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7 Commentaires

La source: Pas de secrets en famille?

Alexandre LETREN

La review

LA SERIE
6.5
LE SCENARIO
6
LE CASTING
6.5
LA REALISATION
6.5
PLAISIR RESSENTI
7
6.5

AGREABLE

Une série qui mérite le détour car il y a de bonnes idées. Mention spéciale à FLORE BONAVENTURA, révélation de la série

Le compte à rebours a commencé, les premiers teasers commencent à être diffusés sur France 2 tout l’été et c’est en septembre prochain que devrait débarquer la nouvelle série événement de la chaîne, La source. Portée par un casting solide et une histoire inédite, La source se veut comme une tentative de renouvellement des traditionnelles séries du service public en proposant pour la première fois une immersion dans le petit monde de l’espionnage. La série y parvient-elle?

Marie, étudiante brillante à Dauphine, travaille depuis deux ans comme baby-sitter pour la famille Lacanal. Mais un matin, la  jeune femme est contactée par la DCRI, qui lui demande des informations sur la famille Lacanal, notamment sur John, le père, soupçonné de trafic de déchets toxiques. Marie, sous la contrainte, va devoir trahir sa  famille de cœur et devenir « Source » pour la DCRI.

la source affiche

Une histoire innovante et addictive

En proposant la première série dite d’espionnage de France 2, la société Barjac, Production associée à Chabraque Productions, confirme sa position d’acteur innovant dans le domaine de la fiction télé populaire. Déjà sur la série Enquêtes réservées (France 3), Barjac avait prouvé qu’elle savait proposer des séries qui, tout en gardant une identité franco-française, jouaient avec les codes des fictions américaines (mythologie, cliffhanger,…). La série de France 3 s’était d’ailleurs déjà aventurée sur le terrain de l’espionnage grâce au mystérieux personnage Chapelle (lié aux services secrets français). Elle reprend ici ces mêmes codes en proposant une histoire qui joue sur deux tableaux en même temps: l’histoire d’espionnage et la manière dont la DCRI va tenter de faire tomber Lacanal et la société Aloé Véra. De l’autre, l’histoire familiale, qu’il s’agisse de celle des Lacanal pleine de secrets, ou celle de la famille de Marie, famille tellement éloignée des préoccupations des Lacanal et qui a du mal par moment à comprendre cette partie là de la vie de Marie. Marie est justement celle qui fait le liant entre les deux puisqu’elle va involontairement plonger sa famille dans le tourbillon de cette histoire aux ramifications insoupçonnées. Dans sa construction narrative, la série se découpe en deux parties, d’égale importance (épisodes 1 à 3 puis épisodes 4 à 6). La première partie de la saison est incontestablement la plus réussie car elle parvient à maintenir la tension entre histoires familiales et espionnage. On est en permanence sur le fil, on tremble pour Marie et, en même temps, on s’émeut de son rapport si particulier avec les enfants de la famille Lacanal, ainsi qu’avec les Lacanal eux même puisque Esther (Marouchka Detmers) considère un peu Marie comme sa fille. Cette tension qui nous tient se disloque un peu en seconde partie comme si l’intrigue, très dense, échappait à ses auteurs (on en reparlera plus loin ndlr). Mais si on est si vite pris dans l’intrigue c’est que, pour une fois, le premier épisode est réussit et les enjeux vite posés (peut-être même un peu trop vite). Dans l’émission La série sur le gâteau (On Air TV Radio), Emmanuel Daucé (producteur de Un village français ou Les hommes de l’ombre) nous disait que « quand on est sur le hertzien, ce sont les 5 premières minutes d’une série qui déterminent l’avenir d’une série« . Autrement dit, il faut « tamponner » le spectateur tout de suite (pour reprendre un terme utilisé pour attraper une source dans la série ndlr), ce que la série fait très bien avec une première scène rapide mais efficace. Je l’ai dit l’intrigue de la série est donc une de ses forces car on touche à un ensemble d’enjeux narratifs que l’on n’est pas habitués à voir dans des séries françaises.

