de femme parce qu’il porte des Uggs et à lui imposer sa perception de la virilité qui relève de l’Antiquité. Et l’humour, bon sang, est limite offensant. La comparaison d’un vagin de vache à celui d’une nana (du style « Je pensais être dans un autre type de vagin ce soir »), n’est ni drôle ni originale puisqu’on s’y attend dès qu’Ashton Kutcher est sollicité pour aider une vache à mettre bas. Je n’ai ri, ni même souri réellement une seule fois.

Réellement, les seuls moments de nuance qui m’ont intriguée sont ceux qui n’essaient pas d’être drôles. Ces derniers fonctionnent, notamment la dernière scène ou celle où les deux frères connectent en discutant des problèmes d’argent de la ferme parce que le temps d’un instant les personnages agissent comme de réels humains et semblent exister autrement que pour jeter des blagues insipides les uns aux autres et mettre tout le monde mal à l’aise. Le fait que la relation parentale soit plus compliquée qu’elle n’apparaît est aussi une déclinaison du genre assez bienvenue. Le problème, c’est que tous ces efforts sont éclatés par l’humour atrocement gras disséminé partout.

Ni dans le style, ni dans l’exécution cette série n’est pour moi. Dommage : ce pilot ne me donne pas franchement envie de voir une énième déclinaison de combien il est difficile d’être un homme blanc avec ses amis hommes blancs dans l’Amérique profonde sur fond de rires enregistrés à chaque mention du mot « nichon ». Je n’irai pas binge-watcher la saison complète sur Netflix.

Et vous ?

Crédits: Netflix