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Crossing Lines en DVD: Interview de William Fichtner

Crossing Lines en DVD: Interview de William Fichtner
Alexandre LETREN

La série Crossing Lines, production de Tandem Communications, fut l’un des événements de la rentrée sur TF1. Alors que la saison 2 est actuellement en cours de tournage, nous avons pu rencontrer en septembre dernier William Fichtner (alias Carl Hickman) lors de son passage à Paris. Nous avons évoqué avec son rôle dans la série, mais aussi certains de ses rôles passés notamment dans Prison Break.

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 Retrouvez Crossing Lines, renouveau de la fiction?

Season One : Qui est Carl Hickman au début de la série ?

William Fichtner : Carl Hickman est un ancien détective de la police de New-York qui fait ce boulot depuis 25 ans, il vit actuellement dans une caravane pourrie au milieu d’un cirque à Amsterdam. Je me souviens, quand j’ai lu le script pour la première fois je me suis dit : Qu’est-ce que ce type peut bien foutre là ? Mais vous n’avez qu’à lire le script des premiers épisodes pour avoir de la profondeur et une idée de qui était ce gars et ce qui se passe. Carl est un type fascinant. Carl est un homme brisé de bien des façons. Il a perdu son ancien job, un certain sens de qui il est, mais je crois qu’au moment où Crossing Lines commence, il est en train de ramasser les morceaux.

Season One : Et a votre avis, veut-il vraiment retourner au travail quand Louis Daniel (Marc Lavoine) l’approche ?

W.F : Je ne suis pas certain qu’il soit prêt pour ça. Quand vous regardez en entier la première saison de Crossing Lines, vous vous rendez compte qu’il a un plan qui va au-delà de simplement aider la Cours Pénale Internationale. Je ne sais pas si il est prêt, mais la raison pour laquelle il est là est parce que Louis croit en lui, a travaillé avec lui, et le connait. Et la façon dont Louis le trouve est également un élément fascinant. On commence à comprendre des choses à ce sujet durant la première, mais également la seconde saison. Quelle était leur relation dans le passé, comment se fait-il que Louis pense qu’il est la bonne personne pour le job? Louis pense qu’il a besoin de ce gars, du cerveau d’Hickman, même s’il n’est plus ce qu’il a été physiquement.

Season One : Comment décririez-vous la relation qu’il entretient avec Louis Daniel ? De la fraternité ?

W.F : Pas nécessairement fraternelle. Il ne connait finalement pas bien Louis, pas du tout même. C’est quelque chose que j’adore. J’adore le fait que Louis ne se voit pas nécessairement avec moi. Mais je crois qu’ils se complètent bien tous les deux. Louis fait les chose d’une manière qu’Hickman ne ferait jamais, n’a jamais faite. Ce n’est pas son truc. Mais il y a des choses que fait Hickman que ne ferait pas Louis. C’est ce qui fait d’eux une équipe, c’est une des raisons principales pour lesquelles je voulais faire la série. J’aime le duo Français/Américain. J’aime vraiment ça, je trouve ça très cool.

Season One : Au début de la série, Hickman me rappelle le côté sombre de votre personnage de Mahone dans Prison Break, êtes-vous d’accord avec ça ?

W.F : Éventuellement oui… On m’a demandé cela tellement de fois ! Evidemment il y a des similarités, ils sont tous les deux flics, ils ont tous les deux des problèmes d’abus de substances, mais ils sont tellement différents en fait. Si vous prenez les détails ils sont vraiment différents. Le premier était du FBI, d’un très haut niveau d’intelligence, le second est un flic de New-York, et c’est quelque chose de complètement différent. C’est vrai qu’ils ont tous les deux une facette sombre, mais il me semble, à ce stade de Crossing Lines, que ce que l’on voit de Mahone dans Prison Break est bien plus sombre que ce que montre Hickman. Mahone était un type vraiment torturé ! Alors oui ils expriment tous les deux un côté vraiment sombre, mais l’on verra comment cela évoluera avec Hickman dans la suite.

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Season One : Il y a de nombreux personnages de télévision qui ont une sorte de sixième sens pour leurs enquêtes, comme Franck Black dans Millenium ou Samantha Waters dans Profiler, et qui voient leur don comme une malédiction. Hickman a également une bonne intuition, est-ce pour lui un atout ou un handicap ?

W.F : Je ne crois pas que l’on puisse réellement parler de don concernant Hickman, c’est juste quelque chose qu’il fait. Je ne crois pas qu’il soit né avec un “don”, il est juste bon. C’est ce à quoi il consacre sa vie, à quoi il a consacré toute son existence. Il vient de la police de New-York, qui est un endroit gigantesque dans lequel on trouve le meilleur et le pire. C’est là qu’il a acquit ses compétences. Je ne crois pas que les flics naissent avec de telles compétences. Les médiums oui, sans doute, mais il n’est pas médium, il est flic. Il a juste apprit ce qu’il sait, et c’est ce qu’il est. C’est son job, et il est bon.

Season One : A la fin du premier épisode de Crossing Lines, on découvre qu’Hickman a un lien particulier avec le personnage de Anne-Marie San. Comment décririez-vous ce lien et la façon dont il évolue au fil de la saison ?

