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Un Commentaire

Les nouveaux talents Episode 2 Lisa Masker: De L’internat à La cité Rose

Alexandre LETREN

On poursuit cette collection de rencontres avec de jeunes talents de la fiction française en devenir ou déjà confirmés.
C’est au tour maintenant de Lisa Masker, également découverte dans la série de M6 L’internat d’être des nôtres. Elle est à l’affiche du film La cité Rose dans toutes les salles de cinéma.

« Mitraillette » a 12 ans. Il vit à la Cité Rose, sa cité qu’il ne quitterait pour rien au monde. Son univers, c’est sa famille : Isma, son cousin de 16 ans, qui admire Narcisse, le caïd du quartier et prend un mauvais chemin. Son grand frère, Djibril, 22 ans, étudiant à La Sorbonne et qui rêve de devenir avocat. Mitraillette, lui, aimerait juste sortir avec Océane, la plus belle fille du collège… Leurs destins sont liés, au sein d’un quartier, au coeur de ses tours où les rêves, parfois, se payent cash

Season One: Comment vous vous êtes retrouvée sur la série L’internat?

Lisa Masker: J’ai été une des dernières à arriver sur ce projet. J’ai passé un premier casting avec deux directeurs de casting et je suis totalement passée à la trappe. Je suis passée à autre chose comme à chaque fois que l’on ne réussit pas à décrocher un rôle. Et un jour, je jouais au théâtre Antoine à Paris et Bruno Delahaye (Directeur de casting) qui m’a toujours beaucoup aidée, m’appelle pour me dire qu’il a un casting pour moi le lendemain, L’internat. Je lui dis que je ne vais pas repasser le casting (pour le même rôle), je l’ai déjà passé et ça n’a pas marché. Malgré ça, il me dit de venir, qu’avec lui j’allais réussir. J’y suis allée et ça a fonctionné. J’étais la dernière arrivée, ils avaient déjà trouvé tout le monde. Ensuite, j’ai eu un rendez-vous chez Gaumont, où j’ai rencontré tous les comédiens de la série, on a fait une lecture du premier épisode de la série. Mon rôle n’était pas très important dans ce premier épisode mais j’ai été séduite par l’univers que l’on me décrivait, avec des petites références à Harry Potter, et on ne voyait pas ce genre de choses à la télévision française. Le projet m’engageait pour 10 épisodes au départ, c’était pour moi comme un long film. J’ai dû donner la réponse très vite et j’ai dit oui immédiatement. J’ai eu de la chance car mon rôle, très effacé au début, prend de plus en plus d’importance par la suite dans l’histoire. J’ai adoré travailler avec Bernadette Lafont qui a été adorable avec moi. Et j’ai aussi passé beaucoup de temps à regarder travailler les autres, à apprendre mon métier. Il faut dire que c’était mon premier gros tournage avec un des rôles principaux. Avant L’internat, je n’avais fait qu’un guest sur Pas de secrets entre nous (le soap de M6 diffusé à 20h ndlr).

Linternat

Season One: Avant L’internat, vous aviez surtout fait du théâtre. Le tournage sur une série télé a certainement été très différent?

L.M: La seule différence que je vois se situe au niveau de l’engagement. Au théâtre, on sengage sur un an, en étant sûr d’être au moment endroit chaque soir. Mais avec le public qui change chaque soir, on a jamais l’impression de jouer la même pièce.
Et peut-être aussi dans la façon de poser la voix, de regarder le public par moment. Mais je ne voulais surtout pas avoir cette diction propre au théâtre. Il y a un comédien que j’aime beaucoup qui est Nicolas Briançon (Maison Close, Engrenages saison 4 ndlr) et quand je le vois jouer sur scène, je n’ai jamais l’impression de voir « du théâtre ». Pour moi, il n’est pas différent dans son jeu quand il joue au théâtre ou à la télévision.
Mais j’adorde la télé ou le théâtre de la même façon à ceci près que ce que j’aime dans le théâtre c’est que l’on joue une pièce dans la continuité. On ne va pas nous couper dans l’émotion. Je ne sors pas du personnage (même si j’adore tourner, je ne pourrais pas choisir entre les deux). Il y a une prise de risque au théâtre que je ne retrouve pas dans un tournage car on n’est pas au contact direct avec le public.

lisa

Season One: Est-ce que lorsqu’on est une jeune comédienne, on peut se permettre de choisir ses rôles?

L.M: Choisir pour un acteur c’est un luxe. Un luxe que l’on peut se permettre quand on s’appelle Leila Bekhti, Tahar Rahim. En ce qui me concerne, je ne permet pas de choisir parce que je ne suis pas au même stade qu’eux dans ma carrière. Je n’ai jamais rien calculé dans ma vie de comédienne.
La seule chose c’est que je ne me vois pas travailler sur un projet si je ne l’aime pas. Par exemple, j’ai adoré travailler dans la série Enquêtes réservées, une série dans laquelle j’avais un super réalisateur et où le casting était vraiment très bon. A l’inverse, il y a des choses que je lis et où je n’ai pas envie de passer le casting. Pour revenir à votre question, c’est vrai qu’une carrière se construit sur les choix que l’on fait, et aussi surtout sur ceux que l’on ne fait pas.
J’espère aussi qu’à l’avenir, la frontière entre comédienne de théâtre, cinéma et de la télévision, va beaucoup plus s’ouvrir. Les gens ont tendance à beaucoup nous mettre dans des cases dans ce métier et c’est bien dommage. C’est énervant d’entendre qu’on n’a pas le droit de passer un casting de cinéma parce qu’on a joué dans une série télé.

Season One: Mais il y a dans L’internat une belle jeune génération de comédiens ou comédiennes qui ont réussi à sortir de l’image « acteur de télé » et à faire plein d’autres choses. J’étais très content de vous avoir vue dans la pièce avec Francis Huster (Sasha le magnifique ndlr) après avoir fait L’internat. Je me suis dit que les choses commençaient peut-être à changer…

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L.M: J’ai aussi eu une part de chance après la série. Une part de flair mais aussi une part de chance avec des projets qui se sont présentés à moi dans pleins de domaines différents.
Mais quoi qu’il arrive, je veux toujours partir sur un projet qui me plaît et rester intègre. Ne pas faire les choses pour un gros chèque. Je ne pense jamais en « petit rôle » ou « rôle principal » mais en me demandant si j’aime le projet.

Season One: Parlez-nous un peu de La cité rose

L.M: C’est un film qui me tient vraiment à coeur. On avait tourné il y a quelques années, 5 ans à peu près, ce qui devait être un pilote de série au départ. Une série inspirée de La cité de Dieu. Mais cela a été compliqué à monter. Aujourd’hui c’est un film. Un film dans lequel le réalisateur a gardé la même équipe, mis à part les deux enfants qui ont grandi trop vite. Je trouve ça vraiment très honnête d’avoir garder les mêmes personnes entre les deux versions. Le réalisateur s’est battu depuis des années pour ce projet, pour qu’il se fasse avec les mêmes personnes que l’on avait vu dans le pilote. C’est un projet que l’on a fait avec nos tripes. Ca plait ou ça ne plait pas mais on l’a vraiment fait avec nos tripes.

Crédits Photo Lisa Masker: Laura Cortès