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This is the end (7/8): Urgences

Claire Tirilly

L’été 2013 verra la fin de deux grandes séries de la télévision américaine que sont Dexter et Breaking Bad. Après respectivement 8 et 5 saisons, ces séries vont tirer leur révérence. Si tout le monde salue la qualité constante de Breaking Bad, beaucoup disent que Dexter n’a que trop duré. On a donc décidé de profiter de cette actualité pour revenir sur 8 fins de séries avec deux questions à la clé: Comment l’ont-elles gérée? La fin est-elle satisfaisante? Cette semaine, place à une série culte qui va fêter ses 20 ans: Urgences.

ER-Billboard

Ouverture nuit sur le El qui passe. Le Jumbo mart, lundi, 4 heures du matin. Un homme traverse la rue, tenant un journal au dessus de sa tête pour se protéger de la pluie qui clapote. La caméra se tourne pour le suivre vers l’entrée des urgences du Cook County.
Les premières secondes de l’épisode final d’Urgences sont semblables à de nombreuses autres, d’intro, de lien, de quinze ans du monstre médical de NBC. Et pourtant…
Nous sommes le 2 avril 2009, et dans 80 minutes plus les pubs, l’une, si ce n’est LA, des plus grandes séries médicales va s’achever après un record de 15 saisons et plus de 300 épisodes. C’est quelque chose de rare. D’autant que cet épisode va lui valoir le record du nombre de téléspectateurs pour un series finale depuis Arabesque en 1996. 16,4 millions de personnes regardent NBC ce soir là.

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Depuis quelques années, les audiences baissent tranquillement mais sûrement, les poids lourds de la série ont depuis longtemps quitté le navire, ceux qui les ont remplacé ont eux aussi commencé à partir, et la série peine à se renouveler, tant au niveau des personnages que des intrigues. Mais on ne quitte pas un public sans un beau geste, surtout après avoir tenu si longtemps. Après la grève des scénaristes, en 2008, NBC offre à son joyau une dernière chance de briller, une dernière saison. Annoncée dès le départ comme telle, elle aura pour but de clore toutes les intrigues et d’offrir au public un bel adieu.

On va donc voir se succéder les guest stars dont on rêvait depuis longtemps, allant même jusqu’à chatouiller les morts. En effet, les producteurs convainquent la plupart des « anciens » de repasser faire un coucou à la caméra, et parmi eux Georges Clooney (ben oui, c’est là qu’il a commencé, avant d’être Georges), Anthony Edwards, Julianna Margulies, et surtout le chéri de ces dames, Noah Wyle.
John Carter, le personnage de Noah Wyle, est l’un des plus marquant de la série. C’est aussi grâce à lui qu’on était introduit, il y a 15 ans, au monde des Urgences. Et dans cette quinzième saison, c’est grâce à lui que l’on va retrouver, au fur et à mesure, le fil avec les anciens de la série. C’est à cause de son opération des reins que l’on revoit Benton, c’est pour lui que Neela et Sam vont chercher un rein dans l’hôpital de … Doug Ross (Georges!!) et Carol Hathaway… Au passage, si vous avez l’occasion, cet épisode, le 19, offre une perf’ d’acteur assez belle de Susan Sarandon. Enfin c’est l’ouverture d’un projet qu’on pensait abandonné depuis longtemps, un centre pour personnes défavorisées qui va nous permettre de revoir Weaver, Lewis, Corday…
Au fur et à mesure de la saison, chaque personnage a sensiblement grandi, avancé, résolu ses intrigues ou en a ouvert de nouvelles.

Retournons a notre épisode. Comme souvent dans Urgences, le calme n’est que de courte durée et un premier patient est pris en charge par Gates, un des médecins titulaires, et nous suivront sa gestion de ce cas, et son impact sur lui, ses choix personnels, sa vie, dans l’épisode. Ici, une adolescente dont on découvrira très vite qu’elle a fait une overdose d’alcool. Rien de plus classique pour Urgences. Au passage, si vous ne vous souvenez pas de qui est Gates, piqûre de rappel, c’est aussi Oncle Jesse dans La Fête à la maison.
Puis vient une surprise, le générique qui fait la part belle aux anciens qu’on va revoir, et aux nouveaux.

Et le reste… le reste c’est presque de l’épisode typique d’Urgences. Différents blessés, problèmes se succèdent, et notre équipe tente de les gérer aussi bien que possible. Un titulaire qui n’a pas envie de jouer les baby sitters ? et c’est l’interne qui se retrouve à devoir faire faire un tour des Urgences aux futurs étudiants en médecine, un gamin qui se coince un truc dans le nez… Mais si on regarde bien, il y a plus que ça.

Parmi les étudiants en visite, il y a une gamine qu’on connaît bien, Rachel Greene, fille de feu le Docteur Greene. Repérée par Carter, elle va avoir un véritable aperçu du travail aux urgences. Ici les scénaristes réussissent le pari fou de faire d’un personnage peu aimé des spectateurs (ou peut être juste de moi ?) le symbole non seulement de la continuité du service des urgences, mais surtout de son futur. La Neela Rasgotra des années 2015, ce sera elle. Et tous ceux qu’elle croisera sur son passage.
Le futur c’est Rachel, la continuité, c’est son presque déjà mentor Carter, mais c’est aussi tous ceux que l’on voit s’activer dans l’épisode : Brenner, Morris, Sam, … Et une petite nouvelle dont on a la sensation qu’elle aurait pu être là depuis déjà quelques épisodes, Julia Wise (oh le jeu de mot facile ! Wise = sage en anglais) aka Alexis Bledel (aka Rory Gilmore). Et Julia de devoir traiter avec plus ou moins de facilité un vieil homo HIV positif avec un cancer. Un type dont l’espérance de vie n’aurait pas dû dépasser les années 80, et pourtant. Et pourtant il s’amuse presque de ce miracle, choisissant de partir en paix, sans acharnement médical, aujourd’hui, demain, bientôt.

ER the 15th and Final Season

Tout au long de l’épisode, la métaphore est répétée, multipliée, comme avec le cas de cette grand mère en fin de vie, dont le mari peine à la laisser partir. Et l’équipe des urgences lui montre qu’il est temps. Sa fille qui l’a abandonnée (les spectateurs sont ici directement visés) revient pour un dernier adieu, regrettant alors ses années de silence. Vous regrettez Urgences, vous êtes revenu juste pour la fin et vous auriez bien vu une ou deux saisons de plus finalement ? Il faut vous faire à l’idée, c’est fini, et Sam et Gates sont là pour vous aider à appréhender l’idée. Et pour avancer personnellement eux même aussi !

Et même la grande tradition tragique de la série sert cet argument, quand une maman vient accoucher douloureusement, pour décéder sur la table d’opération, après avoir mis au monde ses jumelles.

Tous les personnages ont leur part à jouer dans cet épisode, qu’ils soient là pour nous dire un dernier adieu (Neela, Ray, Kerry Weaver…) ou pour continuer à apprendre, à vivre, preuve que vous où eux, la série n’est qu’un passage, un moment. Ce n’est pas parce que les caméras s’éloignent que tous cessent de vivre, la série se veut, comme toujours, ancrée dans la réalité.

Alors on sourit en voyant le gamin de Benton tout grandi. On écoute les derniers conseils de Carter. Et, alors qu’un accident va encore occuper nos personnages toute la nuit Carter interroge Rachel « Docteur Greene ? Vous venez ? », elle y va, la caméra s’éloigne, la musique du générique démarre, les ambulances se pressent, le El passe. Urgences, c’est fini. Mais c’était bien.

Crédits : NBC

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