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Un Commentaire

Avant Hôtel de la plage il y avait…L’internat

Avant Hôtel de la plage il y avait…L’internat
Alexandre LETREN

Le 16 juillet prochain, France 2 lance sa nouvelle série pour l’été, Hôtel de la plage. Au casting, on retrouve Yvon Back, Bruno Solo et une jeune comédienne à la carrière déjà bien remplie, Juliet Lemonnier. Mais bien avant de jouer la jolie lolita de la série de France 2, Juliet Lemonnier campait une des étudiantes de l’inquiétant internat Valgrange dans une série de M6. Une occasion de revenir sur cette série, L’internat, qui ambitionnait de relever un double défi: proposer un « teen show » en prime et, qui plus est, un teen show de genre. Retour sur un échec pas forcement justifié.

Au coeur d’une forêt dense en Essonne, l’internat Valgrande est un établissement scolaire réputé, où l’uniforme est de mise. De jeunes élèves y cohabitent, du cours élémentaire à la Terminale. Très vite, d’anciens secrets encore cachés remontent à la surface dans ce lieu empreint d’histoire.

L’internat est l’adaptation d’une série espagnole baptisée sobrement El Internado (question adaptation, on ne peut pas faire plus simple) qui a duré 7 saisons dans son pays d’origine. L’histoire renvoie directement à une page sombre de l’Histoire de l’Espagne à savoir l’enlèvement de nombreux enfants sous la dictature de Franco. Bien évidemment, la version française ne reprend pas cette partie de la grande Histoire et les références auxquelles chacun fait volontiers allusions tournent plus autour de Harry Potter (mouais!!).
L’arrivée de la série sur M6 s’inscrit dans des tentatives de la part de la chaîne de lancer des fictions de genre. C’est en effet la même année qu’elle lança Eternelle avec Claire Keim, signée Joël Houssin. Deux tentatives et deux échecs.
Dans le cas de L’internat, est-ce uniquement du fait de la qualité de la série? Sans doute un peu mais pas seulement.

Parmi les points positifs de la série, on trouve son casting, mêlant des comédiens confirmés (Bernadette Lafont, Valérie Kaprisky, Jean-François Garreaud ou Rufus) à une jeune génération de comédiens et comédiennes prometteuse (Lisa Masker, Claire-Lise Lecerf, Juliet Lemonnier ou Kevin Antoine). Chacun se donne à fond dans cette série à l’histoire alambiquée, et aux multiples twists. L’ambiance de la série est aussi prometteuse avec une mythologie certes pas des plus originales mais bien assez attrayantes pour tenir en haleine. Non si l’histoire n’est pas en soit un problème, la série aurait sans doute progressé avec le temps, on ne peut pas en dire autant de la réalisation. Elle insiste en effet lourdement sur des artifices de mises en scènes pour distiller la peur, et use et abuse d’effets vieillots qu’elle répète à l’infini tout au long des 10 épisodes (comme cet effet qui nous met « dans la peau de la menace » pour mieux montrer que quelqu’un est en train d’observer, caché dans l’ombre). Le rendu de l’image n’est pas non plus à la hauteur des ambitions que semble vouloir afficher la série en faisant revenir semaines après semaines devant la télé un public, les jeunes, qui a déjà commencé à la déserter. Si M6 ne s’en était pas mêlée, tout aurait pu s’arranger…Mais il y a le « si »…

Lancer une série pour un public jeune en la programmant un des seuls soirs de la chaîne, le jeudi, où il n’est pas devant la télé, en tout cas pas tard, relève de l’erreur de programmation pure et simple. Ajoutez à ça une diffusion par bloc de 3 épisodes et vous comprenez que le public n’est pas eu envie de s’y attacher. Le soucis rencontré par la série est simple: les jeunes ne sont pas restés devant la télé et les plus âgés n’ont pas eu la sensation d’être la cible de ce programme. Ce sur quoi ils n’ont pas tort car même si la série peut être vue par toute la famille, c’est clairement un public jeune qui est visé. Quand nos chaînes comprendront-elles que « série feuilletonnante » implique une diffusion avec parcimonie? En diffusant 3 épisodes à la suite, M6 dissuade tout téléspectateur qui en aurait manqué un à revenir la semaine suivante.

Tous les éléments étaient réunis pour que cette série soit un échec ce qu’elle fut. Après une première saison de 10 épisodes, elle fut annulée bien que se terminant sur un gros cliffhanger. Car, et c’est ça qui est terrible, si la série avait bien de nombreux défauts, ses auteurs connaissaient le support série, savaient jouer avec ses codes (avec de grosses ficelles on est d’accord) et avaient bien compris ce qui « pouvait » faire rester quelqu’un au fil des semaines. Dommage que la sauce n’est pas pris, mais ravis de voir le joli bout de chemin que cette jeune génération de comédiens a pu faire depuis.

Crédits: M6