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2 Commentaires

This is the end (3/8): Fringe

Christophe Brico

La review

LE FINAL DE FRINGE
7
7

REUSSITE

Une fin qui manque un peu d'émotion, mais est une vraie conclusion

L’été 2013 verra la fin de deux grandes séries de la télévision américaine que sont Dexter et Breaking Bad. Après respectivement 8 et 5 saisons, ces séries vont tirer leur révérence. Si tout le monde salue la qualité constante de Breaking Bad, beaucoup disent que Dexter n’a que trop duré. On a donc décidé de profiter de cette actualité pour revenir sur 8 fins de séries avec deux questions à la clé: Comment l’ont-elles gérée? La fin est-elle satisfaisante?
Place cette semaine au final d’une série qui aura marqué et qui passera en France à la fin de l’été à savoir Fringe.

spoiler-alert

Après moultes péripéties, Walter Bishop se sacrifie et conduit l’enfant Michael dans le futur, après que Peter ait eu le temps de lui dire qu’il l’aimait. Cut. Olivia et Peter sont dans un parc avec Etta. Nous avons vu cette scène à de nombreuses reprises durant cette ultime saison. Elle conduit irrémédiablement à l’invasion des Observateurs et la disparition d’Etta. Lorsque ce moment arrive dans la séquence, il ne se produit pas, et l’on comprend que le plan a réussi. Cut. Peter est chez lui, reçoit son courrier et, notamment, une lettre en provenance de W. Bishop. Il l’ouvre et, à l’intérieur, simplement un carton sur lequel est dessiné une tulipe. Plan sur le regard de Peter, qui ouvre toutes les interprétations. Symbole pomme-fœtus. Fin.

Fringe est une série qui a su créer un univers complexe au fil de ses 5 saisons, et se développer sur des grands arcs de narration successifs. Créée par J.J. Abrams, Alex Kurtzman et Roberto Orci, le trio déjà responsable d’Alias, la série se veut au départ être un croisement entre X-Files et La quatrième dimension. La série est construite à la base comme un procedural, chaque épisode proposant le “mystère de la semaine”, avec une mythologie qui soutient l’ensemble d’un épisode à l’autre. Au fur et à mesure du développement, cette tendance s’inverse pour ne laisser place, en cinquième saison, qu’à une intrigue feuilletonante.
Dès le début, le bébé Fringe a été confié à Jeff Pinker, également ancien d’Alias, qui en sera le showrunner. Celui-ci sera rejoint en saison deux par J.H. Wyman, qui assurera seul la production de la cinquième saison, Pinker ayant quitté le navire l’année précédente.

“Un casting 5 étoiles”

“Un casting 5 étoiles”

Au cœur de Fringe il y a un casting extrêmement réussi. John Noble, Joshua Jackson, Anna Torv et Jasika Nicole en quatuor central de cet univers, autour duquel les seconds rôles récurrents sont des personnages construits avec profondeur. C’est sans doute un des aspects qui a construit le succès de Fringe : proposer au spectateur une galerie de personnages qui rend même les épisodes les plus faibles agréables à regarder. A ce titre la série aura une forte tendance “character driven” à partir de la saison 2.

It’s the end of the world (as we know it)

Tout au long de ces 5 saisons, l’intrigue de Fringe peut se découper en quelques grands arcs : Exposition des univers (saison 1), conflit entre les dimensions (saisons 2 et 3), ligne temporelle alternative (saison 4) et résistance (saison 5).
Cette dernière saison explore une partie de l’intrigue évoquée tout au long de la série, et constitue une suite directe de l’épisode 19 de la saison 4 (Letters of Transit / Armée secrète) dont l’action se situe en 2036, époque durant laquelle les Observateurs ont pris le contrôle du monde, et nos héros se retrouvent dans un groupe de résistance. Cette intrigue sera au cœur de la dernière saison, et permettra de boucler un aspect de l’univers qui n’avait été qu’effleuré jusque là : les Observateurs.

