Image Image Image Image Image Image Image Image Image Image
Scroll to top

Top

Pas de commentaires

Pourquoi Masters of Sex est une série importante?

Pourquoi Masters of Sex est une série importante?
Claire Tirilly

Masters of sex revisite brillamment les temps fondateurs de la sexologie, s’intéressant à l’étude menée par William Masters et Virginia Johnston de 1957 à 1965. Cette étude, la première majeure sur le sujet, permit de comprendre profondément les mécanismes sexuels humains et a encore un impact  important aujourd’hui.
Alors pourquoi une série sur une étude d’il y a près de 60 ans a-t’elle encore de l’importance aujourd’hui?

Les séries sont des œuvres de fiction, certes, mais elles ont une influence non négligeable sur la vie quotidienne de celles et ceux qui les regardent, ainsi que sur l’évolution des mentalités. La cause gay, par exemple, n’est rarement mieux défendue que lorsqu’elle est exposée au public au travers de personnages comme Thomas dans Plus belle la vie, ou de séries comme The L world. De la même manière, Six feet under nous questionne intimement sur notre rapport à la mort.

A une époque où le sexe est partout, Masters of Sex pose la question différemment.

La série aborde de manière frontale beaucoup d’aspects de la vie sexuelle. Sans peur, sans excuses, sans faux-semblants.

Or aujourd’hui, beaucoup de supports jouent sur l’excitation sexuelle, de manière provocante, glamour, et ce pour diverses raisons. La pub Axe, par exemple, nous vend du déodorant depuis des années sous le prétexte que cela attirerait les conquêtes sexuelles. Les séries, elles, n’hésitent par à faire du sexe un argument d’attrait, même si ce n’est au final que pour montrer 3cm² de peau. American Pie il y a 15 ans démocratisait en quelques sortes, le rire sexuel, autorisant les blagues les plus vaseuses. La révolution sexuelle a fait son effet, en voici les restes. Aucun de ces supports ne réfléchit plus aux sens de l’acte sexuel. C’est bien trop compliqué et ça ne fait pas vendre.

Et c’est en cela que Masters of Sex est importante. Parce qu’elle nous force à nous interroger sur notre sexualité, notre rapport au sexe. En forçant les protagonistes à s’intéresser, par exemple, à la masturbation, en la mettant dans un cadre sain, protégé, en dehors de toute honte, jugement ou pornographie, la série nous offre la possibilité de réfléchir nous aussi, dans notre fort intérieur, sans témoin, à notre rapport à la masturbation.

La série nous offre en quelque sorte un cadre de réflexion unique, individuel, qui n’est pas borné par notre peur d’être jugé ou notre timidité. Et en cela elle est importante.

Masters-of-Sex

Le sexe est partout, mais il reste l’expérience la plus intime qui soit. Et même si on ose croire qu’on peut tout dire entre potes, qu’aujourd’hui les questions de sexualités sont des questions complètement ouvertes, qu’à l’image de Carrie dans Sex and the city, on pourrait parler orgasme clitoridien autour d’un verre dans un bar; il faut aussi avoir l’honnêteté de s’avouer que ce n’est peut être pas le cas, pas avant d’avoir bu quelques verres. Le sexe, le vrai, celui dont chacun fait l’expérience semble être resté une entreprise pudique.

15 ans après la révolution Sex and the city, Masters of Sex revient sur la question et nous propose un nouveau cadre pour une nouvelle génération. Certains continueront la discussion entre amis, d’autres apprendront en même temps que Masters et Johnston, d’autres encore riront de tout celà. Et c’est tant mieux, car à cet instant, la série aura atteint l’un de ses buts, le même que les chercheurs dont elle fait le portrait : nous interroger tous sur cette question qui fait tourner le monde.

Masters of sex a de l’importance, et pas uniquement pour son portrait magnifique d’une femme libre. Et c’est certainement pour cela qu’elle marche.

Masters of sex vient de reprendre pour une saison 2 sur Showtime les dimanches soirs et sur OCS City le lundi en US+24.
Elle est nommée 5 fois aux Emmy Awards qui se dérouleront à la fin de l’été.

Crédits: Showtime
Retrouvez le décryptage du générique de la série ici