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Un Commentaire

Pilote d’essai: Agent Carter (ABC)

Pilote d’essai: Agent Carter (ABC)
Christophe Brico

La review

PILOTE
7
CASTING
8
SCENARIO
6
7

REUSSI

Si l’ascension du studio Marvel (qui rappelons-le forme une joint venture avec Disney et le network ABC) n’est plus à démontrer – un impressionnant programme de films courant jusqu’en 2019 ayant déjà été annoncé le 28 octobre dernier -, la pénétration du studio à la télévision est, elle plus délicate. Marvel’s Agents of S.H.I.E.L.D., dont la qualité s’est largement améliorée en saison 2, reste controversée et à l’audience modeste (autours de 5 millions pour les derniers épisodes). Pourtant cela n’empêche pas le studio de continuer à déployer des efforts pour faire entrer l’univers Marvel dans le petit écran, et ce faisant avec un spin-off : Marvel’s Agent Carter.

Back in SSR

Résumons rapidement : Marvel’s Agent Carter débute en 1946, après la fin de la guerre. Peggy Carter bosse toujours pour le Strategic Scientific Reserve (SSR), mais son statut d’agent de dépasse pas sa condition féminine, et la limite à des tâches de secrétariat. Dans le même temps, Howard Stark (le papa de Tony A.K.A. Iron Man… Oups ! Spoiler !), est accusé d’avoir vendu des armes à l’ennemi pendant la guerre et est en fuite. Il contacte Carter et lui demande de l’aider à prouver son innocence. Pour ce faire, il lui colle son majordome, Jarvis, comme sidekick. Peggy Carter devra dès lors jouer les agents doubles, protégeant Stark du SSR et dans le même temps essayer de trouver celui qui a volé des armes à Stark afin d’innocenter ce dernier.

Peggy Carter est à la base un personnage tres secondaire de l’univers de Captain America, qui a réellement trouvé ses lettres de noblesse dans les films Captain America : Le premier Avenger et plus modestement dans Captain America : Le Soldat de l’hiver. Sans doute conscient du potentiel iconique de Carter, Marvel n’a eu de cesse de mettre cette héroïne sur le devant de la scène, notamment dans Marvel One Shot : Agent Carter et plus récemment dans le premier épisode de la saison 2 de Marvel’s Agents of S.H.I.E.L.D.. Avant de rentrer plus avant dans le pilote lui-même, ajoutons que, c’est evidemment Hayley Atwell qui interprète le rôle (c’était déjà elle dans les films) à l’instar de Dominic Cooper qui interprétait déjà Tony Stark dans les deux Captain America.

agent carter

Ialement noter que les créateurs de cette série (ou mini série, un tout petit run de 8 épisodes) sont Christopher Markus et Stephen McFeely, scénaristes de la franchise Narnia, mais surtout scénaristes de l’ensemble des films Captain America et de Thor: Le Monde des Ténèbres. Il va sans dire que Kevin Feige, le cerveau derrière le développement du Marvel Universe au cinéma et à la télé est bien entendu producteur du show. Notons enfin la présence au casting de Chad Michael Murray que l’on avait plus vraiment vu depuis Les Frères Scott, de Enver Leif Gjokaj de Dollhouse (série de Joss Whedon), et enfin James D’Arcy dans le rôle de Jarvis.

carter

Wonder woman

Programmée à l’occasion de la pause hivernale de Marvel Agent’s of S.H.I.E.L.D., la série semble poursuivre une triple ambition. Tout d’abord, continuer à développer l’univers Marvel à la télévision, et, ce faisant, raconter les origines de ce qui sert aujourd’hui de base sérielle à cet univers, en l’occurrence le S.H.I.E.L.D.. Dans le pilote, il n’est bien entendu pas mentionné, mais l’on soupçonne que cette histoire consiste à nous raconter comment le S.H.I.E.L.D. a été créé et comment Peggy Carter en est devenu un de ses agents les plus iconiques.

Ensuite, la série se déroule en 1946. C’est donc une série “d’époque”. Décors, costumes constituent un emballage qui, disons-le, est plutôt réussi. On se situe quelque part entre un univers de type “film d’espionnage classique” et Indiana Jones. De plus, et c’est réellement au coeur de la série, un des enjeux majeurs auquel le personnage de Peggy Carter doit faire face est le sexisme idiot de ses collègues masculins, ne voyant en elle qu’une fragile femme en attente d’un bon mariage, alors qu’elle est un agent redoutable aux nombreux atout, pas que plastiques. C’est là le troisième enjeu de la série.

carter 2

En effet, le personnage de Carter, dès les films Captain America, est un personnage féminin fort. Intelligente, combative, rusée, elle concentre toute les qualités de la super-héroïne. Le show est une occasion de mettre en avant ce super-agent qui non seulement n’a rien de la femme traditionnelle des années 40, mais en plus semble largement plus capable que ses collègues. Au final, le show évoque, en moins kitch et moins colloré, ce que Wonder Woman (Diffusée en saison 1 sur ABC également, puis CBS) pouvait proposer en son temps.

Globalement Marvel’s Agent Carter fonctionne plutôt bien. Si le discours sexiste semble un peu caricatural, il n’est pas pire que ce que l’on peut voir dans un Mad Men par exemple. L’ensemble du show est plutôt bien construit, l’intrigue accrocheuse, de l’action, des gadgets, le tout plutot bien emballé. Pour les amateurs des univers Marvel, le fan service est bien là (la présence de Jarvis, les émissions de radio sur Captain America et les Avengers, notamment), et l’intrigue laisse présumer des révélations qui auront sans doute des conséquences dans de futurs opus, télévisuels et cinématographique, des studios Marvel.

Une série courte qui mérite le coup d’oeil, amateurs de Marvel ou non. Ce n’est certes pas le chef d’oeuvre du siècle, mais un divertissement bien fait qui ne laisse pas de temps à l’ennui et n’oublie pas le fun et les bonne punchlines indispensables à l’univers.

Crédits: ABC