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Un Commentaire

Il était une fois…Sherlock (6/7): The Hounds of Baskerville

Il était une fois…Sherlock (6/7): The Hounds of Baskerville
Carole Llombart

L’histoire la plus connue et la plus adaptée de Sherlock Holmes est sans nul doute The Hound of the Baskervilles. Et qui mieux que Mark Gatiss, qui affectionne plus que tout le genre horrifique, pour l’adapter ? Bien sûr, passer après la maestria d’A Scandal in Belgravia n’est pas chose aisée et l’histoire fait tellement partie de l’imaginaire collectif qu’il arrive que le téléspectateur devance Sherlock. Mais cet épisode est avant tout un hommage de Gatiss au canon, un épisode particulièrement fun où les scènes entre Sherlock et John sont une grande réussite et les images de Paul McGuigan installent une atmosphère particulière dans cette campagne britannique collant parfaitement à l’intrigue.

Histoire

Henry Knight vient demander l’aide de Sherlock et John pour poursuivre ses démons. Enfant, il a assisté à la mort de son père, persuadé qu’il a été tué par une bête monstrueuse. Après des années de thérapie, il revient sur les lieux de son enfance et est persuadé d’avoir revu cette bête monstrueuse. Sherlock et John partent à Baskerville, où est installée une base militaire, bien décidés à résoudre ce mystère. Mais Sherlock est-il prêt à tout envisager ?

La relation Holmes/Watson

Cet épisode est celui qui met le plus l’accent sur l’amitié entre ces deux hommes. Il est aussi celui qui montre un Sherlock vulnérable qui ne supporte pas l’idée d’être vulnérable et qui s’enferme une nouvelle fois dans sa bulle. Mais pour la première fois, John n’accepte plus d’être exclu et pour la première fois, Sherlock formule son amitié pour John. S’il l’avait présenté comme un ami dans The Blind Banker (1×02), c’était presque sous forme de boutade. Ici, le terme ami prend tout son sens. Mais bien sûr, le consultant detective ne peut s’empêcher d’en faire voir de toutes les couleurs au pauvre John.

Références à l’œuvre de Sir Conan Doyle

Cet épisode est bien évidemment une adaptation d’une seule et même histoire, celle de The Hound of the Baskervilles. L’enjeu est bien sûr de la moderniser, mais Mark Gatiss a tenu à garder la réplique culte « they were the footprints of a gigantesc hound » en en faisant un élément essentiel de son intrigue.

Henry Knight : dans la nouvelle de Conan Doyle, la première victime potentielle est Sir Henry Baskerville. Le Henry Knight de Mark Gatiss, interprété par Russell Tovey, est le pendant moderne du personnage d’origine, bien qu’il ait perdu son titre de Sir.

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Réplique culte de Sherlock Holmes : dans A Sign of Four, Sherlock Holmes dit cette phrase rentrée dans la postérité : « When you have eliminated the impossible, whatever remains, however improbable, must be the truth. » Mark Gatiss reprend cette citation dans son intégralité alors que Sherlock est en pleine crise d’angoisse après avoir vu ce qu’il n’aurait jamais dû pouvoir voir.

Signaux lumineux : dans la nouvelle de Conan Doyle, Watson surprend Barrymore, le valet des Baskerville, en train de communiquer avec Herny Selden, son beau-frère, au moyen d’une lanterne. Cet Henry Salden s’était échappé de la prison de Dartmoor. Mark Gatiss s’est amusé avec cette référence : Watson découvre de mystérieux signaux lumineux qui semblent être un code. Il s’agit en fait d’un signal permettant à plusieurs couples de se retrouver en voiture dans un coin reculé. L’une des passagères dira même « Mr Selden, you’ve done it again. »

Watson qui éclaire Sherlock par sa simplicité : la nouvelle de Conan Doyle débute avec Holmes demandant à Watson de s’exercer aux déductions (comme ce fut le cas dans The Great Game, 1×03, lorsque Sherlock demande à John d’examiner les baskets de la première énigme). Watson s’exécute et bien sûr passe à côté de l’essentiel ce qui fait dire à Holmes : « Really Watson, you excel yourself… I am bound to say that in all the accounts which you have been so good as to give of my own small achievements you have habitually underrated your own habilities. It may be that you are not yourself luminous, but you are a conductor of light. Some people without possessing genius have a remarkable power of simultating it. I confess, my dear fellow, that I am very much in your debt. » Mark Gatiss reprend presque mot pour mot cette réplique alors que Sherlock comprend un élément essentiel grâce à John.

