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Un Commentaire

Son nom n’était pas Spartacus !

Son nom n’était pas Spartacus !
Cécile Pinaud

La review

LA SERIE
7.5
LE SCENARIO
7
LE CASTING
8
ORIGINALITE
7
7.4

SULFUREUSE

Parti de rien, Spartacus se montra à la hauteur de son héros : robuste et honorable. "Gratitude" comme dirait l'autre !

En seulement trois ans, trois saisons, une série plus ou moins dérivée qui servit de prequel et d’attente pour le téléspectateur, « Spartacus » aura su imposer un style visuel et aura permis à Starz d’entrer dans le club très privé des petites chaînes qu’il faut suivre de près. Avec son series finale plein d’émotion et une dernière saison plus « mature », la série de Steven S. DeKnight laisse quelques fans orphelins qui ont appris à faire fi de ses défauts.

Je dois confesser avoir beaucoup ri à la vision du pilot de Spartacus il y a quelques années, la faute à une esthétique inspirée du film 300, encore jamais vu à la télévision. En mêlant ces fonds verts un peu cheap, une narration au ras des pâquerettes et une provocation de tous les instants avec des scènes de sexe et de violence grossières dans leur forme, la série ne démarrait pas sous les meilleurs auspices.

spartacus-blood-and-sand-4221191nknob

Heureusement, caster John Hannah et Lucy Lawless (son mari Rob Tapert fut le producteur de la série) dans les rôles des maîtres du ludus où Spartacus allait commencer sa rébellion était une idée de génie. A tel point que le prequel Spartacus : Gods of Arena leur sera entièrement consacré avec la participation de la toujours excellente Jaime Murray.

L’autre atout de Spartacus ce sera le choix de toute une galerie d’acteurs australiens ou néozélandais inconnus du public américain et français : feu Andy Whitfield dans le rôle titre mais aussi Manu Bennett en Crixus, Daniel Feuerriegel (Agron), Dustin Clare alias Gannicus ou encore Peter Mensah aka Doctore.

Les scénaristes parviendront aussi à installer une solide mythologie qui réussie peu à peu à transformer le regard porté sur la série. Spartacus ne ressemble plus à un film érotique de seconde partie de soirée. Les intrigues sont savoureuses, les personnages délicieusement retors avec une mention spéciale aux femmes romaines (Lucretia et Illythia en tête), les complots sont partout, les affrontements dans l’arène sont impressionnants, les destins sont contrariés. Tout ne devient que sang et fureur, lesquels trouveront leur apogée dans la dernière saison.

Spartacus: Gods of the Arena 2011; Episode 1

Dans tous les sens du terme, Spartacus fut une série de champions, de conquérants qui ne renoncent pas malgré les obstacles… même quand ceux-ci ont lieu dans les coulisses du show. Quand à la fin de la saison 1, le cancer d’Andy Whitfield le pousse à se retirer de la série et oblige la production à choisir un nouvel acteur pour incarner le charismatique leader de la rébellion, il s’agit de ne pas se tromper. S’il ne parviendra pas tout à fait à faire oublier le premier interprète, Liam McIntyre se glisse dans le moule sans difficulté grandement aidé par la nouvelle phase amorcée par la série en début de saison 2 : la fuite des esclaves. Spartacus est de nouveau dans la place !

Ce n’est pas un hasard si jusqu’ici, il n’y avait guère que les soap operas qui parvenaient à survivre à un tel bouleversement. La série de Starz est bien une sorte de soap historique et c’est pour ces raisons entre autres que l’on finit par l’aimer. Parce que c’est provocateur, voyeuriste, sexy et dangereux. Que tout y est permis, que tout peut arriver, que personne n’est à l’abri.

La seule concession que le show ne fera pas au soap c’est une vision manichéenne de la lutte. Le méchant n’y est jamais tout à fait mauvais, en particulier dans la dernière saison qui fait s’affronter l’ancien gladiateur et le très intelligent Marcus Crassus. L’un comme l’autre ont une mission à mener qui va au-delà de la simple haine entre romains et esclaves. Il y a beaucoup de noblesse dans leurs attitudes respectives et presque une admiration pour les méthodes de l’autre. Ni Batiatus, petit bourgeois de Capoue en quête de pouvoir (saison 1), ni Glaber, officier romain déchu (saison 2) ne comprendront jamais Spartacus comme le fera Crassus.

Il n’y aura pas non plus de happy end, la série se terminant comme la véritable histoire. Toujours dans le sang, les larmes mais avant tout dans l’honneur, la valeur maîtresse de la série.

Et dire que son nom n’était même pas Spartacus !

Crédits photos © Starz

  • http://geekroniques.fr mat

    Belle conclusion..
    Je fait partie de ceux à qui la série va manquer..