Image Image Image Image Image Image Image Image Image Image
Scroll to top

Top

Un Commentaire

Rentrée des classes: House of cards saison 2

Rentrée des classes: House of cards saison 2
Christophe Brico

Une nouvelle saison ce n’est pas que des nouvelles séries, c’est aussi le retour des séries que nous suivons, que nous attendons depuis leur fin de saison dernière. Souvent conclues par un cliffhanger, celles-ci doivent raccrocher les wagons et re-stimuler l’intérêt du spectateur. Bienvenue dans une série d’articles consacrés au retour de nos séries préférées. 

La série surprise de l’année dernière, House of cards, nous revient avec une saison 2 totalement à la hauteur de la précédente. Après une première saison exemplaire qui avait assit Netflix au rang des producteurs de contenus qui comptent, il fallait transformer l’essai, et la tâche était ardue tant les attentes étaient grandes. Il faut bien le reconnaître, c’est un Homerun !

Attention Spoilers!!!

The power of love

On ne peut pas nier que la première saison de House of Cards fut un événement. La qualité de la série, d’une part, mais surtout le fait que ce soit une production Netflix, d’autre part, ont fait leur effet. Rappelons que Netflix est un service de SVOD (vous payez un abonnement mensuel et vous accéder à l’ensemble du contenu), et non une chaîne de télé, et que l’ensemble de la première saison a été immédiatement disponible. C’est le spectateur qui est maître du temps et calendrier de sa diffusion personnelle. Pour un coup d’essai, ce fut un coup de maître, et House of Cards est instantanément rentré dans le panthéon des Grandes séries, et fait entrer Netflix dans la cours des grands également.

Les raisons de cette réussite sont multiples mais citons-en tout de même quelques unes. Au premier rang le cast. L’ensemble des acteurs, premiers rôles ou non, apporte sa touche particulière et donne au show son ton. Dans la première saison on citera notamment Kate Mara (Zoe Barnes) et Corey Stoll (Peter Russo), qui proposent tous deux une composition loin des archétypes du genre. Ensuite, il faut bien évidemment citer Beau Willimon et la qualité d’écriture de la série. C’est un peu une constante dans les séries “politiques”, mais le script et les dialogues tiennent une place fondamentale dans la qualité de la série. C’est d’autant plus vrai ici, que le concept est poussé jusqu’à la négation du “quatrième mur”, Franck Underwood s’adressant directement au spectateur. Enfin, et ce n’est pas rien, il faut bien entendu mentionner la qualité graphique du show, imprimée dès le pilote par David Fincher, et qui se maintient tout au long des saisons 1 et 2. A priori ces trois qualités cardinales semble évidentes, mais au final, peu de séries sont capable de toutes les revendiquer à la fois.

Après le succès incontesté de la saison 1, la série revient pour la suite des aventures de Franck et Claire Underwood. Dès la séquence d’ouverture du premier épisode on comprend que le focus de cette nouvelle saison mettra le couple au coeur des intrigues. Ce n’est plus Claire et Franck chacun de leur côté, mais bien l’histoire des Underwood ensemble.

Rappelons que malgré les manipulations, les drames, les coups et les contrecoups, les coups vicieux, les coups fourrés, les coups par derrière, les coups de gueule, les coups de maître et les coups du sort, l’un dans l’autre, Franck Underwood a su s’élever, tout au long de la première saison vers une position meilleure que celle qui lui passe sous le nez au début de la série et provoque les événements que nous connaissons. Sans trop en dévoiler, sachez que cette nouvelle saison reprend en grande partie les recettes qui ont fait le succès de la première, mais en les poussant encore plus, parfois à la limite de l’extrême ou de l’absurde, mais sur l’ensemble, ça marche.

Certains personnages connu prendront un peu plus de place dans cette saison. Au rang des nouveaux arrivants, le personnage de Jacqueline Sharp (Molly Parker) sort particulièrement sont épingle du jeu. Côté manettes, James Foely est pratiquement le réalisateur attitré de la série (6 épisodes sur les 13 de la saison), mais sans omettre une réelle touche féminine puisque Robin Wright et Jodie Foster réaliserons chacune un épisode (“Chapitre 23” pour la première et “Chapitre 22” pour la seconde). Bien entendu, c’est toujours Beau Willimon à la barre. S’il ne prends pas directement part aux épisodes, David Fincher est toujours crédité comme producteur executif.

La série a, comme l’année dernière, été mise en ligne sur Netflix dans son intégralité le 14 février 2014. C’était un vendredi, et beaucoup de commentateurs on vu l’intégralité dans le week-end. Petit note personnelle, votre rédacteur a mis 3 jours pour tout voir…

The Binge Watch Theory

Si l’on met une seconde de côté l’histoire, House of Cards c’est la peinture d’un monde politique violent et brutal. Une violence et une brutalité contenue la plupart du temps. Les coups y sont rarement directs, la perception y est presque toujours cynique, et ce ne sont pas nécessairement les gentils qui gagnent. C’est même, d’une certaine manière, une vision très subtile de la théorie de l’évolution, la survie du mieux adapté. Dans ce contexte, les personnages de Franck et Claire Underwood sont membres de l’espèce dominante.

Cette seconde saison est encore plus violente et brutale que la première. Jouant sur les codes établis en saison 1, Beau Willimon s’amuse à pousser encore plus loin. Parmi les grands progrès de cette saison, les affrontements dialogués entres personnes de pouvoir sont mieux écrits, plus concis et plus intenses. Si l’on devrait faire une comparaison avec un autre auteur brillant de la vie politique américaine : là ou un Aaron Sorkin écrit des dialogues fait pour mitrailler, jouant sur la vitesse, le rythme et le mouvement, Beau Willimon, lui, fait monter la tension pour envoyer des coups plus rares mais puissants. Evidemment, cet atout de la série sera pour d’autres un handicap. C’est une série au rythme relativement lent, à l’échelle d’un épisode. Mais c’est justement toute la différence : House of Cards se regarde à l’échelle de toute une saison et non uniquement à celle d’un épisode.

Il y a bien entendu quelques points négatifs dans cette saison. On citera le destin un peu “évacué” de certains personnages. La tendance à aller vers l’extrême, notamment dans l’intimité des Underwood, par pure provocation, sans que cela apporte réellement quelque chose à l’intrigue. Une partie de l’intrigue autours de Claire Underwood est un peu trop tarabiscotée pour tenir la route si l’on y regarde de près. Néanmoins, faut-il vraiment y regarder de près ? On revient à la question de l’échelle.

Au final, on pourrait dire que House of Cards c’est un unique épisode de 13h par an. Et si l’on se place à cette distance, force est de constater que la saison deux tient non seulement les promesses de la première, mais pousse encore plus loin le théâtre de marionettes dans lequel se débattent nos personnages, et que, semble-t-il, seul Franck Underwood, capable de s’adresser directement au public, est capable d’appréhender.

Une saison à ne manquer sous aucun prétexte donc, House of Cards nous offrant ce que l’on fait de mieux en termes de drama politique, et cette saison se concluant par une séquence juste hallucinante et totalement iconique, qui marquera sans doute les esprits.

Crédits: Netflix

Commentaires

    Laisser un commentaire