Un casting fort et efficace

Si l’intrigue constitue une des forces de la série, le casting est incontestablement un second point de choix. De Christophe Lambert, mystérieux à souhait, à Marouchka Detmers en permanence sur le fil en passant par Clotilde Courau en agent de la DCRI, La source s’offre une incroyable galerie de comédiens, solides et qui portent la série. Mais la révélation de la série est la jeune et très talentueuse Flore Bonaventura dans le rôle de Marie, la baby sitter, la source. Cette jeune comédienne (que l’on retrouvera en fin d’année à l’affiche du film Casse-tête chinois, le nouveau Klapich) donne au personnage de Marie toute sa force, sa douceur, sa fragilité qui font de ce personnage un vrai beau personnage féminin de série. Marie Source Season One: Qu’est ce qui vous a convaincu de jouer dans La source?

Flore Bonaventura: Déjà le scénario. Dès la première lecture, j’ai été prise par l’histoire, très bien écrite et très originale. Mais vraiment, l’élément déterminant fut Xavier Durringer qui a été mon moteur pour accepter cette série (c’était un auteur de théâtre que j’avais beaucoup étudié à l’école). Cela a été une vraie rencontre et une vraie chance de travailler deux mois avec lui. J’ai la chance dans cette série de jouer un personnage fascinant, multi facettes et avec beaucoup de choses à montrer. Et la présence de tous ces incroyables comédiens à mes côtés m’a considérablement aidée. Ca m’a portée même je pourrais dire. On était tous heureux de tourner cette série.

Season One: Que vous ont apporté tous ces comédiens?

F.B: Christophe Lambert est une personne humainement incroyable, très gentille. Il m’a tout de suite mise incroyablement à l’aise. Quant à Clotilde Courau, nous étions toutes les deux tellement prises par nos personnages que l’on a eu du mal à en sortir, ce qui est plutôt bien car ça nous a aidées dans le jeu.

Season One: Dans le scénario de la série, qu’est ce qui vous a séduite?

F.B: Le scénario était juste très bien écrit. Quand on arrive à jouer quelque chose sans avoir à changer une ligne de dialogue, on se dit que l’on a un scénario intéressant entre les mains. Et puis ce qui est intéressant c’est que tous les personnages de la série sont très complexes, il n’y a pas de gentils et de méchants. Ils sont tous, tour à tour, manipulateurs et manipulés. J »avais vraiment l’impression d’être face à une série de la trempe des séries américaines.

Flore Bonaventura est le meilleur choix possible pour le rôle de Marie car on a vraiment l’impression quand on lui parle que le rôle a été écrit pour elle, tant leurs deux personnalités semblent proches l’une de l’autre. Son personnage grandit au fil de la série, prend de l’intensité. On regrettera la tournure très caricaturale qu’il prend en fin de saison. Autre personnage fort de cette saison, celui de John Lacanal campé par Christophe Lambert. Froid, distant mystérieux en début de saison, il subit une transformation très intéressante au fil de l’histoire. Lambert Source Season One: John Lacanal est un personnage qui est toujours dans l’ambiguïté. C’est ce qui vous a intéressé dans le rôle?

Christophe Lambert: Ce qui m’a intéressé c’est la question suivante: comment on arrive à concilier de très hautes responsabilités, politiques/économiques avec une vie de famille. Je crois qu’au fur et à mesure de l’histoire, John est quelqu’un qui prend conscience que tout doit d’abord passer par l’humain. Même si il paraît distant avec sa femme, ses enfants, en réalité c’est quelqu’un qui n’a  pas le temps. Qui ne prend pas le temps. Qui ne souhaite pas, en tout cas au début, galvauder le temps important pour du temps qu’il ne juge pas important.
Ce qui m’a plu aussi c’est que l’on se demande sans arrêt qui manipule qui dans cette série. On ne sait vraiment jamais à qui se fier.
Courraut Source Dernier personnage important dans cette série c’est celui Claire Perrini joué par Clotilde Courrau, agent de la  DCRI qui se prend d’affection pour sa source qui lui fait finalement prendre conscience de ce à quoi elle est en train de passer à côté dans sa vie de famille

