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3 Commentaires

Pourquoi regarder Arrow sur Canal+ Family?

Pourquoi regarder Arrow sur Canal+ Family?
Charlotte Calignac

Septembre 2012. Moment de faire son planning pour l’année sérielle. Je tombe sur une série freshman (c’est-à-dire dans sa première année : saison 1) : Arrow. Fondée sur les DC Comics. Dont je ne sais rien. Absolument rien. Tellement rien, que j’ai découvert cette année que c’était le même univers que Superman et Spiderman (ce qui explique pourquoi les médias comparaient la série à Smallville). Je viens juste de comprendre que Green Arrow et Green Lantern ne sont pas les mêmes (… Encore que ?). Mais je me suis dit « Charlotte, au mieux tu as une série popcorn, au pire tu pourras regarder des torses nus et des belles tronches pendant 40 minutes ». Ça avait marché trois ans auparavant avec The Vampire Diaries.

Je ne connaissais pas l’acteur principal (Stephen Amell). J’ai découvert sur sa fiche IMDB qu’il avait été dans TVD un personnage qui m’avait amusée et que j’avais oublié immédiatement. En fait, je ne connaissais aucun des acteurs. Katie Cassidy (elle interprète Laurel Lance, l’Amour de la Vie d’Oliver) avait été aperçue dans Supernatural pendant 2 saisons (et depuis elle donne l’impression de s’affamer), et David Ramsey était juste inconnu au bataillon (apparemment il était dans Dexter, mais je n’ai jamais vu un épisode). Bref.

On peut dire que je me suis lancée dans Arrow comme une adolescente de 14 ans, cible absolue de la CW. Pour ceux (celles ?) qui seraient comme moi (= ignare), Arrow, c’est l’histoire d’Oliver Queen, branleur millionnaire qui disparaît en mer avec son père et la sœur de sa petite amie (qu’il se tape) et qu’on retrouve cinq ans plus tard sur une île perdue à proximité de la Chine. Il est traumatisé, et le seul survivant. De surcroît, il a un complexe de culpabilité qui le pousse à se déguiser en robin des bois pour rétablir l’ordre et réparer les erreurs commises par son père. Tout ça dans le plus grand secret.

Bon, quand on ne sait absolument rien de l’univers, les premiers épisodes ne font pas rêver. On a beaucoup d’exposition (indispensable), Oliver est très esseulé, et ça se sent. En fait, je suis revenue chaque semaine pour ça :

Oui. Je sais. Je suis restée pour objectifier un corps, et je joue le jeu des marketeurs de la CW et de la société de consommation et de tout ce qui ne va pas dans ce bas monde. J’ai (presque) honte. D’un côté, vous avez lu dans le premier paragraphe les pensées qui m’ont animées lorsque j’ai lancé le premier épisode.

D’autant que du coup, ça m’a permis de rester et de passer un bon moment chaque semaine tandis que la série s’améliorait. J’ai mis du temps à m’en rendre compte, mais c’est un fait. Le season finale (le dernier épisode d’une saison, prononcez « finali »), puis la très bonne reprise en sont les meilleurs exemples. En faisant un marathon de la saison 1, j’ai pu analyser à quel point Arrow avait évolué.

En fait, la série fonctionne pour plusieurs raisons.

D’abord, Oliver est un personnage appréciable. Je m’attendais à trouver un enfoiré arrogant, ou un sauveur moralisateur qui se met (et que les scénaristes mettent) sur un piédestal. En fait, on n’arrive pas dans une série avec un super héros à admirer, ou même avec un vigilante (prononcez vidjilanti, « membre d’un groupe auto-proclamé qui entreprend le même travail que la police sans leur autorité légale »). Oliver est avocat, juge, et jury dès les premiers épisodes : tuer ne le dérange pas. C’est expliqué par ses cinq années passées à survivre, des années où il perd petit à petit toute trace d’innocence, et une part de son humanité par la même occasion.

C’est un choix assumé et expliqué par les producteurs : ils voulaient raconter l’histoire de la façon dont un homme brisé devient un héros, et ils ont décidé de le faire sur (au moins) trois saisons. La saison 1 raconte l’histoire du « hood », de la « capuche », une entité qui agit dans l’ombre comme les criminels qu’elle traque. La saison 2 doit marquer une nouvelle étape où Oliver cherche à ne pas tuer, et la saison 3 sera sûrement l’avènement du Green Arrow, l’Archer Vert, le héros des comics. Cette progression sur la saison est sensiblement visible, grâce à l’interaction avec les personnages.

C’est la seconde chose qui fait fonctionner la série : ses personnages sont bien définis, et crédibles dans l’univers. Comme on n’est plus dans les années 90, on ne passe pas une saison entière où Oliver cache à l’intégralité de son entourage ce qu’il fait de ses soirées. Les producteurs trouvent d’ailleurs ce concept pénible et ça se sent. Très rapidement, des personnages rentrent dans la confidence, et leurs réactions spécifiques fonctionnent bien.

Début des spoilers (c’est pas long promis !)

