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Scorpion, le nouveau carton de M6

Scorpion, le nouveau carton de M6
Priscilla Casadei

La série Scorpion est décrite comme LA sensation de cet hiver par son diffuseur M6. Elle reste dans la lignée de ses séries fétiches comme NCIS et NCIS Los Angeles, Bones ou plus récemment Elementary avec ses personnages à la personnalité très marquée.

Scorpion se concentre sur les aventures d’une équipe de surdoués à la tête de laquelle, Walter O’Brien dirige les opérations. Cette série s’inspire de la vraie vie de ce prodige qui à seulement onze ans a été capable de pirater le site ultra sécurisé de la NASA.

La première saison compte 22 épisodes et il faut reconnaître que la promo faite par M6 pour lancer Scorpion a été vraiment accrocheuse et cela m’a donc convaincue de me poser devant dès le début de la diffusion. Le concept n’est pas le plus novateur mais il suscite tout de même de la curiosité et semble être la promesse d’un bon divertissement.

Le pilote intitulé très sobrement QI 197 pose évidemment les bases de la série en dévoilant les personnages et leurs personnalités pour le moins atypiques. Walter est accompagné de Happy Quinn qui se démarque par sa maîtrise des technologies. Elle est aussi bien capable de réparer n’importe quelle machine endommagée que d’être un véritable génie de l’informatique. Toby Curtis est le comportementaliste de l’équipe mais aussi un accroc au poker ce qui lui a valu pas mal d’ennuis. Sylvester est un maître dans la manipulation des chiffres et celui qui a la mémoire visuelle la plus impressionnante de tous. Enfin il y a Paige, la maman célibataire qui sera embarquée dans l’équipe afin d’apprendre à ces génies la compassion et la communication avec un monde qui leur semble hostile.

Je suis restée assez perplexe à la fin du pilote pour plusieurs raisons. Le parti pris par les scénaristes n’était clairement pas assez réaliste et maladroit dans son écriture. D’accord, le premier épisode doit marquer les esprits pour que les spectateurs regardent les suivants mais là c’était trop. Walter et son équipe sont retrouvés par l’agent fédéral Gallo qui a besoin de leurs capacités intellectuelles hors du commun afin de sauver une cinquantaine d’avion d’un crash certain car leur programme d’atterrissage a été infecté par un virus informatique puissant empêchant toute communication et toute manœuvre des pilotes. Jusque là, c’est une situation assez classique qui est reprise par un grand nombre de téléfilms à sensations donc rien de déroutant pour le spectateur, il sait ce qu’on va lui offrir comme type de scénario. Cependant l’épisode tourne assez longtemps en rond et cela irrite un peu car il est trop prévisible. Le personnage de Walter se fait moraliser comme un enfant par Paige pendant les trois quarts du temps et subitement, il y a la révélation ! Walter retrouve un côté humain et de battant en ne pensant plus en terme de quelle solution provoquera le moins de pertes humaines en voulant sauver tout le monde et Paige se transforme en sorte de super woman championne de rallye automobile dans les rues de Los Angeles puis de cascadeuse sur la piste de l’aéroport. L’épisode se finit évidemment bien car tout le monde est sauf, l’équipe est officiellement formée et Paige sort de sa condition de serveuse pour endosser le rôle de lien entre le commun des mortels et eux. Ok.

CBS_SCORPION

L’écriture m’a posée problème car elle part dans tous les sens : la tension, qui doit être là pour tenir le spectateur en haleine mélangée à trop de bons sentiments à des moments pas toujours bien choisis, est assez maladroitement orchestrée ce qui plombe le rythme de l’épisode et qui est assez symptomatique de Scorpion dans son ensemble. Cela se retrouve à plusieurs autres moments dans la série. Le spectateur comprend bien que le plus gros problème de ces surdoués est leur difficulté à s’acclimater dans une société qui les a faite souffrir en les marginalisant mais le trait est souvent trop tiré. C’est sans doute là un de ses plus gros points faibles.

J’ai tout de même continué à regarder les épisodes et j’ai eu de gros coups de coeur. Les épisodes « antivirus » sur les attaques cyber bactériologiques et « Du côté obscur » où Walter retrouve un autre génie et ancien de Scorpion, Mark Collins,sur une menace nucléaire m’ont particulièrement plu. Enfin, j’ai été enthousiasmée par le crossover NCIS Los Angeles/Scorpion. Les membres de Scorpion font équipe avec l’ultra atypique Hetty Lange qui va les aider à résoudre leur affaire de trafic d’art en partageant son expérience du terrain avec eux. J’ai aussi aimé le côté plus simple et plus logique mis en avant dans l’écriture: les personnages sont mieux utilisés et moins dans la caricature, Paige trouve sa place et Walter est moins caricatural. Bref voilà la couleur qui va le mieux à cette série !

Les personnages sont tout de même assez attachant. Mention spéciale pour Happy, incarnée par Jadyn Wong, qui celle que je trouve de loin la plus touchante. Son histoire est compliquée mais elle est sans doute celle vers laquelle il est le plus simple d’aller. Contrairement à Sylvester qui se noie dans sa timidité maladive (notamment dans « Antivirus ») ou le côté intouchable de Walter qui n’est pas toujours très bien vendu par le scénario malgré son interprète Elyes Gabel (Game of thrones, Body of Proof, Interstellar…), Happy est combattante et ne se laisse pas marcher sur les pieds. D’ailleurs en formant son binôme avec Toby, les scénaristes ont là fait un excellent choix et j’ai hâte de voir ce qu’ils nous réservent pour la suite.

Scorpion n’est peut être pas la série de l’hiver mais elle reste de bonne facture avec une réalisation qui tient la route et qui est soignée. Les thèmes principaux traités dans les épisodes assez classiques mais ça fonctionne car ils offrent un bon moment de divertissement. La série est déjà renouvelée pour une deuxième saison donc les aventures de l’équipe Scorpion ne sont pas prêtes de s’arrêter de si tôt.

Crédits: CBS

Retrouvez notre émission sur Scorpion ici