Image Image Image Image Image Image Image Image Image Image
Scroll to top

Top

Pas de commentaires

Downton Abbey: Fire walk with them

Downton Abbey: Fire walk with them
Vivien Lejeune
  • Le 24 septembre 2014
  • http://www.ecranfantastique.net/

C’est ce dimanche 21 septembre, sur la chaîne britannique ITV1, qu’a débuté la nouvelle salve d’épisodes réguliers de la série so british la plus auréolée de ces cinq dernières années. Une saison forcément très attendue un peu partout dans le Monde (même si la diffusion française sur TMC, puis HD1, s’est pour l’heure arrêtée net au dernier épisode de la saison 3 – et donc juste avant le «  fameux  » téléfilm de Noël 2012  !) puisqu’elle fait directement suite à un quatrième chapitre résolument charnière… beaucoup plus sombre et mélancolique que les trois précédents. En effet, l’après Guerre et l’entrée dans les années 20 n’ont épargné personne, aussi bien en bas qu’en haut des majestueux escaliers de Downton, et à chacun de s’interroger sur les avenirs possibles pour Lady Mary, Anna, Mister Bates, ou encore Lady Edith… Plus touchante que jamais.

Attention… Spoilers  !

De retour de Londres

Si l’épisode spécial A Journey to the Highlands n’avait certes pas manqué de choquer les téléspectateurs d’outre-Manche en ce « beau » jour du 25 décembre 2012, le téléfilm de l’année suivante avait plutôt de quoi les désarçonner… Arborant à la fois les couleurs vives de l’été (!) et l’éclat cliquant des robes, bijoux et autres parures illuminant le plus haut événement mondain du Londres de 1923, The London Season choisissait, après huit épisodes des plus denses, de faire la part belle à la légèreté de ton et à la minutie d’une reconstitution toute « aristorique » plutôt qu’à de nouvelles intrigues ou réels bouleversements… exception faite, bien sûr, de la révélation autour du mystérieux « voyage » de Monsieur Bates (Brendan Coyle). Ainsi, Lady Rose (Lily James, future Cendrillon pour Kenneth Branagh) participait-elle à son bal des débutantes  en étant dûment présentée à la Reine devant la Noblesse réunie à Buckingham Palace, tandis que Lord Robert Crawley (Hugh Bonneville) tentait de récupérer, par tous les moyens, un pli compromettant en vue d’éviter un nouveau scandale menaçant d’entacher la réputation familiale. De leur côté, les domestiques appréciaient les joies d’une journée de repos à la plage pendant que la fortune du frère de Cora, Harold (l’excellent Paul Giamatti venant jouer les guest-stars aux côté de Shirley MacLaine), était convoitée par les jeunes célibataires de la haute société… Parfois à la limite du vaudeville, ce téléfilm une fois encore presque intégralement délocalisé aurait très bien pu donner l’impression de ne « servir à rien » s’il n’avait, plus encore qu’à l’accoutumé, fait montre d’une incroyable authenticité. Telle est la véritable force de l’œuvre imaginée par Julian Fellowes. La période, les us et coutumes, aussi bien que la mode, l’art et l’évolution technologique sont autant de réels personnages, en tout point capitaux aux propos de la série. Pour preuve, ils constituent littéralement le cœur de cette London Season ; qui offre enfin aux téléspectateurs l’opportunité d’assister à des événements que les saisons précédentes ne faisaient que citer. Ainsi, Lady Sybil (Jessica Brown Findlay) était-elle, par exemple, revenue de son bal des débutantes sans que l’on en voit une seule image..

da2
Depuis cette dernière soirée de Noël, de nombreuses questions d’ordre beaucoup plus viscérales étaient donc restées sans réponses… Quel choix Lady Mary (Michelle Dockery) allait-elle faire pour son avenir ? Tom (Allen Leech) resterait-il à Downton  ? Quel secret détenait Thomas (Rob James-Collier) pour faire ainsi chanter la nouvelle femme de chambre, Phyllis (Raquel Cassidy) ? Anna (Joanne Froggatt) apprendrait-elle la vérité sur la disparition de son agresseur  ? Comment Lady Edith (Laura Carmichael) ferait-elle face à l’abandon de sa fille nouvelle-née  ?… Neuf mois plus tard, Downton Abbey fait enfin son grand retour sur ITV1 et, d’une étincelle, ravive la braise d’une addiction toujours plus dévorante.

