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Juliet Lemonnier en liberté à l’Hôtel de la plage

Juliet Lemonnier en liberté à l’Hôtel de la plage
Alexandre LETREN

Diffusée depuis mercredi dernier, la série Hôtel de la plage réunit une brochette de comédiens talentueux, notamment Bruno Solo, Yvon Back ou Jonathan Zaccaï. Mais celles et ceux qui ont l’oeil et ont suivi les séries françaises depuis quelques années n’auront pas manqué de reconnaître le joli visage de Juliet Lemonnier. Habituée des séries télé depuis 2008, elle a eu l’occasion de jouer dans des séries aussi différentes que Profilage, Mes amis mes amours mes emmerdes, L’internat, ou encore Stars 80 au cinéma.
Difficile pour de jeunes comédiens d’exister face à une distribution confirmée comme dans Hôtel de la plage, mais dans le cas de Juliet Lemonnier, la comédienne n’a non seulement pas à rougir de sa prestation, mais elle assure grave comme on dit face à ces très bons comédiens et parvient à imposer son personnage dès les premières minutes. 

Dans Hôtel de la plage, Juliet Lemonnier campe la jeune et jolie Carla qui va mettre « le feu » à la vie bien tranquille de Martin (Jonathan Zaccaï) avec son tempérament explosif, son naturel déconcertant, son côté très cash. Carla montre aussi dès les premières minutes qu’elle est bien dans sa tête…et dans son corps qu’elle n’hésite pas à montrer: « Dans le passé, on m’a plusieurs fois proposé des rôles dénudés et j’ai toujours dit non, d’abord par pudeur, mais surtout parce que je trouvais ça injustifié et gratuit. Ça ne me plaisait pas. Pour Carla, même si j’ai toujours cette pudeur, j’ai accepté parce que moi-même en tant que spectatrice, j’avais envie de voir cette fille qui vit à 100 à l’heure et qui va jusqu’au bout, qui est libérée, qui est à l’aise avec son apparence. C’est ça qui m’a plu. C’est drôle d’ailleurs car quand je me suis rendue aux essais, j’étais persuadée que je n’aurais pas le rôle car pour moi je ne correspondais pas du tout à l’image qu’on pouvait se faire de Carla. Pour moi, je la voyais plus comme une grande blonde, à gros seins…la caricature quoi. Quand j’ai été choisie, le réalisateur (Christian Merret-Palmair ndlr) m’a expliqué que c’est justement parce que je n’étais pas l’archétype de la bimbo qui séduit les hommes mariés qu’il m’a choisie. De mon côté, j’ai vu Carla comme une jeune femme qui avait eu des soucis avec des hommes dans le passé, avec une envie d’en découdre d’où l’histoire avec sa cousine et Julien. »
Quand une comédienne rencontre un personnage et, par son jeu, va au-delà de ce que les auteurs avaient pu imaginer, ça donne logiquement des idées à ces auteurs: « Au départ, ils ne voulaient pas que mon personnage revienne pour une future saison 2. Mais ils m’on dit que j’avais rendu ce personnage attachant et ils avaient envie de la faire revenir« , propos que je ne peux que confirmer car il y a une vraie alchimie qui se crée entre Jonathan Zaccaï et Juliet Lemonnier. Une sincérité dans ce couple qui ne paraît à aucun moment factice.

HOTEL DE LA PLAGE

Une fois Juliet choisie pour devenir Carla, le tournage peut démarrer. Étalé entre août et novembre 2013, les moments n’ont sans aucun doute pas toujours été évidents pour la jeune comédienne qui doit ne pas avoir peur d’être court vêtue, y compris quand le tournage a lieu en plein mois de novembre: « Il est arrivé que je me retrouve en mini short en plein mois de novembre et je peux vous dire que j’ai eu très très froid. C’est le cas par exemple dans la scène où je fume le joint avec Martin et qu’ensuite je me déshabille. Y a même un moment, je sais pas si ça se voit, mais où j’ai ma cuisse qui tremble tellement j’ai froid (rires). »
Carla est un personnage qui, comme on l’a dit, n’a peur de rien et assume pleinement qui elle est. Mais en revanche, pour une jeune comédienne, se mettre seins nus, devant une équipe de tournage, n’est jamais facile même si on est d’accord avec le fait que ça sert le rôle: « C’est toujours frustrant avec le recul de se dire qu’on en a pas assez profité car on est trop dans le moment présent, trop concentrée sur son corps, de ne pas se sentir à l’aise. On voudrait pouvoir s’oublier pour être plus dans le personnage encore. C’est dommage car c’est tellement libérateur de se lâcher et d’être à fond dans le personnage. Mais avec le temps, et en apprenant, j’espère parvenir à me lâcher plus, à mieux vivre ces moments ».

