Image Image Image Image Image Image Image Image Image Image
Scroll to top

Top

Pas de commentaires

Profilage: une saison 6 vers la lumière?

Profilage: une saison 6 vers la lumière?
Alexandre LETREN

La review

LA SAISON
7
LES SCENARIOS
7
LE CASTING
8
7.3

Des réserves mais toujours de la grande qualité

En 5 saisons, Profilage s’est imposée comme une série majeure de la télévision de ces dernières années, notamment pour son audace, ses personnages et la gestion de sa mythologie. Aussi, la saison 6, prévue pour le 5 novembre prochain, est attendue à plus d’un titre. D’abord parce que la fin de la précédente saison avait laissé ses fans sur une série de cliffhangers insoutenables (Chloé poignardant Rocher et Fred assassinée); ensuite parce qu’il s’agit de la dernière pour Odile Vuillemin, remarquable interprète de Chloé depuis 5 ans. Quelles orientations prendra la série pour les ultimes aventures de son héroïne originale?

Cette critique repose sur le visionnage des épisodes 1 à 6/10

Pour la première fois, il n’est pas aisé pour moi d’écrire sur une nouvelle saison de Profilage. Non pas car soudain, je me surprend à ne plus aimer la série, ce n’est pas ça. Mais sans doute parce que je suis plus mesuré sur certains éléments.
L’enjeu pour les deux créatrices de la série est important: elles doivent apporter une fin satisfaisante à leur personnage centrale tout en relançant la série qui va perdurer au-delà de cette saison 6.
Mais afin de lever toute ambiguïté, disons le tout de suite: Profilage n’a rien perdu de sa superbe, ni de ce qui en fait une grande série populaire. Le cast est toujours très solide et les histoires prenantes. Mes réserves se situent plus à la marge.

En premier lieu, et ça ne devrait surprendre ni Fanny Robert ni Sophie Lebarbier, je suis assez mitigé sur la résolution du cliffhanger de la saison 5. Le « time jump » pour se sortir d’un cliffhanger magistral ne peut pas être dégainé de manière systématique. Or en 6 saisons, c’est au moins la 3ème fois que nos amies auteures y ont eu recours (entre les saisons 2 et 3, 4 et 5, et maintenant 5 et 6). Le procédé est je trouve un peu facile car il évite d’avoir à gérer de manière directe les conséquences de ce que l’on a semé la saison passée. On peut dès lors se concentrer sur des conséquences moins directes. Ceci étant dit, pour mesurer mon propos, depuis l’écriture et le tournage du final de la saison 5, Odile Vuillemin a annoncé son départ de la série, et les fans manifestés leur déception de voir la série devenir trop sombre (ici). Dès lors, le « time jump » est un peu le derniers recours pour préparer de manière satisfaisante le départ de Chloé en fin de saison.
Second point, et je ne vous spoilerais, je trouve que le twist entourant le passé de l’un des nouveaux personnages est un peu (beaucoup) tiré par les cheveux.

PROFILAGE SAISON 6

Ceci étant précisé, passons à présent au reste, à commencer par l’héroïne de la série. Le talent de Odile Vuillemin ne fait aucun doute dans ces épisodes de Profilage. Je l’ai dit, mentionné et défendu à maintes reprises mais la comédienne a trouvé avec Chloé un personnage à sa mesure et elle se l’approprie de manière remarquable. Apaisée, solaire, lumineuse, Chloé a changé en saison 6, sans doute profondément marquée par ce qui lui ait arrivé en fin de saison 5. La jeune femme n’est plus victime de ce qui lui arrive mais prend réellement son destin en main.
Autre atout de cette saison: Raphael Ferret. A mesure que les saisons avancent, il dispose de bien plus de place, et peut ainsi affiner son jeu et montrer son talent. Les auteur(e)s de la série lui ont réservé de très belles scènes en début de saison, des scènes de solitude, de tristesse assez remarquables. Enfin, la série peut se vanter d’avoir une nouvelle recrue de choix, la très talentueuse Sophie de Fürst (Emma). Elle remporte haut la main la double mission qui lui incombe: s’intégrer dans une équipe constituée depuis le début de la série (ou presque), et remplacer un personnage très populaire auprès des fans.
Mais, et ce n’est pas nouveau, comment ne pas souligner la pépite découverte il y a deux saisons maintenant par Fanny Robert et Sophie Lebarbier: Juliette Roudet? La jeune comédienne revient camper son personnage d’Adèle durant un épisode qui est sans doute pour moi l’un des meilleurs de ces 6 épisodes et démontre, s’il était encore nécessaire, son talent. Difficile de dire si c’est elle qui emportera le rôle principal de la série la saison prochaine mais elle le mérite tellement (et cet épisode continue, notamment par son fil rouge à elle, de nous le confirmer). Très belles scènes de danse en début et fin d’épisode, renforçant tout le passé trouble qui entoure le personnage.

*Redécouvrez notre interview de Juliette Roudet ici

PROFILAGE SAISON 6

Dernier point à mentionner: les intrigues. Si l’on peut regretter l’absence d’une intrigue au long court sur la saison (comme la maladie de Chloé en saison 5), il ne fait nulle doute que les auteurs de la série n’ont pas perdu la main et savent écrire des intrigues policières passionnantes et prenantes (mention très spéciale à l’épisode « Sacrifiées« , incroyable de noirceur). Il est aussi hyper intéressant de découvrir comme en saison 4 avec un épisode centré sur la possession démoniaque des histoires confrontant le prétendu surnaturel à la psychologie.
La réalisation des épisodes de la série a aussi monté d’un cran dans cette nouvelle saison avec des séquences réellement maîtrisées.

Il est encore trop tôt pour savoir comment cette saison, cruciale pour Profilage, va se terminer ni les choix opérés par les auteurs pour terminer l’ère Chloé et entamer la suivante.
Avec cette saison 6, les fans de la première heures devraient être contents de retrouver l’ambiance « plus légère » qu’avait la série dans les premières saisons (notamment la présence de plus d’humour) et le retour de plus de « lumière » dans le destin de l’héroïne. Des choix que l’on comprendra aisément. Sans les partager tous (sans aurais-je souhaiter un destin plus tragique pour Chloé), il ne fait aucun doute qu’une nouvelle fois, l’équipe à la tête de Profilage tient en main sa série, maîtrise l’écriture et sait ce que c’est d’écrire une série pour une grande chaîne comme TF1, sans négliger la recherche de qualité et d’une réelle originalité. 

Crédits: TF1