Image Image Image Image Image Image Image Image Image Image
Scroll to top

Top

2 Commentaires

Parks and Recreation: Zape ou Mate?

Parks and Recreation: Zape ou Mate?
Charlotte Calignac

Alors que la série The Office faisait un carton sur NBC durant sa saison 3, la tentation de faire une série spin-off s’est sérieusement posée. La chaîne, incarnée par Ben Silverman, était en tout cas extrêmement intéressée. Les créateurs de The Office, Greg Daniels et Michael Schur furent donc consultés pour concevoir ce projet. Ils en furent incapables (deux fois, puisque le spin-off sur Dwight à la Ferme fut, fort heureusement, abandonné très vite).

C’est ainsi que naquit Parks and Recreation, une série fortement inspirée de The Office, qui suit les aventures du département des parcs et loisirs dans une petite ville fictive d’Indiana. La série, diffusée durant 7 ans sur NBC et qui s’est conclue plus tôt cette année, sera sur Canal+ Séries à partir du 5 juin.

Et vous auriez vraiment tort de la louper. Sauf la saison 1, que vous pouvez squeezer sans regret.

Ça tombe bien, elle ne dure que 6 épisodes, comme la saison 1 de The Office. Cette saison 1 ne fonctionne pas précisément parce que le ton est trop ressemblant. Leslie Knope, le personnage principal incarné par la brillante et hilarante Amy Poehler, est une espèce de transposition du personnage phare de The Office Michael Scott, joué par Steve Carell. Or, le véritable talent de l’acteur est d’incarner des personnages clown-tristes, fonctionnant sur l’autodérision, et la capacité à mettre mal à l’aise l’audience, à lui détester le personnage tout en lui faisant ressentir beaucoup de pitié à son égard. Ce n’est pas du tout le point fort d’Amy Poehler, et les six premiers épisodes font passer Leslie pour une perfectionniste pathétique et ridicule, avec tous les défauts reprochés aux femmes à des hautes fonctions. En gros, pendant 6 épisodes, Leslie Knope est une cruche qui veut bien faire, entourée de personnages qui se moquent plus ou moins ouvertement d’elle.

À partir de la saison 2, le personnage principal est réécrit pour correspondre aux forces de Amy Poehler. Parks and Rec devient une série où les collaborateurs de Leslie soutiennent son perfectionnisme, tout en restant eux-mêmes (à savoir selon les personnages : des degrés plus ou moins poussifs du stéréotype du fonctionnaire). Chacun a ses faiblesses dont on rit avec bonne humeur, chacun a ses moments de gloire. Les projets et les conflits qui en découlent viennent mettre en perspective avec beaucoup d’humour la folie de la politique locale au sein d’une mairie.

La série, résolument féministe, est un univers dans lequel on ne rit pas des gens mais dans lequel on rit avec eux et c’est en cela que je la trouve efficace. Certes, tous les personnages sont des caricatures, des stéréotypes un peu poussés. April est la stagiaire qui refuse de travailler, Ron le directeur qui déteste le concept-même du gouvernement (surtout le gouvernement fédéral), Tom a choisi d’être fonctionnaire pour avoir une paie fixe et pouvoir mener ses projets de grandeurs en tant que planqué. Mais tous ces personnages réussissent à mettre beaucoup d’humanité dans l’univers de Pawnee, la ville des États-Unis qui détient (fièrement, au grand dam de Leslie) le record du taux d’obésité du pays.

parks-and-rec

Mais justement grâce au ton « gentil » de l’humour, on évite les moqueries faciles et on se focalise sur des vannes très efficaces et rythmées. Ce n’est pas parce qu’on est dans le département du parc et loisirs dans une ville paumée du midwest Américain où les gens sont gros que la série deviendra une satire insistant sur la stupidité des habitants, ou sur le manque d’ambition des fonctionnaires et des habitants. C’est tout le contraire : Leslie Knope prouve que même avec un poste type « placard », donné à des femmes par misogynie on peut faire de grandes choses, évoluer et réussir. Certes, certains habitants sont stupides, mais il y a une telle affection pour tout ce qui fait Pawnee (le bon comme le mauvais) que le mépris n’a jamais sa place et que les vannes marchent sans pour autant se sentir supérieur.

On rit beaucoup devant Parks and Recreations. On vit de grands moments d’émotion, des réflexions et mises en perspective sur des sujets rarement évoqués dans des comédies. On voit aussi Michelle Obama, Joe Biden et pas mal de véritables sénateurs américains faire des caméos dans la série.

Si ça, ça ne vous donne pas envie de vous ruer sur la série, je ne sais pas quoi vous dire de plus.

Crédits: NBC

  • 21h54

    Est-ce qu’on sait si c’est dispo en VOST ?

    • http://twitter.com/alexandreletren Alexandre LETREN

      Sur Canal+ toujours