Clotilde Courau: J’aime beaucoup jouer dans des séries. J’avais déjà fait la saison 1 de Platane. Et il faut dire que quand on tombe sur certaines séries américaines, on devient vite addict aux séries. Quand on se retrouve dans une série comme La source, le développement des personnages, la complexité que l’on peut apporter sur 6h plutôt que sur 1h30 d’un film est beaucoup plus intéressante. Au final, tout dépend du réalisateur, des scénaristes et de l’histoire. Mais je suis petit à petit en train de veiller à ce que ma carrière soit éclectique dans mes choix, passant d’une série à du cabaret ou des courts métrages et de la chanson. Plutôt que d’endosser des costumes différents, je fais le choix d’endosser des projets différents. Je pense que quand voit Spielberg faire de la télé, quand on regarde Breaking Bad ou Homeland et qu’on sait qu’avant d’être le réalisateur producteur qu’il est, George Clonney a démarré dans une série, je ne vois vraiment pas pourquoi on n’ouvrirait pas les portes entre la télé et le cinéma.

LA SOURCE

Si globalement, le casting de cette série est réussi, on n’échappe pas à la fausse note. Et cette fausse note s’appelle Edouard Montoute. Proche de Xavier Durringer puisqu’il avait notamment joué dans sa série Scalp, Montoute joue ici François Kalder, agent principal de la DCRI. Très impliqué avec la « première source » (avant Marie), il fait de cette histoire une affaire personnelle et entend bien faire tomber Lacanal et Aloé Vera coûte que coûte. Au risque de déraper. Si je parle de fausse note c’est que Edouard Montoute plombe littéralement chacune des scènes dans lesquelles il joue. Il les rend au mieux insignifiantes, au pire ridicules. Et c’est honnêtement très dommageable à la série. Il en fait des tonnes, n’a aucune subtilité dans son jeu alors que son personnage en réclamerait tellement. C’est une caricature de l’obscur agent secret, à coup de  « regardez comme je suis  mystérieux » ou « regardez comme je suis inquiétant »

Des qualités mais des défauts récurrents aux séries françaises

Une histoire solide, des personnages intéressants campés par un excellent casting, une bonne première partie de saison. La source a donc tout pour séduire. Mais malgré d’indéniables qualités qui en font une série qui sort du lot, elle n’échappe pas aux travers réguliers de toute série française qui entreprend de raconter une histoire dotée d’une mythologie. Ainsi, il devient assez étonnant de voir que bon nombre de scénaristes français de séries semblent avoir un réel problème pour doser la quantité d’informations à mettre en une saison. Qui plus est lorsqu’elle est courte comme ici. Un soucis que l’on avait déjà observé sur des séries comme Marion Mazzano, Des soucis et des hommes et même Braquo saison 2. On veut tellement en raconter, on veut tellement multiplier les sous intrigues qu’il arrive obligatoirement un moment où la question de la conclusion va se poser. Et dans un système de production français de séries où l’on ne construit pas les séries sur le long terme, en saisons, on se retrouve alors dans la quasi obligation de clore toutes les  intrigues en fin de saison (on ne sait jamais, si la série ne connaît pas de suite…) et ainsi de bâcler ces résolutions. La source n’échappe pas à ce constat. La série a introduit en 6 épisodes assez d’éléments pour couvrir facilement 2 ou 3 saisons de 6 épisodes. Mais comme on doit conclure à l’issu de la saison, les révélations s’enchaînent à un rythme effréné, et l’on se rend alors compte que, loin de servir l’histoire, certaines intrigues n’étaient que des prétextes. Le 6ème épisode est ainsi un modèle du genre. Entre les intrigues que l’on termine très rapidement (l’enlèvement de Marie ou de Lacanal) ou celles que l’on lance (avec un réel potentiel narratif en plus) pour les terminer aussi vite (il y avait vraiment quelque chose à creuser sur les  liens entre le groupe Aloé Véra et le gouvernement), on frise l’overdose. Famille Source Autre point qui concerne cette fois l’utilisation des cliffhangers dans la série. Encore une fois, je trouve très bien de jouer avec ces codes de la série, surtout avec ce type de fiction basée sur le suspense. Mais le cliffhanger ne peut pas, ne doit pas être un prétexte. On ne doit pas le plaquer là juste parce qu’il faut en avoir pour finir l’histoire. Non seulement le cliffhanger doit se justifier mais il doit faire avancer l’histoire. Autrement dit il doit nous emmener vers d’importants éléments du show. Mais outre le cliffhanger très maladroit de l’épisode 1 (on l’impression que faute d’avoir fait un vrai cliffhanger, on a davantage coupé au ciseau le film), il y a le cliffhanger dont on ne saisit pas le sens. L’épisode 3 se termine sur une révélation importante. On peut s’attendre à ouvrir l’épisode 4 sur cet élément. Mais non, on n’en reparlera quasiment pas avant l’épisode 6. Vraiment dommage. Dommage aussi le final de la saison qui confine au ridicule. On pouvait vraiment espérer mieux. Tellement mieux et surtout avec moins ce sentiment que la série va alors repartir dans une direction totalement différente.