A la fin de la saison 1, trois personnes sont dans le secret : Diggle, est le premier parce qu’Oliver n’a pas vraiment le choix. Son dégoût digéré, Diggle accepte de suivre Oliver dans sa quête dans l’espoir de le canaliser. Son passé de soldat fait qu’il peut adhérer à la situation de « tuer ou être tuer » dans laquelle Oliver se positionne en s’attaquant à des malfrats de plus ou moins grands calibres.
Felicity est la deuxième, et c’est un génie idéaliste. Elle est répugnée par la nonchalance avec laquelle Oliver tue ou se montre violent et n’accepte de l’aider dans un premier temps que parce qu’elle veut retrouver Walter (le beau-père d’Oliver avec qui elle s’entendait très bien). Elle tente de changer Oliver, et remettra en perspective sa vision de ce qui est bien et mal, si bien qu’à la fin de la saison il aura progressé et fait un premier pas vers son rôle de héros.
Le dernier est Tommy, le meilleur ami d’Oliver, et c’est celui qui le marquera le plus. Tommy n’arrive pas à relier le Oliver qu’il a connu, celui de 22 ans qui couchait avec la fiancée d’un ami la veille de leur mariage et celui qui s’est fait torturer et traquer pendant cinq ans, le Oliver qui ment, cache et tue derrière un déguisement, au nez et au su de tous ceux qui l’aiment. C’est cette vision qui poussera définitivement Oliver à changer ses méthodes en saison 2.

Fin des spoilers

Ces personnages interviennent dans une mythologie plutôt bien montée, même si elle aurait pu être résolue en dix épisodes. Surtout que le récit est divisé en deux chronologies parallèles spécifiques. On a d’un côté ce qui arrive à Oliver depuis son retour, et des flashbacks sur ses 5 ans passés sur l’île. Honnêtement, l’île n’est pas mon moment préféré (mais j’ai lu plusieurs garçons qui trouvent que ça fonctionne mieux, donc ça doit être une question d’attentes), et compte tenu de leur façon de raconter l’histoire, j’ai bien peur que ça finisse par traîner en longueur. Un an s’est écoulé sur l’île durant la saison 1. Les producteurs disaient vouloir que le dernier épisode montre Oliver au moment où il quitte l’île. J’espère pour eux qu’ils s’adapteront et qu’ils arrêteront cette idée s’ils atteignent les six saisons, ou si ça devient trop n’importe quoi. Il y a de gros risques de retcon et de longueurs s’ils choisissent de ne pas se détacher de ce format. Enfin, si tant est qu’ils atteignent les six saisons (mais je ne serais pas surprise que oui).

arrow-justice

Les scènes de combat sont bien montées, et orchestrées. Stephen Amell suit son propre entraînement et peut faire lui-même la majorité des cascades. Ça rend bien, et il est crédible physiquement dans le rôle d’un mec qui peut se hisser sur une chaîne ou écrabouiller un mec en deux gestes (je vous encourage à revisionner la vidéo postée plus haut si vous ne me croyez pas).

Pour ceux qui adorent DC Comics, il y a plein de clin d’œil à l’univers, avec des personnages emblématiques comme Shado, Slade Wilson, Deadshot, ou China, la Huntress ou même Speedy. Perso, ça ne me fait ni chaud ni froid, mais ça participe indéniablement à créer un univers à la série. Du coup, sans savoir particulièrement qui ils sont on sent quand même qu’il y a quelque chose, et que les personnages guests ont leur vie quand ils n’ont pas leurs scènes avec nos héros préférés. Ca participe à la réussite de la série.

Pour ceux qui se demandent ce qu’Arrow fait sur la CW : il y a de gros éléments soapesques. Morts-pas-morts, Grands Complots de Trahison, enfants cachés, mensonges… Sans oublier l’indispensable triangle amoureux ! C’est un peu un incontournable du genre, donc j’ai tendance à pardonner. D’autant que celui de la saison 1 est assez réussi (et c’est pourtant l’obstacle entre des personnages que je déteste le plus). Tommy/Laurel/Oliver fonctionne parce que Tommy est un mec fondamentalement gentil, qu’Oliver connecte ses neurones et ne réagit pas comme un homme de Cro-Magnon, et que Laurel n’est pas qu’une demoiselle en détresse. Elle n’est pas hyper utile non plus, c’est peut-être d’ailleurs le personnage le moins bien écrit de la série (ce qui est du gros gâchis).

En somme, qui que vous soyez, si vous aimez les histoires de super héros, Arrow est fait pour vous. Fan des comics, vous trouverez une adaptation riche truffée de références et d’hommages. Newbie total dans l’univers DC, vous comprendrez quand même les enjeux et vous intégrerez à cet univers. Ce n’est pas la meilleure série au monde, mais c’est (pour l’instant) un excellent divertissement, surtout quand on tient en compte la petitesse de leur budget, et des exigences restrictives de la chaîne.

Et c’est une série qui vaut le coup de s’investir, puisqu’un spin-off sur Flash a été commandé pour la rentrée 2014.

Crédits: CW

  • gordien

    Bonjour

    Pour info : je ne suis pas spécialement fan de comics mais j’en connais juste assez pour savoir que Arrow n’est pas dans le même univers que Spiderman. Superman oui, Batman oui, Green Lantern oui, Wonder Woman oui. Tout ça c’est DC Comics.
    Spiderman c’est Marvel, les concurrents.

    Sinon, je suis en cours de visionnage et c’est à la fois bien sympa mais aussi super dilué, comme toutes les séries en plus de 20 épisodes. Donc on à l’impression que ça avance pas….mais ça se laisse bien voir.
    Il va falloir cependant assurer pour me donner l’envie de me plonger dans la 20aine d’épisodes de la saison 2….

  • Charlotte Calignac

    Bonjour Gordien, et merci pour ton commentaire !
    En effet, erratum sur Spiderman. Je me suis enflammée, je voulais dire Batman et Superman.

    Normalement, le season finale devrait te donner envie de passer à la saison 2… Qui se laisse encore mieux regarder puisqu’on connaît les personnages désormais et qu’on a moins besoin d’exposition.

  • DeLorean

    A noter pour les fans qui veulent pas attendre la saison 1 est disponible en Blu-ray en import UK (donc zone 2) avec les sous-titres VF + la version doublé en Français.