Bienvenue en 1924

En quatre saisons, pas moins de douze années d’Histoire se sont écoulées. Mais les fantômes issus du naufrage du Titanic (dramatique point de départ aux problèmes de succession de la famille Crawley) et de la Première Guerre Mondiale sont toujours bien présents à l’intérieur comme à l’extérieur des murs de l’emblématique demeure. Néanmoins, les temps changent. Inexorablement. Ainsi est-ce au Majordome Carson (Jim Carter) que l’on demande de devenir le Président d’un comité visant à ériger un Mémorial en souvenir des soldats tombés au front ; et non plus comme il s’y attendait pourtant à Lord Crawley… Si elle peut paraître amusante, voire anecdotique, cette ponctuation scénaristique qu’offre le premier épisode de la cinquième saison de Downton Abbey n’en est pas moins extrêmement révélatrice : dans un Monde endeuillé par les millions de cadavres de jeunes héros détachés de toute classe sociale, les mentalités évoluent plus vite que ne le souhaiterait la toujours aussi irrésistible Comtesse de Grantham (Maggie Smith) et les jours de l’aristocratie telle qu’on la connaissait sont désormais comptés. Mais au-delà des questionnements politiques et sociaux, c’est en toute intimité que s’ouvre ce nouveau chapitre… Comme au premier jour, la direction photo (ici de Nigel Willoughby sur une réalisation de Catherine Morshead) est splendide et le travelling arrière qui accompagne Edith s’éloignant à vélo de la toujours aussi impressionnante propriété remet le téléspectateur dans l’atmosphère unique de la série en une simple fraction de seconde. Quelques virages plus loin, la jeune femme reste en retrait et observe sa petite fille ; qu’elle s’est arrangée pour faire adopter non loin de chez elle… Un choix de cœur pour une décision impossible qui ne manquera pas d’avoir des conséquences sur l’ensemble des épisodes a venir. Pour le reste, cette première heure démarre en trombe. Particulièrement bavardes, les premières minutes passent inlassablement du upstairs au downstairs en ce désormais coutumier et savoureux ballet, décidément huilé à la perfection. De retrouvailles en retrouvailles, on renoue sans modération avec les intrigues d’hier pour mieux constater que les choses n’ont, entre temps, pas forcément beaucoup évoluées… Lady Mary paraissant, par exemple, toujours être aussi indécise…

da3
… Et c’est un grand soulagement. En effet, depuis la disparition brutale de Matthew (Dan Stevens), Julian Fellowes, accompagné à l’écriture de Shelagh Stephenson et de Tina Pepler, n’a de cesse de traiter son deuil avec un réalisme et une pudeur toute adaptée ; là où beaucoup auraient certainement très/trop vite sombré dans la « facilité » en lui trouvant presque immédiatement un nouveau fiancé pour les besoins du fameux « love interest at all cost ». Une saison plus tard, et même si elles paraissent de mieux en mieux engagées, les choses ne sont, en effet, toujours pas forcément gagnées pour son principal prétendant : Lord Gillingham (Tom Cullen, que – il faut bien l’avouer – l’on peine toujours à voir comme le digne successeur de Dan Stevens, encore particulièrement présent dans le cœur des fans). Pour le reste, bien des questions posées plus haut trouvent (au moins les prémices de) leurs réponses et le déroulement de ce premier épisode s’impose, avec délice certes, mais néanmoins avec un léger arrière-goût routinier… jusqu’à sa soixante-et-unième et volcanique minute. Soudain, tout s’accélère. Le cœur s’emballe. Le téléspectateur se redresse malgré lui sur son canapé. Le corps crispé, il sait bien qu’il ne lui reste plus qu’à peine quelques minutes de métrage… Et tandis qu’il se laisse machiavéliquement abusé par l’une des plus vieilles astuces de l’Histoire des Dramas télévisuels, il se remémore tout à coup pourquoi il aime à ce point cette série… Parce qu’il y croit. Parce qu’il vibre. Et, contre toute attente, parce qu’il est encore surpris par une « formule » que l’on pourrait légitimement trouver amplement digérée après déjà cinq années d’existence. Mais avec des minutes comme celles-là, le doute n’est plus permis… Qu’on se le dise une bonne fois pour toutes : la rentrée de Downton Abbey est… flamboyante. da4
A l’occasion de la rentrée de Downton Abbey sur ITV1, nous vous proposons de retrouver Joanne Froggatt et Lesley Nicol (soutenue par Sophie McShera) dans « Les Bonus de Vivi ZeKid » en cliquant… ici !

Crédits: ITV1