Fringe finale 1

L’ultime épisode, double en l’occurrence (Liberty / An enemy of fate), prend la forme d’un immense baroud d’honneur pour le show. Cette ultime saison à l’arrachée (qui permet d’atteindre la barre fatidique des 100 épisodes pour le show, et donc la syndication ndlr) propose une intrigue mieux construite et plus originale que la saison précédente (sans doute la pire des 5), mais l’univers de 2036 dans lequel se déroule l’action est totalement différent de l’environnement des précédentes saisons. Pourtant, ces derniers instants de Fringe constitueront un hommage absolu à la série entière, mettant en scène l’univers “rouge” ou encore toute une série de créatures rencontrées précédemment dans la série. Néanmoins il faut bien conclure et, résistant à la tentation de la fin trop ouverte ou sujette à trop d’interprétation, c’est bien une conclusion de cet arc de l’intrigue, et de la série entière, qui est proposé ici.

Everything in its right place

Fringe aurait pu se terminer bien plus tôt. La fin de la troisième saison est construite comme une fin de série, et marque de toute façon la conclusion de ce qui restera l’arc majeur de l’intrigue. La quatrième saison propose un arc alternatif, lui aussi conclu en fin de saison, et c’est la même chose qui se produit dans cette dernière saison. Ceci considéré, c’est sans doute une des raisons pour lesquelles la charge émotionnelle qui doit normalement accompagner la conclusion d’un show comme celui-ci est sans doute un peu estompée. Le public a déjà vécu les adieux, deux fois !

Même si l’intrigue de cette saison 5 propose son lot de grands moments d’émotion, comme la mort d’Etta, les relations entre Nina Sharp et Walter Bishop ou encore la révélation de qui est Michael, le nombre réduit d’épisodes rend difficile l’adhésion totale, particulièrement quand on vit avec ces mêmes personnages sur des bases différentes depuis plusieurs années. On comprends assez tôt dans la saison le rôle majeur de cette séquence de flashback dans un parc, qui marque le début de l’invasion, et a pour fonction de générer la charge émotionnelle qui conduit à la conclusion. Ce n’est dès lors pas une surprise quand c’est exactement ce qui se produit.

Au final les grands moments de cette conclusion auront lieu avant et après cette séquence. Lorsque Walter Bishop décide de se sacrifier et que Peter a le temps de lui lancer un silencieux “Je t’aime papa” (alors qu’il l’appelle par son prénom durant pratiquement toute la série), et après la séquence du parc, lorsque Peter reçoit une lettre de Walter contenant un dessin de tulipe blanche, référence à l’épisode 18 de la saison 2 (White tulip / Allers-retours temporels), et qui est pour ce dernier un signe de pardon.

Fringe finale 3

En effet, la conclusion réelle de la série prend finalement racine au cœur de l’intrigue : la faute originelle de Walter Bishop, qui, face à la mort de son fils Peter, traversera les dimensions pour kidnapper une autre version de celui-ci, et créer ainsi la brèche à travers laquelle toute l’histoire de Fringe s’engouffre. Avec le “Je t’aime papa” de Peter, celui-ci le reconnaît comme son père, au-delà de toute autre considération, et la tulipe indique que Walter est enfin pardonné pour sa faute. Discret pour les spectateurs occasionnels de la série, cette conclusion est réellement la fin d’un des pivots majeurs de Fringe, si ce n’est le plus important: la relation père-fils entre Walter et Peter Bishop.

Crédits : Warner Bros. Television

  • http://seriesverseofknight.hautetfort.com/ KNIGHT

    Parce que les séries Bad Robot les plus réussies, ALIAS, LOST, FRINGE, autour d’un décorum qui l’univers de la série, s’appuient solidement entre autres, sur des relations père / fils (ou fille) brisées, qui se reconstruisent, se réconcilient. L’humain est au coeur de ces séries.

    Pour la S5, hormis la conclusion, elle aura été quand même décevante : oui, on aura eu une dernière saison concluant la série, mais au prix d’une réduction drastique des personnages principaux (heureusement que la série aura pu reposer sur eux et sur des comédiens de grand talent), et du budget que l’on devine devenu riquiqui.

  • https://season1.fr Christophe Brico

    Cher Knight,

    Merci pour ce commentaire.

    Effectivement la saison 5 est sans doute un peu en dessous des saisons 1 à 3. Néanmoins, par rapport à la saison 4, qui est un peu paresseuse, elle à au moins le mérite de proposer un parti pris original pour la série.

    Bonjour chez vous.