On a déjà souligné les défauts que contenait la série mais l’un de ses atouts, outre le casting, c’est la bande son. Entre les compositions et reprises des thèmes du film d’origine, et les morceaux du répertoire français avec des artistes comme « M« , la musique donne à la série son atmosphère douce et légère. Comme un gimmck, le titre de M « Qui de nous deux » revient à chaque fois que la belle Carla apparaît à Martin, notamment dans le plus simple appareil: « Quelle classe d’avoir eu la musique de M! Quand je l’ai su, j’étais comme une dingue. A chaque fois que j’ai été à son concert, j’ai eu l’impression d’être une gamine de 6 ans en face du Père Noël. »

Avec quelques années de métier derrière elle déjà, Juliet Lemonnier se retrouve dans cette série en première ligne, entourée de comédiens confirmés, dans une série grand public sur France 2. Un tournage difficile à refuser comme on l’imagine facilement: « J’ai commencé à travailler il y a quelques temps maintenant. Et je me suis permis à un moment de dire non à certains projets. Parfois d’ailleurs pour des raisons un peu idiotes mais je ne regrette pas aujourd’hui, j’assume mes choix. Quand j’ai reçu le scénario de Hôtel de la plage, ça faisait un moment non seulement que je n’avais pas travaillé mais aussi que je n’avais pas lu de scénarii intéressants. J’étais contente que pour une fois, on ne me propose pas de jouer « la fille de », la petite fille sage ou la peste comme dans L’internat. Ici, avec Carla, c’est enfin un premier rôle de femme, qui grandit d’un coup par sa liaison avec Martin. J’ai aimé ce côté libéré de Carla, ce n’est pas juste un faire-valoir à l’histoire. »
Il faut dire que dans ce lieu qu’est l’Hôtel de la plage, un peu hors du temps, où la propriétaire tente de préserver des traditions et des habitudes d’un autre temps, Carla est l’électron libre, l’élément déclencheur qui fait voler en éclat les certitudes de certains. C’est sans doute la raison qui fait que le personnage prend autant d’importance et capte autant l’attention dès le premier épisode, que Carla devient un peu malgré elle, un des personnages centraux de la série par rapport à d’autres un peu moins travaillés en amont, un peu moins étoffés.

HOTEL DE LA PLAGE

 

« Sur Hôtel de la plage, il s’est passé comme un coup de grâce, quelque chose qu’on ne retrouve pas toujours sur tous les projets, on s’est tous bien entendus. Ça fait un peu cliché de dire ça mais c’est vrai pourtant. Et là on est tous dans l’attente du renouvellement ou pas, c’est terrible. J’ai jamais vraiment connu ça avant. A l’époque de L’internat, j’étais plus jeune et je n’avais pas conscience de tout ça, que c’est un vrai métier, des efforts qu’il faut faire, qu’il faut se battre pour y arriver. »

Dans une série familiale, porté par un casting bien choisi, Juliet Lemonnier est, paradoxalement après plusieurs années de métier, LA révélation de ce programme. Un vrai coup de cœur me concernant. Il est à espérer que le succès de la série (3.3 millions pour les deux premiers épisodes) et la belle exposition dont profite la jeune comédienne dans la série, lui permettra d’obtenir enfin le premier rôle qu’elle mérite. Simple, naturelle, authentique et surtout bourrée de talent, Juliet Lemonnier mériterait de devenir un des nouveaux visages de la fiction française. On croise les doigts en tout cas.

Crédits Hôtel de la plage: © SCARELLA Gilles/FTV
Photo Une: Alexy Benard
Retrouvez notre critique de la saison 1 ici