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This is the end (5/8): Felicity

Claire Tirilly

L’été 2013 verra la fin de deux grandes séries de la télévision américaine que sont Dexter et Breaking Bad. Après respectivement 8 et 5 saisons, ces séries vont tirer leur révérence. Si tout le monde salue la qualité constante de Breaking Bad, beaucoup disent que Dexter n’a que trop duré. On a donc décidé de profiter de cette actualité pour revenir sur 8 fins de séries avec deux questions à la clé: Comment l’ont-elles gérée? La fin est-elle satisfaisante? On a choisit cette semaine de revenir sur une très jolie série, mal diffusée chez nous: Felicity.

Attention Spoilers!!!

Commençons par récapituler la série. Felicity Porter décide sur un coup de tête de suivre le beau gosse de la promo à la fac à New York, juste à cause des quelques mots qu’il a écrit sur son Yearbook. Arrivée là-bas, elle réalise qu’il ne la considère que vaguement comme une copine, mais tant pis, elle rencontre des gens, elle découvre la vie étudiante, elle vit sa vie. Et parmi les gens qu’elle rencontre, il y a Noël, le responsable de son étage à la cité U. Pendant les 4 saisons qui vont suivre, Felicity nous raconte ses errances, ses hésitations, ses projets et ceux de la bande de copains qu’elle se forme très vite. Et son hésitation la plus grande, celle qui revient toujours c’est Ben, le beau gosse du lycée, un peu torturé, qui attire les problèmes, ou Noël, le gentil garçon propre sur lui, intelligent et attachant (comment ça je suis Team Noël ? Je ne vois pas pourquoi vous dites ça).

Felicity

Arrive l’épisode 17 saison 4. Il est temps pour nos protagonistes d’en terminer avec la fac, et c’est la cérémonie de remise de diplômes, le temps des grandes décisions pour l’avenir, et Felicity de passer encore un épisode à hésiter, suivre Ben, ou pas, pour qu’au final, ce soit lui qui la suive.
Et même si je peux faire plein de critiques sur cet épisode, la série aurait pu (dû?) s’arrêter là. En effet, la plupart des intrigues sont closes, les personnages ont leur happy ending et voilà.

 

Oui mais non, il reste encore 5 épisodes sur la saison. Honnêtement quand j’ai vu ça, j’ai halluciné. A quoi vont bien pouvoir servir ces épisodes ? Pourquoi n’avoir pas plutôt délayé les intrigues durant l’année scolaire pour les faire tenir sur 22 épisodes ? Il y en a d’autres qui le font. Je reste, encore, sous le choc du « jumping the shark » que nous proposent les scénaristes.

félicity

Dans l’épisode suivant, on retrouve Felicity quelques mois plus tard, à nouveau à la fac, dans un programme pour intégrer l’école de médecine. Et avec elle, son cher Ben, qui, après lui avoir littéralement fait un bébé dans le dos pendant cette saison, la trompe. Alors ni une ni deux, elle décide que c’est fini, et que c’est Noël qu’elle aurait du choisir depuis le début. Sa copine Megan lui lance alors un sort (non non, c’est pas Felicity à l’école des sorciers, le remake fantasy, juste la série de JJ Abrams), sort qui la renvoie au début de sa senior year de fac, avec tous ses souvenirs, et ses boucles, mais dans une réalité un peu alternative quand même. Vous me comprenez quand je parle de « sauter le requin » ?

Notre héroïne tente de s’adapter à sa « nouvelle » réalité, tout en mettant le grappin sur Noël, puis en réalisant, une fois de plus, que l’homme de sa vie est Ben, juste avant que Noël ne meure dans un incendie.

Le dernier épisode est l’occasion de revenir sur toute la série, de revoir les moments tendres et ceux moins sympas qui ont marqué les spectateurs. L’excuse scénaristique pour cela est simple mais belle. Il s’agit pour Felicity de lâcher prise et dire au revoir à ses années d’errance. Cet adieu est scellé par une chanson des Trespassers William, Lie in the sound, qui dit toute la douleur de Felicity d’admettre qu’elle doit laisser partir Noël, leurs souvenirs, sa vie, et avancer, comme le spectateur qui se retrouve dans la mélancolie d’une fin de série. Le « sortilège » est désormais cassé, ce n’était qu’un rêve, dont Felicity ressort avec confiance en son amour pour Ben. Tout est bien qu fini bien.

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Si je regarde cette fin de saison avec mon œil de critique de 2012, je la trouve toute pourrie. Vraiment, la réalité alternative qui n’apporte pas grand chose, les tentatives flagrantes des scénaristes de mettre tout le monde d’accord, les pro et les anti Noël, le grand n’importe quoi du sort et puis ce n’était qu’un rêve, de qui se moque t’on ? Sans parler de la réapparition d’Elena, dont la mort est censé être le point de départ de tout ce délire dans la « vraie réalité », comme si le spectateur devait tout accepter au nom des conventions. Et celle qui veut que l’auteur s’implique dans sa série ? Mais là je vais trop loin. La vérité, c’est qu’en tentant de jouer avec le scénario, Abrams se veut à la fois innovant et compatissant avec les fans, leur montrant même une fois de plus que Felicity DOIT finir avec Ben. La tentative est louable, le résultat, plus digne d’un gloubiboulga affligeant que d’autre chose, nuit au final à la série.

Felicity, c’était mieux avant (les épisodes 18 à 22 de la saison 4).

PS : Il apparaît que les scénaristes ont du gérer une commande de dernière minute de 7 épisodes de plus, alors qu’ils avaient déjà mis en place la fin. Ça n’excuse pas tout, mais quand même.

Crédits: WB