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Pilote d’essai: Heroes Reborn (NBC)

Pilote d’essai: Heroes Reborn (NBC)
Claire Tirilly

Heroes revient! Heroes revient!  Quoi? Un remake? Mais la série n’a pas 10 ans! C’est ridicule” Voilà à quoi ressemblaient le premières réactions à l’annonce de Heroes Reborn. Voyons ce que le produit fini donne. Tout d’abord un rappel des faits. Dans Heroes, on suivait un groupe de personnes disposant de capacités extraordinaires (téléportation, guérison ultra rapide… ). Quatre saisons d’intrigues menaient finalement à la révélation au monde de l’existence de ces humains évolués, ouvrant la porte à une nouvelle ère de cohabitation avec les humains “normaux”.

Reborn reprends environ 5 ans après cette révélation, et un an après qu’un attentat terroriste ait décimé la ville d’Odessa le jour d’une grande fête célébrant la cohabitation des humains et des “Evos” (le nouveau nom des heros). L’opinion publique blame les Evos pour ce bain de sang et les force à se cacher.

Plus spin off que remake la série, présentée comme une mini série exceptionnelle de 15 épisodes, Reborn s’appuie sur tout l’univers Heroes, comic et websérie inclus.

Retrouvez Chronique d’un retour- Heroes: Dark Matters ici

La série nous propose de suivre une nouvelle galerie de personnages tous reliés à la notion d’Evos mais pas (encore) reliés entre eux. Cela va du couple chasseur d’Evos, à l’ado un peu perdu par ses pouvoirs. De l’originale ne reste Noah Bennet, l’un des personnages les plus ambivalents de Heroes, mais aussi l’élément qui reliaient les nombreux personnages entre eux.

Le problème principal de ces deux premières heures est fondamentalement ces personnages. Ils sont trop nombreux et pas assez présentés pour qu’on s’en soucie vraiment. Ce qui compte clairement pour Kring ici c’est de développer une nouvelle page de son histoire, au détriment de ses protagonistes. Il mets en place un concept, le relie à son univers, mais passe à coté de ce qui va retenir les spectateurs.

Le meilleur exemple en est le personnage de Zachary Levy. L’acteur, figure reconnaissable des geeks, cible du programme, est un chasseur d’Evos. Il va donc immédiatement susciter un intérêt. Malheureusement, ses motivations sont seulement expliquées au détour d’une phrase, comme si c’était suffisant. “Pop, on a donné l’info là, c’est bon, le spectateur va forcément s’attacher”. Pas de background, juste “ce type était à Odessa le jour de l’explosion, il a perdu son fils et maintenant il chasse les Evos”. C’est au spectateur de remplir les blancs. Quand à sa partenaire de crime, il faut plus d’une heure pour qu’on nous mentionne que c’est sa femme, sans préciser si c’est la mère du gamin décédé. Et l’alchimie entre les deux acteurs ne fonctionne tellement pas que l’on ne s’en serait jamais douté.

Heroes-Reborn-Zachary-Levi

Résultat l’idée, pas mauvaise, de faire de l’interprête de l’adorable Chuck un méchant est totalement gachée par l’absence de motivations et d’épaisseur du personnage. Tout cela parce qu’il manque un ou deux flashbacks et que Kring veut préserver le “mystère”.

Tout l’épisode est comme cela. Trop de personnages, peu d’informations qui donnent envie de s’accrocher aux personnages. Preuve en est, les seuls personnages qui fonctionnent à peu près sont ceux qui parlent du coeur et auxquels on prends le temps de s’intéresser vraiment: Tommy Clark, l’ado qui ne maitrise pas ses pouvoirs; et Noah Bennet, que l’on connait déjà et qui se découvre dans une position inédite, où il n’a qu’un souvenir partiel des événements qui l’ont amené à changer radicalement de vie.

Esthétiquement parlant bien que plus sombre que son aînée, Reborn reprends tous ses codes, ajoutant une dose de jeu vidéo / réalité virtuelle pas forcément très réussie. Le découpage de l’intrigue en volumes et chapitres qui ne respecteront probablement pas les habitudes narratives sérielles est aussi de retour.

Les pistes développées dans le pilote en terme d’intrigue sont tout de même intéressantes. On parlera d’acceptation, de guerre entre les races, de terrorisme, d’organisation secrète. Le monde de Reborn est un monde terriblement marqué par l’existence des “Evos”. Un monde violent, apeuré, qui s’interroge sur lui même, son époque, et les changements qui le marquent. Cette évolution, tristement logique, depuis Heroes, fait justement l’intérêt de la série. Les personnages dotés de pouvoirs ne sont plus une minorité inconsciente d’elle même et se découvrant, mais une communauté, avec ses leaders, ses extrêmes,… Une communauté qui vit une forme de persécution de la part de la société. On a donc finalement dépassé le stade de l’individu pour s’intéresser de manière plus globale à la naissance d’une nouvelle société dans la société. Toute référence à des événements actuels ne serait alors que peu fortuite.

Kring se rattrape donc en partie avec son intrigue, tout en espérant qu’il ne nous refasse pas au final la même chose que dans Heroes avec des personnages différents.

Heroes Reborn

Au final, les fans de la série originale apprécieront certainement retrouver un univers qui leur avait peut être manqué, les nouveaux spectateurs, eux, risquent certainement de se perdre dans ce monde complexe. Le pari Heroes Reborn n’est pas encore gagné.