Malgré ces dernières réserves, La source est une réussite. En tentant d’imposer un « nouveau » genre à la télévision française, porté par un casting globalement bon, La source nous prend, nous attrape et nous maintient dans un état de tension permanant. On a envie de savoir ce qui se cache derrière cette sombre histoire et de connaître les secrets des Lacanal. Peut-être que les scénaristes ont simplement eu les yeux pus gros que  le ventre et qu’un mélange entre soap et espionnage aurait nécessité une saison beaucoup plus longue pour que les histoires se développent beaucoup plus finement (un peu comme l’a fait une série comme Revenge aux Etats-Unis). Mais laissez-vous convaincre et porter par cette série en laquelle France 2 croit tellement qu’elle a déjà lancé l’écriture de la saison 2.

Auteurs : Laurent Burtin et Tao Phitoussi
Réalisation : Xavier Durringer
Avec Flore Bonaventura, Clotilde Courau, Christophe Lambert, Marouchka Detmers, Édouard Montoute 

Sources: Retrouvez l’interview de Xavier Durringer ici
Dossier presse de la série
Crédits: France 2/ Barjac Production/ Chabraque Productions

Merci aux équipes de France 2, de Barjac Productions, de Chabraque Productions et un merci spécial à Adeline Hombert

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  • @telmoro

    Bonjour.
    Un acteur qui plombe toutes ses scénes, des cliffhangers nazes, un finale qui confine au ridicule, mais…une réussite ?
    C’est sûr, ça donne envie, Alexandre !
    J’avoue que je suis largué.

    Allez, à bientôt ds le podcast…

    • http://twitter.com/alexandreletren Alexandre LETREN

      Pardon mais je ne vois pas le problème et vous transformez quelque peu mes propos.
      Je développe un argument qui dit que le casting est un élément positif important de la série car je trouve qu’il est réussi. La présence d’un acteur qui n’entre pas, pour moi, dans cette catégorie, ne jette pas le discrédit pour autant sur les autres.
      Je ne dis pas que les cliffhangers sont nazes, je dis qu’ils sont mal utilisés. Celui du premier épisode est très brutale car la scène s’arrête d’un coup, et celui de l’épisode 3 n’est pas mauvais, juste pas assez réutilisé dans l’épisode qui suit. Ainsi il n’est pas raté, je le trouve juste artificiel.
      Oui je trouve que la toute fin de la saison est ridicule car ce n’est pas ce que j’attendais pour finir la série et quand c’est trop facile, ça ne me plait pas
      Mais globalement j’ai passé un bon moment avec cette série et je considère la tentative réussie même si je nuance ma critique sur certains aspects que je trouve nécessaire de souligner.

  • felicity

    Ravie de cet article ( je ne peux pas être objective car ma fille y joue ) mais il exprime vraiment cette série qui promet . Hâte de sa diffusion.

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