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Portrait craché: Danny Wilde et Lord Brett Sinclair

Portrait craché: Danny Wilde et Lord Brett Sinclair
Fred Teper
  • Le 5 février 2016
  • https://twitter.com/cliffhangertwit

Faire le portrait de l’un sans faire le portrait de l’autre est impossible. Ils sont indissociables, comme les deux faces d’une même pièce. C’est d’ailleurs le Juge Fulton qui définit le mieux leurs caractéristiques,  bien mieux qu’aucun texte ne le fera jamais, même si l’on va s’y essayer naïvement :

« Le premier est un sang bleu, issu d’une grande famille, Lord Brett Sinclair… L’autre est plutôt différent, un arriviste, Danny Wilde… L’un sans l’autre, ils n’ont aucun intérêt pour moi. Ils ont tous les deux une certaine valeur, mais additionnés comme en chimie… Prenez deux produits relativement peu dangereux, disons du nitrate et de la glycérine. Mêlez ces deux produits et vous allez obtenir UNE COMBINAISON EXPLOSIVE ! »

Sinclair, Lord Brett Sinclair. Séducteur invétéré, oisif qui passe de pays en pays et de fille en fille, est un lord anglais qui vit encore confortablement même si on pressent à plusieurs reprises que sa situation financière n’est guère reluisante en regard de ce qu’elle fut. Toujours impeccablement vêtu de costumes sur mesure, amateur de bons vins et de gros cigares ainsi que d’un confort qu’il juge nécessaire à tout être humain normalement constitué, Brett est né avec une cuillère en argent dans la bouche. Mais c’est aussi un aventurier, capable de faire le coup de poing avec sérieux et application (tout en prenant le temps de remettre en place une mèche de cheveux récalcitrante). Avant sa rencontre fortuite avec Danny Wilde, Brett Sinclair n’est qu’un beau parleur, un playboy menant une existence dilettante et gâchant son potentiel dans une vie dénuée d’intérêt. Engoncé dans un monde où les traditions ont la vie dure, Brett parvient non sans mal à laisser parfois derrière lui une éducation qu’il ne porte pas comme un fardeau mais que sa confrontation avec Danny Wilde va l’obliger à sérieusement réviser. L’Aston Martin DBS V8 Orange immatriculée BS1 est le véhicule idéal pour cet homme qui place l’élégance en vertu cardinale et qui s’imagine être le bon goût incarné… ce qu’il est pour l’essentiel.

Wilde, Daniel « Danny » Wilde. Self made man américain qui s’est issu hors des bas-fonds new-yorkais à la force du poignet, qui a fait plusieurs fois fortune et a perdu autant de fois l’argent qu’il avait amassé. Homme de caractère ne s’en laissant pas compter, il a dû jouer des poings et des coudes pour parvenir à acquérir un statut social en rapport avec ses ambitions. Aventurier, prêt à prendre tous les risques pour les beaux yeux d’une femme, sa rencontre avec Brett Sinclair va canaliser son côté chien fou et l’obliger à œuvrer pour rétablir une certaine justice. Bourré d’humour, martyrisant verbalement Brett plus souvent qu’à son tour, Danny est cinglant mais capable de redevenir sérieux si la situation l’exige pour mieux désamorcer la tension par une pirouette. Souvent les mains gantées de cuir, toujours prêt à des facéties visuelles à base de mimiques, il conduit une Dino Ferrari 246 GT rouge qui fait de l’effet sur tous ceux qui la croise. Il est extrêmement athlétique et se débrouille aussi bien un fleuret à la main… qu’une mallette accrochée au poignet.

Amicalement-Votre (1)

Ces deux hommes que rien ne présageait à se rencontrer si ce n’est l’entremise d’un juge retraité qui pense qu’ils sont à même de résoudre des affaires criminelles vont devenir des complices puis des amis à la vie, à la mort. Mutualisant leurs talents, usant de leurs compétences, de leur charme, de leur humour et du temps que leur oisiveté leur confère, Lord Brett Sinclair et Danny Wilde vont au cours de 24 aventures devenir l’un des duos les plus mythiques de la télévision. Accédant même en France au statut envié d’œuvre culte grâce à un doublage exceptionnel (Michel Roux et Claude Bertrand ont sublimé la version originale) c’est aussi évidemment par la magie du duo formé par Roger Moore et Tony Curtis et par des personnages qui leur collent comme une seconde peau que la série atteint la quintessence de l’efficacité alliée à un humour redoutable. Brett Sinclair et Danny Wilde, deux personnages indispensables à toute culture sérielle qui se veut un tant soit peu sérieuse. Deux hommes prêts à se battre l’un contre l’autre pour une futilité avant de combattre l’un avec l’autre pour faire triompher le bien. Si votre Majesté Lecteur veut bien se donner la peine de sauvegarder dans sa mémoire interne la recette du Creole Crème et choisir selon son goût s’il vaut mieux une ou deux olives afin de les regarder s’entrechoquer mollement l’une contre l’autre, nous vous en serions gré. Et au-delà du cocktail, se souvenir des aventures de nos héros et de leurs piques mutuelles, de cette musique inoubliable, de ce générique qui raconte mieux les personnages que n’importe quel pitch et de cette amitié qui transpire de chaque épisode, comme autant de petits bonheurs qu’ils auront semés dans nos vies.

*Retrouvez le décryptage du générique de Amicalement Vôtre ici