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Pilote d’essai: The Knick (Cinemax)

Pilote d’essai: The Knick (Cinemax)
Alexandre LETREN

La review

LE PILOTE
8.5
LE SCENARIO
7.5
LE CASTING
8
LA REALISATION
8
ENVIE DE VOIR LA SUITE
9
8.2

LE CHOC DE L'ETE

Cinemax, chaîne américaine à qui l’on doit des séries comme Strike Back, Hunted ou encore Banshee, vient de lancer vendredi sa nouvelle production, très différente,The Knick. Une série dont on a beaucoup parlé car, outre le fait qu’elle a été renouvelée pour une saison 2 un mois avant son lancement, on trouve à la production (entre autre) un certain Steven Soderbergh, qui signe aussi la réalisation de la saison 1. En France, OCS City propose la série chaque samedi à 22h30 en US+24. Mais que vaut ce premier épisode?

« Je suis le premier à avoir reçu ce scénario. Je n’ai pas osé le refuser car je savais que la seconde
personne qui le lirait accepterait immédiatement de le faire. »
Steven Soderbergh (TV Guide)

New York, 1900 : l’hôpital Knickerbocker – surnommé le « Knick » – est le centre de toutes les révolutions, médicales et sociales. À une époque où les opérations chirurgicales se déroulent en
public dans un amphithéâtre, le docteur John Thackery devient le nouveau responsable du service de chirurgie. Il hérite du poste après le suicide de son mentor, suite à une opération qui a coûté la
vie à leur patiente. Thackery repousse sans cesse les limites de sa discipline – en créant notamment ses propres instruments chirurgicaux – mais souffre d’une addiction à la cocaïne de plus en plus grave. Il va bientôt se retrouver en conflit avec Cornelia Robertson : la jeune femme, dont le père finance l’hôpital, lui impose un nouvel adjoint, le brillant Algernon Edwards. Mais selon Thackery, jamais ses patients n’accepteront d’être opérés par un médecin noir… Et tandis que le « Knick » voit l’arrivée de l’électricité, les trafics les plus archaïques se poursuivent, entre corruption des services de santé, commerce de cadavres et menaces de la mafia.

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Il suffit de voir les scènes d’opérations pour comprendre ce que sera The Knick: une série coup de poing. Dès le pilote, elle décrit des hommes et des femmes à la fois tourmentés par leur propre démon mais animés par une envie profonde de faire avancer la médecine à une époque où tout restait encore à apprendre. Au point que quand une opération/expérimentation échoue, ça les touche à un degré tel qu’ils peuvent choisir d’en finir avec la vie. C’est ce qui arrive dès le début où l’on est plongé directement au cœur de l’action, au cœur d’une opération visant à mettre au monde un enfant. Une opération filmée de manière crue mais où la violence n’est en fin de compte jamais gratuite. Elle sert le propos, le cadre de l’histoire que l’on va suivre. Un peu comme dans une autre série médicale des années 90, une certaine Urgences qui nous emmenait également, dès le pilote, au cœur du service des urgences du Cook County grâce là aussi à une réalisation magistrale.
A la fin de l’épisode, une autre opération choc répond en écho à cette première quand les médecins doivent opérer un homme atteint de septicémie. Dans les deux cas, il n’y a rien à dire, c’est brillamment mené et interprété.

Il faut dire que bien plus qu’un David Fincher dans House of Cards, Steven Soderbergh fait bien plus que poser les bases de la série en ouverture de saison avant de partir. En dirigeant l’intégralité des 10 épisodes, il la fait sienne, réellement, et peut ainsi assurer une réelle continuité artistique sur l’ensemble de la saison. Pour ça, il peut compter sur un casting royal, en tête duquel on retrouve Clive Owen. Certes son personnage de génial médecin antipathique accroc à la cocaïne peut faire penser à House, mais son interprétation permet d’oublier cette filiation et de nous entraîner dans un univers glauque mais réellement passionnant, où avancées de la science côtoient mouvements de la société, le tout servis par des dialogues justes et percutants. Et la question posée en parallèle par la série pourrait être: durant une période difficile, faut-il tout de même accepter de prendre des risques pour que notre société avance?

Diffusée sur une chaîne dont je n’attendais pas grand chose, The Knick se révèle LA grosse surprise de cette été aux côtés de Halt and catch Fire. Rythmée, passionnante, sombre, mais aussi superbement réalisée et jouée, The Knick vous percute et vous donne envie d’embarquer pour suivre ses médecins dans ce qui pourrait bien devenir une grande série.

Crédits: Cinemax