W.F : C’est génial ! Une des choses les plus marquantes qui arrive au personnage de Hickman durant la première saison est ce qui se passe avec le personnage d’Anne-Marie. Hickman commet une erreur et la perd. C’est un événement qui chamboule toute sa vie, il a commis une faute. Mais quand finalement il la récupère il y a un lien particulier entre eux. Tout au long de la première saison, c’est une des belles choses de la série, leur dynamique ensemble.

Season One : Est-ce qu’il aime vraiment  ça de travailler en équipe lui qui apparaît plutôt solitaire?

W.F : Je crois que l’on voit cela assez bien notamment dans le pilote. Il y a cette scène ou Hickman sort d’une gare et se dit “c’est comme la Justice League”… C’est une des choses que j’aime. On a pas besoin d’emballer tout cela dans une tonne d’explications. Ok on est tous ensemble, et Hickman est du genre à se dire : “Putain de gosses !”. C’est un membre à part entière de l’équipe, mais a de nombreux égard il ne l’est pas vraiment non plus. Je ne crois pas qu’à aucun moment de la première saison il ne débarque enthousiaste en disant “J’en suis !”. Il est au milieu d’un tas d’autre choses qui lui arrive et qu’il ne partage pas avec les autres, ce sont ses affaires. Et c’est plutôt cool.

Season One : Dans une production internationale comme Crossing Lines, est-ce que votre travail est très différent d’une production 100% américaine ?

W.F : Non, je suis un acteur et dans tous les cas une série représente une énorme quantité de travail pour être tournée dans les temps. Pas de différence. Ce qui change c’est la série elle-même. C’est une des raisons pour lesquelles j’ai voulu le faire. J’aime ce type, un peu “poisson hors de l’eau”, travaillant avec ce groupe. C’est ce qui m’a attiré vers la série, ce que j’ai aimé au départ. C’est cool. C’est sans doute un des facteurs principaux pour lequel je suis dans la série.

Season One : Vous avez toujours voulu être acteur ? J’ai vu que lorsque vous étiez plus jeune vous avez étudié à l’université de Brockport, que vouliez-vous être à ce moment là ?

W.F : J’étudiais la justice criminelle et les sciences politiques. C’est sans doute la période où j’imaginais une carrière dans la police. Mais ca a changé durant ma période d’études. Je ne savais pas trop ce que j’allais faire, mais j’étais à peu près sur que je ne serais pas un flic. J’ai juste eu un tas d’expériences à l’université, c’est toujours un grand moment dans la vie de chacun, et les choses que j’ai pu faire, expérimenter, m’ont ouvert les yeux sur le monde, et sur les différentes voies que je pourrais suivre. Alors, après mon diplome, j’ai décidé d’aller à New-York pour devenir un acteur. Je ne l’avais pas fait gamin, ni au lycée, même si j’ai pris quelques cours à la fac, mais je voulais voir si j’en était capable, si j’étais bon. Et je ne l’aurais pas fait si je n’avais pas pensé en être capable. J’ai beaucoup travaillé pour ça, pendant des années.

Season One : Et est-ce que cela vous aide à jouer des personnages comme Hickman ?

W.F : Non, pas vraiment. Vous savez à la fac vous apprenez un tas de choses, mais je crois que vous n’apprenez réellement le travail de police que quand vous devenez un flic, ou quand vous faites l’Académie de police. Quand vous aprenez les ficelles du métier. J’ai joué tellement de flics dans ma carrière, que ce soit au cinéma ou à la télévision, j’en connais pas mal également, J’ai eu une source de premier choix avec Ed Bernero, qui est un ancien flic. J’ai un assez bon sens de ce qui est crédible et réel.

Season One : De Esprit Criminels à Crossing Lines en passant par Dexter et Hannibal, il y a beaucoup de séries qui font appel à des tueurs en série dans leurs histoire. Comment expliquez-vous la fascination du public pour ce type d’histoire ?

W.F : Ce n’est pas tant le public que tout ce qui détournent l’existence en quelque chose de pervers. C’est effrayant. Donc vous voulez savoir, savoir comment ça arrive. Les gens veulent savoir parce qu’ils ne sont pas comme ca. Ils ne veulent pas nécessairement cela, mais il y a des tas de choses que l’on ne veut pas voir et que l’on ne peut pas s’empêcher de regarder. Dexter c’est autre chose. C’est une performance d’acteur brillante, même s’il est assez bizarre que le personnage principal soit un désaxé.

Season One : Comment choisissez-vous les personnages que vous jouez pour la télévision ou le cinéma ?

W.F : C’est différent à chaque fois. Tout d’abord la première question quand je lis un script c’est : “Est-ce que je l’aime ?”. Ce n’est pas un fait de gloire, mais je vous assure que j’ai perdu plus d’argent que j’en ai gagné, et parfois à des moments où c’était pas facile de faire ce choix. Je suis convaincu que si je fais quelque chose pour d’autres raisons que le fait d’aimer le rôle, de penser y apporter quelque chose, ou de vouloir faire ce voyage, si je le fait uniquement pour l’argent, je ne serais sans doute pas très bon dedans. Du coup j’essaie d’éviter cela à tout prix. Et je ne me suis jamais retrouvé dans un projet dans lequel je me disais : “Qu’est-ce que je fais là ?”. A l’exception d’une fois.

Season One : Lequel ?

W.F : …

Season One : J’aurais essayé…

Crédits: 2013 Tandem Productions GMBH, TF1 Productions SAS, Dusan Martincek
Traduction par  Christophe Brico