Référence au film The Private Life of Sherlock Holmes

Ce film sorti en 1970 et réalisé par Billy Wilder a profondément marqué Steven Moffat et Mark Gatiss et de la même manière que le matériau original de Conan Doyle, il a façonné leur Sherlock. D’ailleurs, leur Mycroft est assurément celui de Billy Wilder, plutôt que celui de Conan Doyle. Il était donc tout naturel que les deux cocréateurs y fassent référence dans leurs scénarios.

Dans The Hounds of Baskerville, Mark Gatiss compile en une scène plusieurs scènes de The Private Life of Sherock Holmes. Holmes s’ennuie, aucune affaire intéressante ne se présente et on ne lui offre que de misérables enquêtes que n’importe quel inspecteur pourrait résoudre. Lorsque Holmes s’ennuie, il prend une solution de cocaïne diluée à 5 % (que Watson dilue à 7%), il expérimente et classifie 140 sortes de cendres de cigarettes et cigares. Lorsque Holmes s’ennuie, il est d’une humeur massacrante et s’en prend à Mrs Hudson qui a nettoyé son bureau et se désespère alors que Watson ne comprend pas que son cerveau a besoin d’être stimulé en permanence. Mark Gatiss reprend plusieurs des répliques du film de Billy Wilder dans la première scène de l’épisode entre Sherlock et John : « How, I envy your mind, Watson. It’s placid, impertubable, prosaic. But my mind rebels against stagnation. It’s like a racing engine turning itself to pieces because it’s not connected up with the work for which he was built. »

Anecdotes

Mark Gatiss a nommé le lapin de la petite Kirstie Bluebell, en se basant sur le lapin que son mari a eu enfant. Le chien de la veuve qui dîne avec son fils a été baptisé Whiskey comme le chien que Mark Gatiss avait enfant.

Le tournage de l’épisode a comporté de très nombreuses séquences de nuit, ce qui n’a pas été sans conséquence sur le sommeil des acteurs : Russell Tovey avait l’impression d’être en jet lag permanent. Un soir, alors qu’il prenait un verre avec Benedict Cumberbatch à l’hôtel, ils finissent par être  les derniers. Le réceptionniste leur donne alors des instructions pour la porte d’entée principale. Les deux acteurs continuent de discuter et au moment d’aller se coucher, ils sont incapables de se souvenir s’ils devaient laisser la porte d’entrée princiaple ouverte ou fermée. Dans le doute, ils la ferment. Sue Vertue et Mark Gatiss, sortis pour la soirée, se retrouvent alors bloqués à l’extérieur de l’hôtel et sont contraints de passer la nuit dans la voiture.

La scène dans laquelle Sherlock impressionne Henry en déduisant tout ce qui s’est passé durant son trajet en train est réalisée dans coupure, laissant Benedict Cumberbatch à bout de souffle à son terme. Gilles Morvan, la voix française de l’acteur anglais pour Sherlock, a tenu à enregistrer cette tirade dans les mêmes conditions.

Lorsque John découvre la maison d’Henry Knight, il lui demande « Are you rich ? » Réponse d’Henry Knihgt : « Yeah. » Cet échange est un hommage aux Dents de la mer de Steven Spielberg. Dans le premier opus, lorsque Brody voit l’équipement sophistiqué dans le bateau de Hooper, il lui demande : « Are you rich ? ». Hooper répond : « Yeah. »

Sources : Commentaires audios des coffrets DVD et Sherlock : The Casebook édité par BBC Books.

Crédits: BBC

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