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Dealey Plaza (Episode 2): American Dreams

Dealey Plaza (Episode 2): American Dreams
Claire Tirilly

Les interprétations de l’assassinat de JFK dans les séries ne sont jamais utilisées à la légère. En effet, l’événement est d’une telle ampleur – un assassinat en direct, et du leader du monde libre qui plus est -, qu’il est toujours utilisé pour donner une forte intensité dramatique à l’histoire ou au personnage qui y est impliqué. Alors que le pilote d’American Dreams (2002-2005 sur NBC) se terminait sur les réactions de ses personnages principaux à l’annonce du décès de JFK, les scénaristes choisissent de s’intéresser aux conséquences directes de l’événement.

Un écran blanc, le début d’Amazing Grace, le visage de John John, si ressemblant à celui de son père, puis Jackie. Pas d’image de l’attentat, mais les archives de l’enterrement du président tant aimé. Puis la caméra prend de la distance, on voit la télévision dans laquelle les images sont diffusées, et dans son reflet, la famille Pryor, une famille américaine normale, catholique, blanche, de Philadelphie.

Tous regardent l’enterrement, tristes, comme si ils enterraient eux même une connaissance. L’adolescente, Meg, écrase même une larme sur sa joue. La séquence dure au total près de quatres minutes, entre l’enterrement, le diner qui le suit, puis le générique. “… Everybody knows we have no fear, this is my generation…” (Tout le monde sait qu’on a peur de rien, voilà ma génération)

American Dreams nous parle de l’Amérique des 60’s, une Amérique qui va bouillir de changements forts, mais en commençant avec l’assassinat de Kennedy, elle renforce aussi le portrait de ses héros. Les Pryors ne sont pas plus tristes que les américains moyens, ils ont un sens patriotique fort, comme beaucoup de leurs pairs. Et JFK était, pour certains, comme JJ, le fils ainé, une forme de guide.

L’événement interroge la famille dans ses certitudes. Personne ne parvient à répondre à la simple question “pourquoi lui a t’on tiré dessus ?”. L’épisode va permettre aux personnages de faire le deuil de leur président, tout en montrant que leur monde, maintenant fragilisé, a peut être déjà commencé à changer.

Car c’est effectivement cette notion de changement en elle même qui est au cœur de la série. Le décès de JFK semble donner comme un souffle de courage à Helen Pryor, la mère de famille, d’aller explorer de nouveaux modes de réflexion, de se questionner sur son statut de femme. L’épisode est aussi l’occasion, au travers des diverses chansons, d’une ode à l’affirmation de soi. Et le temps d’une image, on comprend aussi qu’on ne parlera pas ici que des blancs. L’épisode est intitulé “la fin de l’innocence”, la révolution culturelle et sociétale est en marche.

La série, véritable lettre d’amour à une Amérique peut être aujourd’hui perdue, utilise son ancrage fort dans la réalité pour jouer avec ses personnages, les renforcer ou les mettre en difficulté, mais aussi pour souligner tout ce qui les unit. Alors qu’elle posait ses bases narratives dans le pilote, l’épisode 2, par son traitement de l’actualité, nous montre à quel point celle ci va avoir un impact sur nos personnages, et qu’elle scellera peut-être aussi leur destin.

Enfin, et surtout, c’est une preuve de plus que la série se veut un portrait fidèle de l’époque, au travers d’une famille, valeur fondatrice de la société américaine.

Les 60’s en série ce n’est pas que Mad Men.

Crédits: NBC